LI\RE I
absolue de la vérité. Mais laissons la métaphysique, pour en \euir aux faits.
K*est-il pas vrai qu'au nord et au midi, au levant et aa couchant, à tous les degrés de longitude et de latitude ; qoe dans toutes les conditions, sur les marches du trône, dans le château , dans la boutique, dans Fatelier, dans Tédioppe, les hommes naissent parfaitement ignorants des choses divines et humaines, parfaitement incapables de se donner une religion qui les éclaire sur leur destinée et qui les forme à la connaissance et à l'amour de leurs devoirs, parfaitement incapables de se créer une société domesticpie et civile qui leur offre d'abord un berceau et du lait, puis les mille choses qui font d'un enfant un adulte, d'un adulte m homme?
Dites-moi, cela est-il absolumeiU vrai, ou cela n'est-il Trai que des enfants du moyen âge ou des enfants des catholiques ?
D. La question est telle, qu'elle n'exige pas de ré- Mnse.
R. Erreur! Si simple que soit la question, vous devez uiYoir que, de 1520 à 1852, il s'est trouvé en Europe au noins sept h huit cents millions d'iiommes qui Pont résolue ie travers , qui ont soutenu leur solution par la plume, par le fer et le feu, et qu'aujourd*hui des masses armées réclament pour tous et chacun le droit naturel, imprescriptible, de discuter les hases de la société religieuse, domestique, civile.
N'est-il pas vrai que, toujours et partout, les enfants fM)nt condamnés par la nature à ne savoir, en matière religieuse et civile, que ce qu'on leur apprend; qu'ils sont paiement incapables dlnventer de nouvelles doctrines et de contrôler celles qu'on leur enseigne ?
N'est-il pas vrai que, pour former l'esprit et le cœur des enfants , il faut leur proposer, non des doutes, mais des doctrines positives; leur dire qu'il y a un Dieu, quel est ce [Men, oe qu'il nous commande , ce qu'il nous défend, ce
qu'il réserve et aux enfants dociles et aux enfants revèches, etc., etc., etc.?
N'est-il pas Trai que tous les parents qui ont à cœur l'éducation de leur famille en agissent ainsi, qulis soient catholiques, protestants, libres penseurs, et qu'ils se jugeraient grandement coupables ou imprudents s'ils suivaient une autre méthode .î*
Que d'incrédules et dlndifférents imitent l'athée Diderot, faisant dévotement répéter à sa fille le catéchisme du curé, et pensent, comme le sceptique d'Alembert, que les enfants qui méprisent le dogme envoient la morale au diable!
Avez-vous des doutes sur la nécessité, et par conséquent la légitimité de cette manière d'élever l'enfance?
D. Non; des incrédules de huit à dix ans seraient des idiots ou de petits monstres.
B. U est donc vrai que, jusqu'à l'âge de huit à dix ans, nous sommes tous catholiques par le fait de la nature et le jugement de la conscience universelle. Tout dans cette première éducation suppose l'existence d'une société si bien organisée sous le rapport religieux et civil , que l'enfant n'aura qu'à en suivre les lois , loin de prétendre au droit de les refondre.
De l'âge de dix à vingt ans , soit que l'enfant passe de l'école au travail des champs ou de l'atelier, soit qu'il entre dans un collège, jugez-vous à propos de renier cette méthode? Voulez-vous qu'on avertisse notre grimaud que ce qu'il a appris dans sa famille pourrait bien n'être qu'un rêve; que tous les hommes sont faillibles; qu'il est temps pour lui de raisonner ses croyances, sa morale ; qu'il est temps de s'armer du flambeau de la raison , de ne retenir en matière de dogme que ce qui lui paraîtra irrésistiblement démontré, et en matière de morale que ce qu'il jugera évidemment conforme aux principes de réternelle justice?
S'il est né dans une de ces communions protestantes qui nous prêchent la libre discussion de la Bible, trouvez-vous bon que ce théologien imberbe discute et confronte entre