‹ La philosophie des sciences et le problème religieuxChapitre 7 sur 10 · LA SCIENCE ET L'INTELLECTUALISME · texte numérisé non relu

LA SCIENCE ET L'INTELLECTUALISME

La Science rationnelle procède doncparschèmes approximatifs, manifestant peut-être quelque incohérence logique... Ses concepts ne doivent point être tenus pour des « absolus » pas plus ïéther du physicien que Y atome du chimiste...

Mais ce n'est là qu'un premier pas du mouvement d'idées que nous tâchons d'exposer et nous allons indiquer maintenant les vues très intéressantes de deux jeunes philosophes, disciples de M. Bergson, MM. Le Roy et Wilbois (1).

M. Le Roy résume ainsi ses thèses (2) :

I. — « Les laits que les lois doivent relier, dans la mesure où ils sont des faits scientifiques et non pas de simples faits bruts, sont faits par le savant, pour autant que le permettent les décrets anté- Il rieurs du sens commun. »

II. — « Les lois elles-mêmes sont ou des définitions conventionnelles, ou des recettes pratiques :

« 1° Ccmme définitions dogmatiques, et comme

telle seulement, elles peuvent être générales est rigoureuses; mais, du même coup, elles cessent d'être, à proprement parler, vérifiables.

« 2° Comme recettes pratiques, elles ne sont pas vraies, mais efficaces ; elles concernent moins notre connaissance que notre action ; elles nous permettent de capter Tordre de la nature plutôt qu'elles ne nous le découvrent. »

III. — « Les résultats de la science positive sont contingents (au point de vue de la connaissance) :

« 1° Parce qu'ils reposent sur des principes du sens commun, sans lesquels notamment les définitions fondamentales forment de purs cercles vicieux.

« 2° Parce qu'ils procèdent d'un morcelage discursif établi par nous dans la nature et que l'analyse néanmoins montre que chacun d'eux implique au fond toute la science. »

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