‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 150 sur 230 · LIVRE ill · texte numérisé non relu

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B. Oui; mais il est bon de savoir que, pour nous flageller dans le temps et nous broyer, Dieu n'a nul besoin d'armer contre nous les éléments ou les ministres invisibles de sa justice. Il en agissait ainsi autrefois avec des peuples enfants qui le connaissaient peu. Il ouvrait les écluses du ciel et de l'ablme sur les contemporains de Noé, faisait pleuvoir le feu sur Sodome et Gomorrhe , envoyait ses anges exterminateurs, etc. Mais avec les nations qu'il a daigné instruire et élever lui-même dans la plénitude de la lumière , Jésus- Christ n'a besoin que de leurs discours impies et des œuvres de leurs mains pour les précipiter dans le tombeau, si elles refusent de revenir à sa loi.

Comprenons bien ceci : Les discours blasphématoires que nous décodions contre le ciel n'y montent pas, mais retombent sur nous, s'infiltrent jusqu'à la moelle de nos os, nous brûlent, nous dévorent. Impuissants contre Dieu , ils. ont la propriété de dénaturer les hommes , de les changer en monstres. Donnons-en un exemple choisi entre mille.

Que Fauteur du Génie des religions et de AhasvéruSy trônant dans une des premières chaires de Tinstruction publique , apprenne à la jeunesse que toutes les religions sont un rêve ; qu'il s'applique à la faire rire aux dépens du Père éternel , expirant de vieillesse dans la solitude des cieux , de Jésus-Christ se creusant une tombe dans une étoile glacée, de la vierge Marie mourant de misère, de tous nos saints s'agitant dans la poussière du sépulcre et se lamentant de voir leurs espérances frustrées, etc. ; vous comprenez que ces sacrilèges bouffonneries n'empêcheront pas Dieu de continuer le bienfait de l'existence, du mouvement et de la vie à tous les êtres, même au stupide blasphémateur. Mais la génération qui a ainsi assisté en riant aux funérailles de Dieu et de son Christ , que fait- elle? Elle se fait un culte digne d'elle et de ses instituteurs , le culte de l'orgie sans frein, sans mesure. Et ce culte enfante nécessairement celui de la guillotine ; car comment jouir sans travail et sans obstacle , tant qu'on n'aura pas coupé la tête aux

partisans de la vieille religion, de la famille, de la propriété, etc. ? 11 arrive donc un jour où le pays va s'abîmer dans la fange et le sang, s'il ne se trouve pas un bras capable d'opposer la mitraillade , la fusillade aux nouveaux religionnaires, et d'en jeter les pontifes aux quatre vents.

Concevez-vous maintenant la portée sociale du blasphème , et ce que se préparent les nations chrétiennes qui laissent les éducateurs de la jeunesse sonner, durant près de vingt ans, les funérailles du christianisme ?

D. Oui, et il est probable que les anciens législateurs, si rigoureux àl'endroitdublasphème, y voyaient plus clair cjue nous. Qu'on leur reproche des excès de sévérité, à la bonne heure ; mais la liberté du blasphème doit être réservée à l'enfer.

R. Eh bien, croyez qu'il en est de même du mépris des prescriptions divines au sujet du serment et des vœux.

Que le serment , sécularisé comme tout le reste , entre dans le domaine de la politique sans Dieu, et s'y prodigue à toutes les causes; que les hommes d'État en renom comptent le nombre de leurs serments par celui de leurs années , et le nombre de leurs parjures par celui de leurs serments ; ce jeu finira mal. Les serments publics faits à telle dynastie, à telle forme de gouvernement , appelleront les serments secrets faits à une dynastie occulte pour l'abolition de tout gouvernement religieux, civil, domestique. On s'est joué des premiers, on ne se jouera pas des autres. Weishaupt et Mazzini ont trouvé le moyen de rendre les serments inviolables.

On se demande comment les ministres de tel État naguère florissant s'acharnent de toute manière à l'égorger par l'irréligion , l'immoralité , la banqueroute et l'anarchie. — C'est bien simple ; ces ministres libéraux n ont d'autre liberté que celle des anciens esclaves , écouter le maître et obéir. Ils n'ont pas à redouter les poignards des amis de la religion, de la moralité et de Tordre ; mais leur père Mazzini a des milliers de poignards prêts à frapper les jureurs in-

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