LIVRE H. i
mères Ae l'enfance et de Tadolescence abandonnées à l'ignorance et au vice; mères consolatrices et nourricières des malheureux et des pauvres de tout âge ; mères attachées au chevet des malades inconnus ; mères des jeunes filles de toute condition, qu'elles forment aux connaissances et aux vertus des bonnes épouses et mères de famille.
La nation assez féconde en fruits de cette espèce pour en enrichir les autres sera nécessairement la plus civilisée, la plus civilisatrice, la plus influente des nations. Le mal pourra y être effrayant ; mais, au moment critique , il s'y trouvera une masse suffisante de vertus pour obtenir le secours du ciel et déployer l'énergie nécessaire au triomphe du bien .
Là , au contraire , où l'opinion d'une bourgeoisie demipaïenne et aux trois quarts protestante interdit aux viergesmères l'éducation des femmes du monde , et pose comme préliminaire de la résurrection politique la proscription des couvents , que voyez- vous ? Des peuples demi-enfants qui n'essayent de briser la vergé étrangère que pour receyoir la bastonnade et retomber sous la verge. Le sexe y sera, si vous voulez, très-dévot à la Madone ; mais on refuse à la Madone le moyen d'apprendre au sexe l'art de former un peuple viril, l'art de façonner au degré convenable les trois représentants de la force morale et matérielle d'un peuple : le prêtre, le soldat, le laboureur.
Quant au monde protestant, qui se moque depuis trois siècles du culte et de l'imitation de la Vierge-Mère , on est en droit de lui dire, surtout en parlant à l'Angleterre : Si vos belles réformes n'ont pas ravalé la femme au degré d'abjection où la trouva le christianisme catholique, à quoi le deve&'vous ? A deux causes : à votre première éducation chrétienne au sein de l'Église romaine , à la prépondérance en Europe de la foi et des mœurs catholiques. Mais soyez de bonne foi, et convenez de ces faits, qui ne sont douteux que pour ceux qui ne vous ont pas étudiés : P la femme est dans vos maisons une idole parée , mais à peti près
étrangère à ses plus uobles fonctions (1); T vous n'avez pu encore abolir dans le bas peuple la vente des femmes en plein marché ( Horn-Market) (2) ; 3*^ les faits d'uxoricide , cites par vos journaux, sont d'une fréquence effrayante; et plus effrayante encore est la quasi-impossibilité de leur appliquer la peine portée par vos lois. On cite vos sentences de mort contre les voleurs d'une vache ; mîiis le meurtrier de sa compagne, si convaincu qu'il soit, a presque toujours devant votre jury l'excuse du cas de folie , d'ivresse ou de légitime défense (3).
Assez pour vous faire sentir l'importance de croire , de chanter, et surtout de pratiquer le troisième article de notre foi : Qui est conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie l