‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 176 sur 230 · LIVRE !II · texte numérisé non relu

LIVRE !II

leur imposer une ol)Ugatiou mQralQ> n^a pas h caractère de kd.

Quant à Veœequatur çéçulîer, il a, entre autres avan* tages , celui de faâli^r la promulgation des lois ecolésiaa? tiques, et de leur faire rendre au dehors le respect qui leur est dû. Mais croyez ))ien qu'il est plus nécessaire aux États qu'à l'Église. Celle-ci a grandi sans les exequatur des mal* très du monde et en dépit de toutes leurs lois ; elle conserve encore son empire sur deux cent millions de conscienoes, dont près d'une moitié est soumise à de^ gouvernements ^nticatbpliques ou infidèles. Si elle compte moins de fidèles sous le sceptre de ses ennemis que dansi les pays catholiques y eli^ y trouve aussi plus de héros; car un catholique, §ous un gouvernement qui ne l'est pas y est un-confesseur de la foi qui court la chance du i^artyre , et uq tel homme peut valoir ceqt catholiques tel^ quels, endormis à l'ombre de leur clocher que protège le drapeau national.

Dans les États catholiques, si le magistrat civil n'est tenu d'accorder Yexeqmtur qu'autant qu'il aura pris part à la coufçctiou des lois parement ecclésiastiques, on retombe dans le petit inconvénient que je signalais plus hwt : pour rendre les lois nécessaires aux intérêts spirituels de l'univers chrétien, l'Église devra attendre l'accord de quelques centaines de conseils d'État, c'est-à-dire la fin des temps.

L'obligation pour le pouvoir politique de faire respecter le pouvoir religieux n'est-elle pas bien payée par l'obligation que l'ïlglise impose , au nom de Jésus-Christ , à tous ses ministres de faire respecter le pouvoir politique , non pas seulement au dehors, mais dans le fond de la conscience, là où l'épée n'arrive jamais.^ L'Église a-t-elle attendu les concordats pour dire aux peuples : Soyez soumis à toutes les puissances qui vous gouvernent , pas seulement par crainte , mais par amour pour Dieu qui les a établies ; honorez le^ rois, les princes , les dépositaires quelconques de leur pouvoir ; payez-leur fidèlement le tribut ; conformezvous religieusement à toutes tours lois , hors le seul cas oh

388 LA PHILOSOPHIE DU GAtÉGHISME CATHOLIQUE.

je TOUS dirai : Telle loi est contraire à la loi du Père céleste, TOUS ne pouvez donc lui obéir; mais obéissez dans tont le reste : c*est la volonté de IMeu , c'est votre bien ; car, un gouvernement , même injuste , vaut beaucoup mieux que Fanarcbie I — L'Église , pour prêcher la soumission aux lois civiles , ne demande pas à intervenir dans leur confection ; pourquoi le pouvoir civil ne lui accorderait-il pas la réciprocité?

D. Oui , cela est juste ; mais on dira que le pouvoir religieux, en s'emparant des âmes, se fait la part du lion, et abaisse le pouvoir politique en le réduisant à réglementer des intérêts matériels.

B. Qui dira cela ? Gelai qui n'a pas la moindre idée de ce que sont et de ce que font, chez ud peuple chrétien, les deux puissances quand elles marchent de concert.

Le pouvoir religieux tend à s'empare^* des âmes ; oui , non-seulement des âmes des gouvernés , mais aussi des gouvernants , et malheur à lui , aux gouvernants et aux gouvernés , s'il ne le faisait pas ! Car il ne peut sauver les âmes qu'autant qu'elles se soumettent à la mission qu'il a de leur administrer la parole et les remèdes de la vie. Mais est-ce pour les asservir à ses volontés et les régenter arbitrairement, que le sacerdoce s'empare des âmes ? Non , c'est pour les soumettre, comme il se soumet, à la loi infiniment sage et noble du Créateur et régénérateur des âmes et des corps , loi immuable , connue de tous , et qui lie le prêtre autant et plus que son subordonné spirituel.

Le prêtre pénètre dans le sanctuaire de l'âme , la conscience ? Oui , mais une fois qu'il y est , il y feit entrer ceux qui n'y entreraient pas sans lui , les gouvernants de l'État et tous les dépositaires de leur pouvoir. Il leur bâtit un trône plus solide que celui que fabriquent les ébénistes et les orfèvres ; car, tant que le trône restera dans la conscience , on aura beau le renverser au dehors, il se relèvera; mais, une fois aboli dans les âmes, nulle force ne pourra le préserver d'une ruine totale. Avec les commandements de

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