‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 19 sur 230 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

aisément et ne se conserve que par les moyens qui Tont produite : l'étude et l'enseignement.

• 3® La révélation doit être universelle^ de deux manières : !• elle dmt s'adresser k tous les hommes; car le Père céleste veut que tous tes hommes se sauvent et arrivent à ta connaissance de la vérité (1) ; 2° elle doit ojEfrir les principes fondamentaux de la science universelle; car, ainsi que vous Favez observé vous-même , Tbomme est, par les tendances de ses facultés , un être universel , qui cherche au-dessus de ce monde et des choses visibles la raison de son existence et de tontes les existences. Cette raison est en Dieu; il faut donc que Dieu, qui a proportionné la capacité des animaux à leur tâche et leur savoir à leur capacité, remplisse aussi la capacité des hommes et leur donne du plan universel une connaissance suffisante pour qu'ils entrent dans ce plan et y remplissent leur rôle.

Ces trois caractères de la révélation divine nécessaire aux hommes ne sont donc pas arbitraires. 11^ se déduisent logiquement des lois de l'ordre général et de notre nature en particulier. Peut-être voyez-vous déjà qu'il en résulte, nonseulement la possibilité, mais la convenance de la révélation évangélique faite par le Dieu-Homme.

D. Je ne le vois pas; Tidée d'un Dieu feit homme me paraît, sinon révoltante, du moins excentrique et effrayante pour la raison.

R. Effrayante pour la raison de qui? Sans doute, des déistes ; car le genre humain s'est si peu effrayé de cette idée, que la foi au vrai Dieu fait homme a pu seule le guérir de la manie de prendre des hommes pour se faire des dieux. Pour vous montrer que cette idée, ou plutôt ce fait, n'est nullement excentrique, revenons un instant à l'école de la nature.

Qu'est-ce qu'une plante? Ce sont des éléments matériels, partie fixes, partie gazeux, que la sagesse divine s'unit ,

(I) Saint Paul, Ép. I à Tim^t II, 4.

s'assujettit, pour leur faire produire les merveilleux effets que nous avons considérés dans le chapitre II. Qu'est-ce qu'un insecte ; par exemple, le papillon? Ce sont encore des éléments inertes et aveugles que la sagesse divine s'unit, s'assujettit pour en faire un être doué de vie et d un admirable instinct. En observant les trésors de sagesse qui brillent dans l'organisation et les mouvements de cette plante, de cet insecte j nous n'avons pu nous empêcher d y voir une sorte de présence réelle ^ une manifestation visible de l'intelligence et de la puissance suprême. Or, si pour obtenir des effets aussi bornés que la vie d'une plante, d'un insecte , la Divinité descend jusque-là, faut- il être surpris que, pour ramener le genre humain des plus effroyables erreurs , elle ait réuni tous les trésors de la sagesse et delà science, et la plénitude de la Divinité dans l'âme et le corps d'un homme {\yi

Béfléchissez-y un peu, et vous verrez que la distance n'est pas si grande des faits que nous ofire la nature aux faits que nous lisons dans l'Évangile; que si Tunivers est le symbole matériel , la planche des gravures que Dieu a mises sous nos yeux, l'Évangile en est le texte explicatif et le complément.

C'est ainsi que l'étude du premier fait nous mène droit à Tétude du deuxième.

(1) Saiot Paul, Ép. aux Coloss., Il, 3, 9.

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