‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 196 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

mais à renseignement de leurs pasteurs ; que les enfants y sont par les qualités de l'esprit et du cœur ce que leurs parents et maîtres les. ont faits; que Tordre social ne s'y conserve que par la soumission des citoyens aux lois et au pouvoir politique. Ces faits sont d*une notoriété incontestable. Donc^ s*il y a des nations qui fassent parade du principe protestant, il n'y en a aucune que ce principe ait formée, élevée, qu'il gouverne, qu'il puisse nous produire comme son œuvre .

Bailleurs, ne voyez-vous pas qu'en faisant chacun juge de ce qu'il doit croire et pratiquer^ le protestantisme est la négation absolue de toute société religieuse , nationale, et même domestique ?

D. Il me paraît que, en suivant ce principe à la rigueur, on irait loin dans l'individualisme et l'insodabilité ; mais la nature s'y oppose.

B. Gela est de toute évidence. La société même la plus restreinte, celle de la famille, n'est possible que par l'unité de pensée et de sentiments sur les devoirs mutuels de ses membres, et par la soumission de ceux-ci au pouvoir chaîné de maintenir cette unité.

Figurez-vous une famille dont le père et la mère , ne voyant dans l'enseignement religieux du pasteur que des opinions discutables , méditeraient, chacun séparément, la Bible et ne rempliraient que les obligations matrimoniales qu'ils y auraient découvertes ; — une famille dont les enfants, arrivés à l'âge de raison et capables d'épeler la Bible, remettraient en question, chacun séparément, ce qu'ils auraient appris jusque-là en matière de croyance et de devoirs, n'obéiraient à leurs parents qu'autant qu'ils auraient acquis la conviction du droit qu'ils ont de commander ou de la justice de leurs ordres ; — une famille dont les serviteurs et servantes en agiraient absolument de même et répondraient à cliaque ordre qui n'irait pas à leurs idées : Mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes. Enfin, figurez-vous une famille dont tous les membres ne suivraient^ en matière

d'obligations sociales envers les familles voisines, qae lents idées et inspirations individuelles. — Je vous le demande^ eette famille vous paratt-elle possible ?

D. Non; une telle famille ne s'est jamais vue et ne se verra probablement jamais ; supposé qu'elle se formât un beau jour^ elle se dissoudrait le lendemain , sans que les voisins fussent obligés de réclamer l'intervention de la police.

B. Eh bien y tout le défaut de cette famille serait d'être sincèrement, pratiquement protestante. Que si cette famille n'a jamais existé , vous en avez donné la raison : La nature s'y oppose. Oui, nous sommes eatholiqties parnaturif et quand nous croyons avoir aboli en nous le catholicisme, nous n'avons fait que le dénaturer. (Voy. liv. I, IV® Fait, di. lU.) C'est pourquoi saint Paul dit que rhérétiqtÂe est confondu par son propre jugement. En effet , le Juge des consciences n'aura qu'à lui dire : Gomment as-tu pu croire de bonne foi que j'avais octroyé à tous la liberté de juger en matière religieuse, liberté que tu n'as pu souffrir, toi, dans tes enfants , dans tes subordonnés quelconques, en matière de devoirs domestiques? Gomment as-tu pu croire que j'avais donné pour base à ma religion , dont le but était de rapprocher les hommes , le dissolvant de toute société?

Parmi lés nations qui se disent protestantes , il n'en est donc aucune à laquelle on ne soit en droit de dire : « Tout ce que vous possédez de vrai , de bien, de beau, de grand, appartient au catholicisme à titre de création et à titre de culture.

« En effet , qui vous a procuré cette Bible dans laquelle vous prétendez avoir découvert le christianisme réformé? Qui l'a sauvée , cette Bible , des bûchers du paganisme , et , plus tard , de l'islamisme? Qui l'a préservée des attentats de milliers de sectaires , acharnés à la corrompre? C'est l'Église catholique, vous ne pouvez le nier. De qui tenezvous ce qu'il y a encore de positif et de vraiment chrétien dans

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