‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 175 sur 230 · Livre iit · texte numérisé non relu

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plus étendu , le plus indépendant qu'il soit possible de concevoir. Tout ce qu'elle juge nécessaire et utile à ce but , l'Église a le droit de le statuer et d'infliger aux transgresseurs les peines convenables.

De ce qu'il y a des matières mixtes , pour le bon règlement desquelles il est à désirer que les deux pouvoirs s'entendent et se fessent des concessions réciproques, il ne s ensuivra jamais que l'exercice du pouvoir législatif de l'Église soit une concession du pouvoir civil et qu'il doive lui rester subordonné. Si, pour se gouverner, l'Église avait dû attendre le concours et l'approbation des pouvoirs politiques , le christianisme serait encore à naître.

C'est en bravant, durant près de trois siècles, les édits du plus grand empire qu'ait éclairé le soleil, que l'Église a soumis le monde à ses lois, et même les chefs du grand empire. Or elle n'a pas triomphé des Césars pour se mettre à la remorque des cinq ou six cents chefs d'États chrétiens ou autres qui ont recueilli l'héritage des Césars. Le droit d'intervention directe dans le gouvernement de l'Église , que Ton reconnaîtrait aux grandes puissances, devant être accordé à toutes, même au prince de Monaco et au président de la république de Saint-Marin , ne voyez-vous pas qu'il en résulterait la destruction absolue de tout gouvernement ecclésiastique?

Que peuvent les argumentations des adulateurs du pouvoir civil contre l'acte d'investiture délivré aux chefs de l'Église par celui de qui relèvent tous les pouvoirs ?

Comme mon Père m^a envoyiy ainsi je vous envoie... Recevez le Saint-Esprit... Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc... Voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles.... En vérité , je vous dis que tout ce que vous aurez lié sur la Urre sera lié dans le ciel , et totit ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.... Et je te dis que tu es Pierrcj et sur cette pierre je bâtirai mon Église^ et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Et je te

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donnerai les clefs du royaume des deuft. Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les deux , et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les eieux^ atc. ^ etc.

Si cette patente ne confère pas à ceux qui Toot reçue le droit de faire des lois obligatoires pour toutes les oodsciences impériales, royales, aristocratiques, démocratiques^ qui adorent dans Jésus-Christ le Dieu iait homoie, le droit de faire des lois n'existe pour personne, et les plus sages législateurs sont couYaincus d'usurpaticuu.

Que manquerait-il donc i cette patente pour commander le respect universel? N'est-elle pas scellée du sang du Calvaire et du sang de millions et millions de martyrs ? N'at-elle pas été sanctionnée par la foi de cinquaute générations chrétiennes? N'est-elle pas écrite sur la tombe de ceux qui ont voulu la déchirer ? Dira-t-on qu'die a été fabriquée, du moins altérée par les papes , les évèques et les prêtres? Mais ne vous ai-je pas démontré, en parlant de l'unité catholique , que cette prétendue fabrication ou altération constitue la plus grande des impossibilitiés, et que ceux qui paraissent y croire n'y croient pas, ou sont capables de tout croire excepté le vrai (1)?

D. On vous accordera que l'Église a le droit de fiacre des lois en matière religieuse, qui obligent les consciences; mais pour que ces lois obtiennent, dans l'ordre civil, leur plein et entier effet , elles ont besoin de Vexequatur séculier : or le magistrat séculier est-il obligé d'acorder Vexequatur à des lois rendues sans sa participation ?

R. Je pourrais me dispenser de répondre à cette d^nière question. Il suffit que vous reconnaissiez dws TÉgUse k pouvoir de faire des lois qui lient la conscience de tous ses enfants : car c'est en cela que consiste l'essence du pouvoir législatif. La loi qui ne lie pas la conscience n'est pas une loi proprement dite ; c'est une loi simplement pénale, qui, ne statuant que des peines contre les transgresj^eurs , sans

(1) Voy. Ht. I, troisième dit.

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