‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 197 sur 230 · LIVRÉ IV · texte numérisé non relu

LIVRÉ IV

vos professions de foi et votre culte? De l'Église catholique. Qui a bâti vos temples les plus majestueux , fondé et dëté vos universités les plus faiùeuses , pour ne pas dire toutes ? Vos ancêtres catholiques; N'est-ce pas encore de ces mémesl ancêtres que vous ave2 reçu la plupart des institutions libérales dont vous vous glorifiez , par exemple , vous, Anglais, votre grande charte, etc., etc., etc.? Youëêtès done une création du catholicisme: c'est lui qui, en vous faisant nation chrétienne , a introduit et développé dans Vôtre sein tous les éléments de civilisation et de prospérité. Les progrès que vous avez pu faire depuis votre séparation , vous les devez à la sagesse avec laquelle vcfs chefs de famille , vos chefs et conseils de corporations religieuses , civiles et politiques ont relégué dans le pays des abstractions la liberté d'examen et conservé lai inéthode (catholique dans lesi diverses sphères du gouvernement. Que devez-vous au protestantisme? Vous lui devez l'abnégation et l'abandon deà croyances et pratiques qui avaient été les croyantes et les pratiques de toutes les générations chrétiennes jusqu'à vos réformateurs ; vous lui devez la mortelle atteinte que cette négation a portée au reste de vos croyances ; vous lui devez votre subdivision en une infinité de sectes , la plaie de l'indifférence et de Vinctédulité , née du spectacle de tant de christianismes contradictoires et ridicules ; vous lui devez la destruction des institutions religieuses et charitables dont vous avait dotés VÉglise catholique, destruction que vos esprits les plus éminents regardent comme très-déplorable. »

En voilà assez pour faire voir que les nations séparées de l'Église sont beaucoup plus catholiques que protestantes , et que , pour être juste , le parallèle devrait être établi , non entre les États protestants et les États catholiques , mais entre les États pleinement catholiques et les États catholiques seulement en partie. Mais, dans ce cas , àh trouver le premier terme de comparaison ?

D. Gomment! vous ne croyez pas qu'il y ait des États pleinement catholiques ?

B. Je TOUS prie d'observer qu'il ne s'agit pas ici de foi spéculative , mais de foi pratique , et je vous demande où est la nation qui puisse se vanter d'être, ou d'avoir été, à une époque quelconque de son existence, fidèle de tout, point aux prescriptions de l'Église catholique. Cette nation n'a jamais existé» n'existera jamais, ne fût-elle composée que de quelques milliers de familles dirigées par les Apôtres en personne.

Ne comprenez-vous pas que la religion cathc^ique , par là même qu'elle est dif ine , qu'elle nous donne la perfection du Père céleste pour but et Jésu»-Gbrist pour modèle, ne peut déployer ici-bas toute sa puissance sanctificatrice; que le propre d'une telle religion est d'exciter les hommes à marcher sans relâche dans le chemin de la vérité et de la vertu, de condamner la routine , l'apathie et l'orgueil pharisaïque qui croient en avoir assez fait; et que, pour cette religion, toute la perfection de l'homme consiste dans un effort continuel vers la perfection suprême? On ne peut donc dire d'aucun homme, si saint qu'il soit , d'aucune réunion d'hommes , quelle que soit la masse qu'elle offre de lumières et de vertus : C'est le chef-d'œuvre de la religion catholique , elle ne peut rien produire de plus grand. — Les cheft-d'œuvre delà religion de Jésus-Girist, préparés et dégrossis ici-bas, n'acquièrent le maximum de leur valeur que dans l'éternité.

Bésumons . — 11 n'y a point de nations protestantes qui ne soient encore catholiques par les croyances et les pratiques, par les institutions et les habitudes qui les font chrétiennes. — Il n'y a point de nations catholiques qui ne soient protestantes dans la juste mesure de leur insoumission aux prescriptions de l'Église catholique. — Cela étant , le parallèle des unes et des autres dans le but d'imputer au catholicisme le mal des nations catholiques, au protestantisme le bien des nations protestantes, serait non-seulement une injustice, mais une absurdité. Le catliolicisme a le droit de revendiquer les progrès réels dans le bien des na-

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tions chrétiennes quelconques et d'imputer an protestantisme leurs égarements et leurs misères.

Cependant, il est notoire qu'il eiiste des nations suffisamment soumises à la religion catholique pour en éprouver en grande partie les salutaires influences et pour mériter le titre de catholiques, et qu'il en existe d'autres qui, par leur haine contre l'Église de Jésus-Christ et leur profession en théorie du principe protestant, ont éprouvé plus ou moins la valeur sociale de celui-ci. Acceptons donc le parallèle, ainsi limité, des unes et des autres, et discutons les faits allégués par les partisans du protestantisme.

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