LIVRE IV
le devons; mais si Dieu ne nous apparaissait qu'en sa qualité de créateur et dé maître absolu^ nous pouriionsîé (îraindre, nous ne l'aimerions pas. te contraste' de sa grandeur et de ntttre bassesse, dé Isa félicité et de néis ïhisèi^ël nous HuAilierait, lions âlèHrait. L'àigreùr dégénérer'aitT)iélitôt eh â'^ersîôn ; Tavérsiori produirait la riégatioii^flè Diëli, et celie-èi serait laproclamaîtîonde rhumanité-Dieu. ' ' Goitiment prévenir, dissiper cfette hiimiiliafio^, èette aigreur? Cônimeriï isatisfaire ée qu'il y a de naturel, de ïé^time, dans l'estime, dans Vaniour de nou^-nifemes , dans faôtre susceptibilité et fierté? Le moyen, je l'ardit,' est dans la foi au Dieu-Charité. Vous allez le voir. *' * * '
"lie Dieu è[ui ' cirée' l'uni Vers 'par rîh'spiration de son amourl qui, élèvarit l'hocHme aii-déèsus'dé toiiteslescrëàtû'res vigîbtes, le forinè k^on image et rèsserh!6la'/ice^ con- Vetse avec lui comme un père aVéc sbn'erifant,* le pJ'éparé aux gi'andeurs du ciel par l'ihviBstîtttré de' Tenipiré 'terrestre, le ramène avec bonté ëtlè traité avec mîsérièof de, après une révolte marquée àh coin de là plus n^itè iiigVatiftfdè: céDîeù, dîs-îe, Êâ rien qui puis^e^ïiuiriîîie^ etàîgiffc mommej k"û ne pieU pas ena^i-e^mui^&ént le tfk nom de père, on sent qu'il en a les entrailles. S'il fait 'sipn^ faer hàut'feon noîn de Jéhovali , de Créateur et dé Maître absolu dé toutes choses^ on voit que ce il'eôt pâ^'pour se'èlôrififer^ niais pour iâVîfif occasion dé glorifier les hôifimês qui lui i^è'iidront'groîrè etmépriserôntïes&ieui de pierre, dé'nietàt, de bois, ^ui né savent que Boïre lé sànè'des'victiniés buihainès. Eu' soimé', tel qu'ilapjia'rait dans l'ancieniié loi, Dieu est vraiment digne d'adbi*ation et d'amouf ; *ét pourtant, s'il fut adoré et craint, il fut peu aimé, tant' les Uômàies le jugeaient encore trop haut ! ' ' Mais le Dieu-Charité (jui s'anéantit jusqu'à prendre notre nature avec ses faiblesseè, pour nous comWiii'niquè'r sa diviliîté avec ses' perfections ; le Dieu qui' épuisé jiisqu'à là lie lë calice dé nos humiliations et de iios 'db'iiïetiW,* jpoUr re^ conquérir nos droits à la gloire et aux déUçes |éteniéU^3 ;
le Dieu que son ineffiable amour retient captif sur nos autels, pour nous donner le pain de vie et le gage de noire résurrection glorieuse; V Emmanuel ^ le Dieu-aveo-nous j qui réalise et nous apprend à réaliser le yœu de nos vœux : notre divinisation ! Yoilà le Dieu fait pour régner sur les âmesy et dont on doit dire avec saint Paul : 5t q'uelqu'un ne l'aime pas j qu'il soit anathème (1)! Voilà le Dieu qui prévient et qui tue dans son germe Tobjection mère.
Jésus-Christ , c'est le vrai Grand^Tout (2), remplaçant l'absurde unité du panthéisme par une unité infiniment plus grande et plus glorieuse pour nous. Il dit en toute vérité : Je suis r alpha et Voméga^ le principe et la fin , Tattieur et le consommateur de tous les êtres; l'Humanité, c'est moi ! Mais, en me faisant homme, je ne me suis proposé qu'une chose : que tous les hommes puissent devenir ce que je suis, arriver à la hauteur où je serai éternellement, partager ma royauté et mon trône.
Comment s'offenser de tant de grandeur, puisqu'elle appartient à celui qui a daigné nous appeler ses frères, bien plus, les membres de son corps , et qu'il ne tient qu à nous de la partager avec lui?
Comment refuser au Dieu crucifié pour nos crimes la soumission à ce qu'il y a dans sa loi de plus crucifiant pour l'orgueil et la chair? Cette confession, qui fait tant d'incrédules, cet aveu de nos fautes à l'oreille du ministre sacré, est-ce donc une obligation si révoltante, quand on l'étudié en face de cette croix où l'expiation de nos iniquités a coûté au Fils du Très-Haut tant d'humiliations et de tortures?
D. Oui, toutes les objections se résolvent en fumée au pied de la croix. L'essentiel est d'attirer les incrédules à ce point.de vue ; mais ce n'est pas facile.
B. La chose est moins difficile que vous ne le pensez. Il y a dans la croix une puissance d'attraction qui a vaincu
(1) Prem. ép. aux Cor., XVI, 22.
(2) Et omnia in Ipso constant. Ep. ad Coloss., 1, 17.