AVANT-PROPOS
Sous le titre : La Philosophie du Droit, paraissait, au cours de l'année 1908, le premier volume d'une œuvre considérable que M. Pinard avait entreprise, et qui contenait la synthèse de ses observations philosophiques et juridiques : à la fin de son introduction, ne disait-il pas : « En revoyant les notes prises au cours de ma vie judiciaire et de ma vie politique, j'écris ce recueil auquel je donne un titre abstrait qui n'a rien de retentissant : Je l'appelle La Philosophie du Droit. ».
La première étude contient l'étude sur l'homme, sur le Droit en général, sur le Droit familial.
M. Pinard avait annoncé « à paraître ultérieurement : Deuxième volume : Droit économique, Droit politique. — Troisième volume : Droit international. Le Droit envisagé dans ses points d'appui (écoles, religions).
Les manuscrits étaient rédigés, l'œuvre à vrai dire achevée. Mais la mort arrêta M. Pinard avant qu'il l'eût publiée. »
Sa famille a pensé qu'à tous égards, il convenait de ne point interrompre cette publication, et a bien voulu me confier le soin de la préparer comme elle
m'avait donné mission de retracer sa vie à la réunion des anciens Secrétaires de la Conférence des avocats à la Cour d'appelde Paris.
Au début de ma carrière, M. Pinard, qui fut mon maître très aimé, m'avait permis de réunir ses œuvres judiciaires. Il rassembla lui-même ses souvenirs politiques (1) : aujourd'hui, il m'est doux de rendre un dernier hommage à sa mémoire ; en terminant la publication, j'ai le sentiment d'accomplir sa volonté. J'ai laissé à la rédaction son caractère personnel, estimant qu'il n'appartient à personne et à moi surtout de modifier cette pensée parfois si haute, toujours si claire, si méthodique, si documentée, et qui ainsi survivra.
La plus naturelle préface n'est-elle pas de faire connaître, par le récit de sa vie, la grande personnalité que fut M. Pinard?
Aussi je reproduis ici la notice que je lui ai consacrée :
(1) Œiwres judiciaires. Pedone-Lauriel, Paris, 13 rue Soufïlot. — Mon Journal, 3 vol., Fayard, successeur de Dentu, 78, boulevard Saint-Michel.