‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 149 sur 230 · DEUXIEME COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

DEUXIEME COMMANDEMENT

« DIEU EN VAm TU NE JURERAS NI AUTRE CHOSE

PAREILLEMETiT. «

D. Que nous est-il ordonné et défendu par ce commanr dément?

R. II nous est ordonné de rendre au saint nom de Dieu le profond respect qui lui est dû , et par conséquent d'éviter, dans nos paroles et nos actions, tout ce qui est contraire à ce respect, surtout le blasphème, les serments faux, injustes , inutiles , comme aussi l'inobservation des promesses faites à Dieu.

Le blasphème est une parole injurieuse à Dieu, considéré, soit en lui-même , soit dans ses œuvres , surtout dans ses saints.

Le serment ou jurement est un acte par lequel on prend Dieu à témoin qu'une chose est ou qu'on fera une chose.

(1) Dictionnaire infernal, art. Sabbat.

344 LÀ PHILOSOPHIE DTJ G4TÉGHISME CATHOLIQUE.

Pour que cet acte soit religieux et irrépréhensible, il faut que Ton ne jure^ comme dit un de nos prophètes^ qu'arec vérité, justice et jugement (1). Faute de vérité, le jurement est faux; c'est le crime du parjure, qui veut rendre Dieu complice du mensonge. Faute de justice, le jurement est injuste; c'est le crime de celui qui prend Dieu à témoin qu'il veut violer sa loi. Faute de jugement, le jurement est léger, indiscret, et, quoique moins coupable, il n'en est pas moins une irrévérence envers le Saint des saints.

Les promesses à Dieu, dont ce précepte exige l'accomplissement, ce sont principalement les vœux. Le vœu est défini par les théologiens : Une promesse faite délibérément à Dieu d'une chose possible, bonne^ et à laquelle on n'est pas obligé d'ailleurs.

Laissant aux catéchistes le soin de vous instruire de retendue des prescriptions et des défenses contenues dans ce précepte, je m'attacherai, pour ce précepte comme pour les autres , à vous en faire comprendre Textrême importanqiB sous un point de vue jusqu'ici trop négligé.

Que l'Être infiniment bon, des bienfaits duquel nous tenons l'existence présente et l'espoir d'une vie incomparablement meilleure, ait tous les droits imaginables d'exiger que nous ne déshonorions pas son nom auguste en en faisant un instrument d'iniquité ou un jouet, cela est évident. Mais peut-être ne comprenez-vous pas assez le grand intérêt que nous avons tous à ne voir sortir ce nom de la bouche ou de la plume des hommes ^ que pour recevoir le tribut du respect universel.

D. Vu nos rapports inévitables avec Dieu , il me semble qu'il faudrait avoir perdu l'esprit pour ne pas voir que nous sommes intéressés à ne pas mécontenter un tel maître, et qu'en voulant exercer notre langue ou notre plume aux dépens du respect qui lui est dû , nous ne ferions que gagner les verges dans le temps et au delà.

(0 Jérémie, IV, 2.

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