LIVRE IV
pas subjugués. Vous savez ce qu'il lui eu a coûté pour arracher le moude au culte des dieux si bous et des déesses si bouues du paganisme. Les dieux et déesses antiques tombés, sont arrivés à la file les faux dieux chrétiens , depuis le dieu d'Arius jusqu'au dieu de Luther. Les mille dieux extraits de la Bible ont ressuscité les dieux du paganisme dans le monde littéraire, et les dieux sans fin du déisme dans le monde philosophique ; et à tous ces dieux a naturellement succédé runivers-DieUy qui se résout dans Thumanité-Dieu.
Or tous ces faux dieux et leurs religions si bonnes^ qui auraient pu trouver créance et régner en paix dans une société gouvernée par la raison ^ se sont évanouis comme de mauvais rêves sous le feu des lumières catholiques. Dépouillés, par la controverse, des lambeaux de vérité chrétienne et des découvertes scientifiques sous lesquelles ils se pavanaient, et poussés à bout par le géant catholique, maître de toutes les vérités , parce qu'il possède la vérité souveraine, il n'est resté aux champions de ces divers systèmes que le fonds commun de toutes les erreurs : l'orgueil, mais l'orgueil exaspéré, furieux, porté à son paroxysme et livrant son dernier mot : Pas d'autre dieu que l'homme ! A bas le Dieu catholique, vivent plutôt l'enfer et la mort !
Voilà comment le catholicisme, en portant la lumière dans les derniers retranchements de l'erreur, après avoir démoli ses ouvrages avancés , a contraint Tobjection mère à se produire dans son horrible nudité et à vomir, à la face du soleil , des blasphèmes qui semblaient réservés à l'enfer.
Cette objection, vous le comprenez, est absolument irréfutable. Quand elle s'est emparée d'une àme, toute discussion devient inutile avant que la prison et un régime approprié à la folie furieuse aient ramené l'homme-dieu au bon sens. Mais si la vérité catholique est impuissante à délivrer des âmes ainsi satanisées, elle a un préservatif infaillible contre ce mal.
D. Quel est ce préservatif?
B. C'est le dogme fondamental : Diea est charité ^ et il a tellement aimé les hommes^ quil leur a fait le sacrifice de son FilSy afin qu'ils devinsseM les héritiers de son royaume et les consorts de la nature divine. Expliquons cela.
Le dogme infernal de l'humaiiité-Dieu n'est , comme toutes nos erreurs, qu'une vërité dont 6n abuse. L'orgùeîl, qui soutient ce dogme, 'n*est, comme toits nos TÎces, qu'un excès, un abus des instincts légitimés que ÏMeù a mis en nous.
L'erreur de Thumanité-Dieu est la corruption de cette vérité catholique : VAoinme est destiné à dev'eîiir*le consort de Dieu. La èorruptîon "est en cecî^ que, niant le fait de notre adoption" divine par Jléstis-Chrtst, rîibmnïe osé se poser en liîèu absolu et dire : Pas d'autre Dieu' que moi!
L^oréuéïi ést'rexcés,' l'abus dé l^éstîmé et de Tamoûr de nous-mêmes; aussi le catéchisme le dennit-il : une estime, ùi% amour désoirdônné de sot. £'ei'cés,'le désortfr^ est en ceci, que, au lieu Ô*éstimèlp* et d'idmer le bien qui èsïen iious, coimmé lin don dû Pèt'e' céleste, et d'en attendre ï*accroissémèûf dti'sécoùrsde'èa grâce e^icore plug que du bon emploi de nos forces,' nohs hoiis en glorifiVn^* comme d'an biéli propre, et lipus ' préten'^oni^ xrâ'^dlïèr sanè'^bieu, et mêmef contre sa lot ^ à notre agrandissement. ** * des "principes nous éxpliquénHès sympathie que trouve dans le cœur humain le dbènie de'I'huinanîté-Dîeu , si abgilrde qu'il soit. En étféf, Testînie et' i*amour lardent de nôiis-mêmes nous inspirent une pro'foiide répulsion pour le néant, et' même pourrie simple titre de créâ^wfe, qtiiveut dire extrait du néant; répulsion qui n'a rien en soi que' de naturel et de légitime, puisque, en daignant nous appeler âl'Héritagè dé sa' grahdeur*, l)ïeù nous à' donné l'iûstînct d'iiné* si'haùte iâignité' et * beaucoup d'élojgnemeni *pour notre point dé' départ*: le néant.' Nous' dévôiis convenir, sans doute, que nous avons commencé d*êtrë, et q^^c, si nous sommes, c'est uniquement à l'Être éternel que nous