‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 153 sur 230 · LIVRE m. 34d · texte numérisé non relu

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de retomber dans l'esclavage, de rétablir un ordre de choses qui permettait à quelques millions de citoyens de chômer tous les jours de leur vie aux dépens des dix-neuf vingtièmes de leurs semblables changés en bétes de service ; ordre de choses qui n'a pu être aboli que par le sang du Fils de DieUy les souffrances et les travaux de son Église. On nous intime une loi vraiment constitutionnelle et conservatrice de notre nature morale et physique, loi que les animaux domestiques eux-mêmes nous rappellent, quand nous l'oublions (1); car, en l'établissant, le Créateur a aussi pensé à eux. Vous travaillerez six jours, dit-il, et vous vaquerez à vos affaires. Mais le septième est le Sabbat du Seigneur voire Dieu : vous ne ferez ce jour-là aucun ouvrage, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre serviteur, ni votre servante, ni vos bêles de service, ni Vélranger qui demeure parmi vous. Car le Seigneur a fait, en six jours, le ciel, la terre et tout ce qu'ils contiennent, et il s^ est reposé le septième jour; c'est pourquoi il a béni ce jour et l'a fait saint (2).

Je vous conseille de méditer cette loi, soit en elle-même, soit dans le fondement historique que Dieu lui donne, et vous verrez que, sous une forme simple et populaire, elle prescrit tout ce qui est nécessaire et suffisant à la civilisation des hommes.

Obtenez, en effet, d'un peuple que tous ses membres valides emploient les six jours de la semaine à des travaux utiles d'esprit ou de corps , de sorte qu'en jetant un coup d'œil sur leurs œuvres, ils puissent dire, comme l'ouvrier de la création à la fin du sixième jour : Tout cela est vraiment bon (3) ! Obtenez, de plus, qu'ils emploient le septième jour au souvenir des bienfaits de Dieu ; à la médita-

(1) « Le bœuf ne peut labourer neuf jours de suite; an bout du sixième, ses mugissements semblent demander les heures marquées par le Créateur pour le repos général de la créature. . . Les paysans disaient : Nos bœufs connaissent le dimanche, et ne veulent pas travailler ce jour-là. » Chateaubriand, Génie du christianisme.

(2) Exode, XX, 9-11.

(3) Genèse, T, 31.

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tion de ses desseins dans la création des cieux , de la terre et de rhomme; à la pensée du sabbat éternellement glorieux qu'il promet à l'abondance des œuvres Traiment bonnes, c'est-à-dire conformes à sa loi : n'est-il pas évident que rien ne manquera à la civilisation de ce peuple? Ce n'est point là que vous verrez s'élever des seigneurs sans entrailles, des héros et demi-dieux qui diront à la multitude : Votre destinée est de fouir sans relâche la terre, de travailler la pierre, le bois, les métaux; la nôtre est de jouir. Tant que vous travaillerez, vous aurez la ration nécessaire à la subsistance de l'animal ; dès que vos forces seront usées, vous expirerez de faim, ou nous vous ferons jeter aux poissons de nos étangs.

De fait, dans cet ancien monde que nôtre jeunesse studieuse apprend à admirer avec tout l'enthousiasine de rignorance, où trouve-t-on l'ébauche d'une civilisation réelle, si ce n'est chez le peuple juif, qui, par l'observation du Sabbat, conserva intacts les dogmes civilisateurs de l'unité et de la souveraineté de Dieu, de l'unité de la famille humaine et de la fraternité de ses membres?

D. Tout ami de l'humanité vous accordera la nécessité de Tinterruption périodique des œuvres serviles pour la bonne éducation d'un peuple. Quant à l'assistance au saint sacrifice, il n'y aura pas la même unanimité.

B. Cependant l'un implique l'autre. Le chômage du dimanche une fois admis comme condition nécessaire pour moraliser les hommes, s'ils ne vont pas à l'église , où les conduirez-vous ? Vous avez le théâtre, pour les bourgeois ; le cabaret, pour le petit peuple. Est-ce bien là que les uns et les autres se passionneront pour les bonnes mœurs et les travaux utiles à la famille, à la commune^ à l'État? Les réunirez-vous à Técole communale pour les fortifier dans la lecture, récriture, le calcul, le chant des hymnes grivois? Leur lirez-vous les journaux et les romans-feuilletons, si propres à leur inspirer le mépris du chômage religieux et la fureur des chômages du vice.»*

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