‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 223 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

mille canaux , dans les tems dn schisme et de Thérésie, H se trouvera à la portée de tous ceux qui voudront lutter contre l'embrasement. Au mal universel de l'irréligion arrivée à son comble, le bon sens lui^nème criera qu'on ne peut remédier que par la religion universelle.

Sans doute, le fanatisme de secte combattra de toutes ses forces le mouvement de retour et restera fidèle à sa devise : Plutôt périr que d'être sauvé par le papisme! Mais le rapprochem^it des esprits lui aura enlevé ses principales armes : la calomnie, le mensonge^ Fignorance. Comment retieht41 les populations dans les étables de l'erreur? — En les nourrissant des plus absurdes préjugés contre le catho^ licisme. La puissance de ces préjugés est eu raison directe des distances qui séparent les masses protestantes des masses catholiques. Ainsi, dans le nord de l'Allemagne, le Danemark, la Suède, où une législation de fer a préservé jusqu'ici le troupeau des enfants du libre examen de tout contact avec les brebis empestées du papisme^ il est reçu généralement que le catholique est un être privé de raison, et» en parlant d'un homme tombé dans la folie ou l'imbécillité, on dit quïl est devenu catholiqtie.

£h bien, quand les consistoires luthériens du Danemark et de la Suède ne pourront plus défendre, contre le mouvement général, les barrières de l'intolérance élevées par le sabre des Frédéric P**, des Christian III, des Gustave Wasa ; quand les populations, d'ailleurs si intelligentes, qu'ils abusent aussi indignement, verront de près les populations papistes, une révolution dans les idées sera inévitable, et le règne spirituel des consistoires prendra fin.

De même, quand les bonnes âmes de l'Église anglicane, que leurs ministres faisaient encore frémir, en novembre 1850, par le récit des horreurs qui allaient fondre sur l'Angleterre, si l'on ne s'opposait pas à la bulle de Pie IX réorganisant l'épiscopat catholique anglais ; quand , di&-je, ces bonnes âmes auront vu à l'œuvre les cardinaux, évêques, prêtres, religieux, qu'on leur dépeint comme des bourreaux

idtéréB de carnage et dont le plus doux passe^emps est de ftireécorohw vife et rôtir les hérétiques, ue seyiendront-elles fas de leurs frayeurs? Et alors John BulL, déjà coupable de grandie irré^érenoes enrers Vʧli$e étubUê par la loi, m pourrait-il pas agiter cette question : « Pourqpioi TAngle^ terre i^mtûiuecmtr-elie à payer l'énome révéra «anudi de deux cent trenieHsix millions de francs à sept mille grands ^ petits béaéiciers qui s'amusent à fardr la tête de leurs ouilks des fgMes les {dus stupides, les plus odieuses ? »

Enfin, la Yue des plaies morales et matâîelles des na* tiens pix>testante&, le spectacle kideux de leur paupérisme, ne serotft-ils pas une grande leçon pour les eathotiques qm enÀGBt eneore au vieux conte de la moralité et du bienêtre des populations réformées?

U me parait doue certain que, dans le travail providentidi de fuakm auquel est soumise l'Europe, Vor catboliqae resplendira, attirera les parcelles prédeuses qsti restent en- -gagées dans les «oories du protestantisme, et que le Y ukain socialiste eat chargé d'opérer «ee dégagem^t et de «m-ktattre la bise gkeiale de l'indifEérenee fêJt la vid^iee de ses feux.

D. Vous fKBserii^ donc, avœ tes Maistre, les Chateaubriand, ete.1, que, ti nom wmmes broyés^ c'êH pour être méUSf ^e fwus marehons « grande pas «ers une grandi umté^ que tout tend à recomposer Vunité ea^olique (i)?

fi. A l'iépoque «où ces illustres penseurs annonçaient le nonvemaiit ^ers le oathcriidsme, il y aidait quelque mérite à le ^prévoir. Aujound'hin, A y aurait aireugtement & la nier. — Passons au deimème f ait :

II. La maftke des esprits empérieurs. ^- Le protestant lilanke 4ierminait ainsi, H y a quelques aimées, son Bistoire de la pafOfaté peniiant les XVP ei X¥IP <eiécies c «« La p(K lémifue violenle des temps antérieurs a idéserté, sinon les écoles, du moins ies relatiens liiâ>itu6Ues de la iée« Toutes

(1) V. Soirées de Saint'Péiersbm^rg , enlret. xi*. ^ É tildes historiques^ tom; IV.

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ks iniaiiUés sout «{)|^lées « se réconcilier daas une mité supéri^rel »

Les retours «a catholicisiiie, devenus {dus fréquents dans ks sommités scientifiques et littéraires de rAUouagne, définis la conversion du cél^re ooaite de Stolberg (en 1800), pr^uient actuellement une jHroportion alarmante pour le l^testantisme germanique, commencent à éclaircir les nmgs du d^é luthérien, et concourent, avec les progrès de l'athéisme rationaliste, à populariser œt axicmte : « En religion, ou le catholicisme, ou le nihilisme ! »

Maifl c'est dans la Rome protestante, transférée depuis longtemps de Genève à Londres, c'est dans Télite du clergé anglican, ^ue Tinvasioix du catholicisme a quelque chose de miraculeux. Vous avez sans doute enibendu les cris de douleur , d'^roi et de foreur qu'arrache , aux partisans de VÊglise établie par le slaiui d'Êlisahethy ia désertion au catholicisme de leurs plus illustres docteurs et ministres.

D. Oui, et je pense que les conquêtes rédles ou présumées de ranglicanisme en Italie seront loin de eompenser ses pertes.

B. H est certain , au contraire, que les conquêtes dowt il «e vante èui nuiront beaucoup plus et serviront autmit la cause cathoËque que les défections dont il s'alarme. Voyez donc ! à la nombreuse et brillante locHfsfeellatkm 4e ses dooteurs «itrés dans le finnament catholique, qu'o{qpose l'anglicanisiDe? — Le moine Actûlli (peutrètre aussi le moine Gavazzi). Et peur que Tunivers soit instruit des mérites du moine Achilli et des motifs de sa conversion au protestantisme, le fanatisme anglican suscite un procès fameux ; et il en résulte la démonstration irrécusable que le moine Achilli est un infâme corrupteur signalé et flétri comme tel par tous les tribunaux et toutes les polices des contrées de la Péninsule qu'il a souiUées de sa .présence !

tjue i'anglicanisme conftinue à passer ainiS son écumoire sur lé clergé séculier et régulier de lltalie, qu'il nous fH^enne de nouveaux Aehilli et Gavazzi, et nous donne en

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reiour des Spencer, des NewHian, des Manyng ; e'est un libre échange dont les catholiques n'auront qu'à-ee réîonir, tant il contribuera a l'expurgation de l'Église en Italie et à son triomphe dans la Grande-Bretagne ! Encore plus que les conquêtes du passé, les conquêtes à Tenir du protestantisme confirmeront cette parole d'un célèbre anglican : « Le pas* sage de TÉglise (catiiolique) à une secte est trop souvent par le chemin des Tices, et celui d'une secte à l'Église est toujours par le chemin des yertus ( 1 ). »

Oui, les esprits supérieurs sont en marche vers l'unité catholique. L'exemple des grands déterminera le mouvem^t des masses et mettra dans un plus grand jour mon troisième fait : Linstinct universel du vrai peuple.

D. D'abord, qu'entendez-vous par le vrai peuple ?

R. J'entends les populations paisibles et chrétiennes à divers degrés qui forment encore la grande majorité dans les États catholiques, et même dans une partie des États séparés , grftce au système d'éducation catholique qu'où y a conservé. (V. liv. I, quatrième fait, eh. 3; liv. IV, ch. 3.) J'entends aussi une bonne partie des masses révolutionnaires, que le socialisme n'a égarées qu'en se couvrant du masque de l'Évangile. Le vrai peuple , c'est donc r£nrope vivant toujours du fonds de croyances religieuses et sociales qu'y a naturalisées le catholicisme.

L'esprit antichrétien que ressuscita dans l'Occident l'hellénisme, soit Vécole classique, plus d'un siècle avant Luther (2), et qui prépara le succès des destructions religieuses

(1) Lord Fitz-William, Lettres d'Atticus, 111.

(2) « C'est dans le cours du quatorzième siècle, vous le savez tous, que l'antiquité grecque et romaine a été, pour ainsi dire, r(»staurée en Euro{)e. . . I/école classique de cette époque s'enflamma d'admiration , non-senlement pour les écrits des anciens, pour Virgile et pour Homère, mais pour la société ancienne tout entière, pour ses institutions, ses opinions, sa philosophie, comme pour sa littérature. L'antiquité était, il faut en convenir, soos les rapports politique, philosophique, littéraire , très-supérieure à i'JSurope des quatorzième et quinzième siècles, il n'est donc pas étonnant qu'elle ait exercé un si grand empire ; que la plupart des esprits élevés, actifs, élégants, diffîcil(>s, aient pris pa dégoAt kw mcFurs grossières, les idées ooofnfies, les

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