‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 118 sur 230 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

entées que par les sots, vous me permettrez de m'en tenir à une courte réflexion suggérée par le gros bon sens.

Dieu n'ayant pas pris conseil des physiciens et géomètres du siècle de Voltaire pour la meilleure manière de faire jaillir du corps d'Adam tous les corps humains, il est probable qu'il ne s'adressera pas à eux pour tirer ces mêmes corps du sein de la poussière terrestre. Nous serons tous ressuscites dans notre chair, comme nous avons tous été créés dans notre chair, par un acte très-simple de Tintelligence et de la puissance infinies. Pour contester sans trop de déraison la possibilité de notre résurrection charnelle, il faudrait préalablement démontrer l'impossibilité de notre création charnelle, c'est-à-dire aller au fond de l'absurde. D. Je comprends cela ; il ne me reste plus qu'à vous demander quel est le lien philosophique qui rattache le dogme de la résurrection de la chair aux autres articles de la foi.

R. Ce lien, le voici. Le corps humain n'est pas une prison où l'àme ait été jetée en punition d'un crime antérieur, comme se l'imaginaient certains philosophes spiritualistes de l'antiquité. C'est une partie intégrante de la nature humaine, nature qui consiste dans une âme immatérielle, intelligente et libre, unie à une matière organisée. Le corps est à la fois le signe, le gage et le moyen de la destinée étemelle de l'homme, de la sublime fonction de chef de l'univers matériel^ reliant le monde des corps au monde des esprits, ainsi que je l'ai fait voir ailleurs (1). L'âme séparée du corps reste un être imparfait : son union la plus intime au Père céleste, son immersion dans le torrent des voluptés divines (2), ne peuvent éteindre en elle le désir de reprendre le compagnon de ses travaux et de jouir avec lui de la récompense commune. De là cette espèce d'impatience avec laquelle les martyrs, selon l'auteur de l'Apoealypse, ap-

(1) Voy. la Science de là vie, 1. 1 , leçon xxii. — La Science sociale, 1. 1, ch. 9.

(3) Psaame XXXV, 9.

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peUent le jour 4^ jogeo^ent final et la restitution d^ sang qu'ils ont versé pour le témoignage (1).

Si, àjm^ Sion ét^t présent de faiblesse et de GorruptJLûU, le £orps est un poids terrible pour l'âme qui veut vivre d'unje vie spiritqeljley s'il lui fait désirer et ^pel^r Ije moment ou elle se séparera de ce ca/iavre pour êtr0 qv^c le Chri$t (2), la raison ^n est dans le déplorable bouleversemenjt que le péché a produit dans la constitution primitive de Thomme.

Admirez ijci cpmment la sagesse diyine se conforme daas notre régénération à la loi qui a présidé à notre dégénéfration.

L'àm^ de nos premiers parents s'étaut révoltée contre Dieu et par là même iséparée de l'auteur de la vie par le péché, leur corps, par une conséquence naturelle, se révolte jcontpe Tàmc et tend à s'en séparer. D'impassibles et imniprtelS; ils devieDuent sujets aux sou£fvan,ces et à la mort. Mais, par l'effet de la miséricorde divine qui les admet au bienfait de la réconciliation, ils ne subissent le supplice de la mort que plusieurs siècles après.

De ui^êi^e, la régénération commence par nos âmes; celles-ci, réconciliées ^vec Dieu par la rémission des péchés, vivent dune véritable vie, de la vie immortelle qu'elles puisent en Jésus -Christ lei^ chef, auquel elles siont incor* porêfis, pour ainsi dire, par le don du SaintrEsprit, reçu 49ns le l]|9ptéi^e et affermi par les autres sacrements e^ la pratique des vertus. Dani^ cet état de vie chrétienne i^os 4mes peuyent gouv^rn,er co^ven^lement le corps, i^tortifier s^s inclination^^ vicieusçs et le faire Stcrvir aux œuvres 4e s^ainteté et de ju^ice ; ûji^ais elles ne pieuvent {dus, GfwoxG 4m» l'é^t d'iuuQcence primitive, le faire pfir^ciper, popr le n^pment, à la vie immortelle. Il fi^it qu'il m^eure, et ce ne lËiera qu'après un nombre plus ou moins grwd de sièdics qu'il sera associé à T^teri^e et bieoihçureuçe vie /le l'âme.

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