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tonnant ensuite, puis foudroyant. Avant d'en venir aux derniers éclats, la plupart ont réussi à se faire, taqt bien que mal, uqe réputation, pas seulement de science, mais de sainteté ; et quand ces faux anges ont levé franchement l'étendard de la révolte contre TÉgUse de Jésus-Christ, y engouement était trop grand parmi leiirs dupes, pour ne pas répéter 1^ cri fies chefs : À bas la vieille Église, qui pe fait plus que radoter ; le Gfirist est avec nous !
ni. L'esprit de schisme et d'hérésie n'a jamais manqué l'occasion de tourner contre l'Église catholique toutes les forces de destruction qu'il a pu trouver sous sa main. Les premiers hérétiques contribuèrent puissamment à entretenir les préjugés et la fureur des païens contre l'Église, d'abord par leurs calomnies, ensuite par leur immoralité ; et vous remarquerez que , en paraissant confondre les innocents avec les coupables , les persécuteurs savaient fort bien épargner les coupables et frapper les innocents. « C'était elle (la grande Église), dit Bossuet, que les empereurs infidèles attaquaient de toute leur force. Origène nous apprend que peu d'hérétiques ont eu à souffrir pour la foi. Saint Justin, plus ancien que lui, a remarqué que la persécution épargnait les marcionites et les autres hérétiques. Les païens ne persécntaient que l'Église qu'ils voyaient i'étendre par toute la terre, et ne connaissaient qu'elle seule ^ur l'Église de Jésus-Christ (1). »
Aip^iy à cette époque extrêmement critique, l'hérésie jouit, sinon de la faveur, du moins de la tolérance des césars. Elle disait aux catholiques : Joignez-vous à nous, et, eu cuvant votre âme sans vous assujettir à tant de pratiques superstitieuses et gênantes, vous sauverez votre liberté, Yos bienu, votre vie. C'était là, vous en conviendrez, une t^Ditation terrible pour les enfants de l'unité.
D. Oui, certes ; mais, dès que le pouvoir politique devint chrétien, l'Église, à ce qu'il parait, eut sa revanche, B. Je trouTe, pioi, que c'est précisément depuis l'entrée
(1) DUe. fMf VHiti. unh}.
des pouvoirs politiques dans TÉglise, que Tutiité de celle-ci a couru les plus grands dangers, et, pour vous le montrer, je n'ai besoin que de quelques données générales.
A peine Constantin adore-l-il Jésus-Christ, avec les quatre cinquièmes de ses sujets et une multitude de peuples étrangers, que le prêtre Ârius se lève pour apprendre à l'univers catholique que Jésus-Christ n'est qu'une créature. Il est solennellement condamné par le premier concile oscoménique tenu à Nicée, en 325. Le grand empereur, qui a vivement appuyé cette condamnation , se laisse bientôt tromper par le grand fourbe, et veut de force le faire recevoir dans la communion de l'Église. Il persévère dans la. foi de Micée, mais sa faiblesse a laissé grandir autour de lui et dans le corps épiscopal la faction arienne. Celle-ci s'empare de son fils et successeur. Le long rè^e de Constance n'est qu'une guerre acharnée contre la foi catholique. Au très-anticatholique empereur succède le très-antîchrétien Julien dit V Apostat. Le catholique Jovienest élu, et ne r^ne que quelques mois. Il est remplacé par Valentinien P', qui reste fidèle à l'ancienne foi qu'il a noblement confessée sous Julien ; mais il a le malheur de prendre, en secondes noces, une ardente arienne (Justine), et de livrer l'Orient à son frère Valens, arien forcené qui ne cesse de persécuter les catholiques jusqu'à ce que ses coreligiounaires, les Goths, le battent et le brûlent vif à Andrinople * (378). Les fils de Valentinien r% Gratien et Valentinîen II, périssent tragiquement avant d'avoir réalisé les grandes espérances qu*ils donnaient ; mais le premier rend un immense service à l'empire et à l'Église, en donnant la pourpre à Théodose, si digne du titre de Grand. Celui-ci r^ne seize ans en Orient, et ce n'est que quatre mois avant sa mort qu'il réunit l'Occident sous son sceptre. Les deux fils, trèsmédiocres, du grand homme se partagent l'empire (395). Honorius ouvre, en Occident, la liste des nullités impériales qui finissent par Augustule et le triomphe complet des barbares en 476. Arcadius, en Orient, ouvre la liste
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lieauooup plus longue des chefs du Bas-Empire, qui , sauf quelques exceptions, préparent, par leur faiblesse, par leur corruption, par leur rage théologique, le triomphe du schisme photien , commencé au neuvième , consommé au onzième siècle. Le schisme, à force de dire : <c Le Turc plutôt que le pape ! » est exaucé en 1453 par la prise de Gonstanlinople.
Dans l'histoire de l'Occident, depuis Tabolitiou de l'Empire, vous verrez le bel appui que l'Église trouva dans les princes barbares, les uns païens (ils furent les moins hostiles), les autres ariens furieux et prodigues du sang catholique. Que de souffrances, que de persécutions , que de travaux , avant de voir se lever, au neuvième siècle, les Cbarlemagne, les Alfred le Grand, quelques autres ! Suivez cette étude jusqu'à l'époque où Luther fit goûter à un tiers des gouvernants de TEurope cet oracle du nouvel Évangile : Maudit soit celui qui songera à repousser le Turc avant d* avoir écrasé le papisme! Puis, résumant vos études sur tout le moyen âge, poesz-vous ces questions :
Si l'Église, depuis le huitième siècle, a eu quelques > princes qui lui aient tendu la main, comment est-elle arrivée jusqu'à eux, alors que toutes les mains étaient tournées contre elle? Si elle a pu maintenir son unité, tant que les l)Ouvoirs politiques lui ont été étrangers et hostiles, comment a -t- elle pu la défendre, cette unité, contre les préteiltions divergentes de ces quatre-vingts à cent chefs de grands et petits États européens, tous entrés dans l'Église avec un amour excessivement jaloux de leurs droits personnels, des droits de leur couronne impériale ou royale, ducale ou comitale, des droits de la nation, la nation fûtelle d'un demi -million , ou, comme tel canton suisse, de moins de ?ingt mille? Gomment accorder tout ce monde-là, d'abord en religion, puis en politique, de manière à pouvoir les faire lever comme un seul homme, à la fin du onzième siècle, pour aller au secours de leurs frères de l'Orient (première croisade en 1 095) ?
Si Y0U8 ne yoyez pas là ane victoire snr eetit mille impossibilités morales, matérielles, politiques, et nne Tictmre qpii dure de la fin du onzième siècle jusqu'à la moitië du idzième, je douterai de votre vue, on plutôt je dépIorm*ai l'état de votre vue.
Depuis les grands déchirements du seizième siècle, je n'ai pas besoin de vous dire que , si le catholicisme a conwrré de nombreux: adhérents dans les États soumis à la politique protestante, celle-ci peut bien se rendre le témoi^*gnage de n'avoir rien oublié pour l'abolition du papisme. Qqant aux secours que T Église a reçus des gouvernements catholiques durant cette époque, il y aurait injustice à les méconnaître ; mais il ne faut pas les exagérer, ni oublier ce liât, malheureusement notoire, et que l'historien protestant Banke exprime ainsi : « Pendant le siècle et demi que nous venpus d'embrasser par un coup d'œil rapide, la papauté a été CKHitinuellement combattue, assaillie, restreinte dans (son pouvoir; die a été amenée presque jusqu'à un assujettissement complet, jusqu'à consentir à sa vassalité (ceci est du protestant plutôt que de rhistorien) ; aujourd'hui encore elle est menacée à chaque instant et environnée de dangers. Qliels sont ceux qui l'attaquent ? Ce sont les catholiques eQx-mémes, et tout seuls (1). »
Vos études historiques finies, voici un petit travail que j'ai rêvé bien des fois, mais qui restera probablement dans J^ pays de mes rêves. Dressez un tableau chronologique 4^ dynasties et chefs d'État sous le goayemement desquels le prodige de l'unité catholique s'est soutenu et propagé, depuis Néron jusqu'aux gouvernants actuels, païens, anticatholiques et mauvais catholiques, qui mettent leur intérêt et leur gloire à combattre la grande Église, En ne choisissant parmi les princes infidèles que ceux dont )es États renferment; un nombre un peu considérable de catholiques,
(1) fist de ta papauté, etc., par M. Léopold Ranke, trad. f»ar M. Haiber, t. IV, p. 522.
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VOUS auree certainement, en tout, plusieurs milliers de potentats païens, anticatholiques et catholiques. Rangez dans une eolcHum ceux qui ont gouverné dans un sens hostile à Tunité catholique; ils formeront indubitablement plus des deux tiers. Défalquez du reste les têtes juste-milieu, indifférentes ; vous verrez à quoi se réduit le chiffre des défenseurs réels de Funité catholique. Ces défenseurs apparaîtront par-<;i par-là, mêiiie en pays infidèles, mais à de grandes distances les uns des autres, moins pour défendre l'Église catholique que pour lui procurer quelques moments de répit dans la guerre incessante que lui font l'esprit antichrétien, surtout l'esprit anticatholique.
Là même où , comme en France, la défense des intérêts catlioliques forme un privilège traditionnel, acheté par de grands services et par une politique vraiment généreuse, vous trouverez de fréquentes lacunes, de terribles hostilités, et souvent des défeoseurs (tels que ]Louis XIY et Napoléon V) qui démolissent d'une main ce qu'ils édifient de lautre.
Ce travail vous Remontrera, avec une parfaite évidence, deux chos^. 1^ (l'esprit anticatholique a eu pour lui, depuis dix-buit siècles, l'immense majorité des forces politiques et matérielles, et pourtant il n'a fait que naître et mourir (comptez les hérésies éteintes). 2"^ Si l'Église calholique, avec cenx qui se sont attachés à sa défense, n'a pas spccombé dix-huit cents fois , la raison n'en peut être que caUe^i : H n'y a ni sagesse , ni intelligence, ni conseil contre le Seigneur,., Iai puissance de la terre est dans la main de Dieu^ et il y suscite pour un temps le chef qu'il lui plaît de rendre utile à ses desseins (1). Si ces chefs utiles à l'œuvre divine sont asse^ rares dans l'histoire ^ et que les plus utiles d'entre eu^ meurept aussi bien que les ennemis, et parfois plus vite, c'est que Jésus-Christ veut que tous les yeux non ennemis de la lumière voient dans l'Église catho-
(i) Proverbes f XXI, 30. — Ecdésiast., X» 4.
i54 LA PHILOSOPHIE DU CATtCHISMB CATHOUQCB.
liqae VÊglise du Dieu vivant^ la colonne et Vappui de la vérîtf(l).
Passons aux ennemis intérieurs de l'unité catholique.