‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 30 sur 230 · CHAPITRE ITL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITL

Comment Jésus-Christ a extirpé la barbarie dans les Ames, et donné à la civilisation humaine son fondement irremplaçable.

D. Quel est ce fondement irremplaçable de la civilisation humaine ?

B. Avant de répondre à cette question, montrons en quoi consistent la civilisation et la barbarie.

La charité est Tàme de la civilisation, comme l'égoïsme est l'àme de la barbarie. Respecter dans les derniers des hommes la dignité d'enfants de Dieu, les chérir comme soi, souffrir de leurs maux comme de nos propres maux, travailler selon nos forces à l'amélioration de leur vie morale et physique, c'est le propre de la charité. Vivre pour soi, rapporter tout à soi, ne voir dans les autres que des instruments plus ou moins utiles au service de nos intérêts et de nos passions, c'est le propre de l'égoïsme.

La charité vient d'en haut, ne vit que des lumières de U foi, ne s'appuie que sur les perspectives de l'espérance chré-

rature des Grecs, le donna durant la seconde moitié de sa long^ue existence, et il offre un mélange indescriptible de dissolution et d'inhumanité.

Que les érudits de collège , qui ne connaissent cette époque que par le côté littéraire , lisent seulement, dans Tauteur des Êtvâes historiques^ l'esquisse des Mcbws des païens ( 1 ) , et ils devront convenir que les anthropophages de la mer du Sud peuvent passer pour des modèles ^de bonnes mœurs et d'humanité, quand on les compare aux générations lettrées qui écoutaient avec délice les périodes de Gicéron et les beaux vers de Virgile et d'Horace.

Quelle législation atroce que celle qui , déclarant les esclaves moins vils que nulSj ravalait au-dessous des bêtes carnassières cent vingt millions d'hommes, malheureux restes de cinquante peuples détruits par l'astuce et la violence ! £n effet, « la loi romaine étendait ses soins maternels sur les bêtes de meurtre ; elle défendait de les tuer en Afrique (2) ; » mais elle permettait tout au maître contre ses esclaves, et condamnait ceux-ci au dernier supplice, fussent-ils par le nombre une nation, quand il arrivait au maître de finir par une mort violente (3).

(1) Étude V, r partie.

(2) Chateaubriand, Études hist,, à l'endroit précité : «Les cruautés exercées sur les esclaves font frémir : un vase était-il brisé , ordre aussitôt de jeter dans les viviers ie serviteur maladroit, dont le corps allait engraisser les murènes favorites ornées d'anneaux et de colliers. Un maître fait tuer un esclave pour avoir percé un saoglier avec un épieu , sorte d'armes défendues à la servitude. Les esclaves malades étaient abandonnés ou assommés; les esclaves laboureurs passaient la nuit enchaînés dans des souterrains ; on leur distribuait un peu de sel, et iis ne recevaient lair que par une étroite lucarne. Le possesseur d'un serf le pouvait condamner aux bêtes, le vendre aux gladiateurs , le forcer à des actions infâmes. Les Romaines livraient aux traite* roeuts les plus cruels, pour la faute la plus légère, les femmes attachées à leur personne, etc., etc. » Ibid,

(3) y., sur le sénatus-consulte Sillanien, Montesquieu, de VEspr. des lois, liv. XV, ch. là. — Tacite nous apprend que cette abominable loi reçut encore son exécution sous Méron. On vit les quatre cents esclaves de Pédauius Sécundus expier dans les supplices le crime d'un seul. En vain le peuple, révolté du nombre des victimes, voulut prendre leur défense; en vain quelques sénateurs opinèrent pour la mitigation de la loi; le sénateur C. Cassius prit la

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