L HOMME DECHU
Cet homme, qui est masculus et femina, vir et uxor, et qui reste toujours éminemment sociable, va nous apparaître sous- un autre jour. Non seulement il peut reculer, au lieu d'avancer, descendre, au lieu de grandir, mais il semble atteint d'une mystérieuse blessure, d'un vice originel, l'assujettissant, du berceau à la tombe, à la grande loi de la souffrance.
Cette loi* s'explique, pour le chrétien : celui-ci croit à une déchéance originelle frappant le père et la mère du genre humain, déchéance qui s'étend à toute leur postérité. La souffrance devient alors le rachat de la faute, et on répète avec saint Thomas : pœna est ordo peccati, la peine rétablit l'ordre, là où la faute avait fait le désordre.
Les livres sacrés, des Juifs d'abord, des chrétiens ensuite, ont dit l'histoire de cette faute originelle. Le xvine siècle, frivole et naturaliste, lisait peu la Bible, et moins encore les Pères de l'Eglise qui l'ont commentée ; l'érudition des encyclopédistes était courte, et leur esprit léger ; ils s'ingéniaient à ne prendre que certains textes, à les
interpréter à la lettre, pour plaisanter à leur aise sur ces mystérieuses annales. Si je faisais œuvre théologique, ou œuvre apologétique, je montrerais facilement que leurs attaques superficielles tombent à néant devant une saine critique historique marchant de pair avec la tradition.
Je dirais qu'il faut distinguer, dans la Bible et les Evangiles, la révélation de l'inspiration; la révélation mettant en lumière des vérités immuables, l'inspiration qui n'empêche chez l'auteur, ni les lacunes, ni les obscurités, ni les imperfections de la forme.
Je dirais aussi que ces livres sacrés furent écrits au sein de ces populations orientales restées au berceau du genre humain, et auxquelles on parle toujours avec des images, des figures et des symboles. Ainsi le déclaraient tant de Pères célèbres, Origène, Eusèbe de Césarée, saint Jérôme. Sans doute, Origène, ce génie si puissant du second siècle, fut condamné par des Conciles pour certaines erreurs sur d'autres points et aussi pour avoir soutenu que tout était allégorique dans les récits de l'Ancien Testament. Mais, si sa thèse fut repoussée comme trop absolue, il ressort même de la condamnation, qu'on peut voir des symboles et des figures dans bien des récits des livres sacrés. L'exégèse ancienne, comme l'exégèse moderne, a ses erreurs, et aussi ses légitimes découvertes.
Ainsi la déchéance originelle s'impose au théologien lisant et commentant les livres sacrés, elle est,
pour lui, une vérité révélée, mais, en même temps, le philosophe et l'historien donneront à cette vérité une confirmation d'ordre humain quand ils nous montreront l'homme, atteint, de la naissance à la mort, d'une plaie permanente, qui affaiblit, sans les détruire, sa puissance et sa liberté : il faudra répéter avec le poète : « l'homme est un Dieu déchu, qui se souvient des cieux ».
Nier cette déchéance, ce serait se condamner à ne voir, dans le monde, qu'une insoluble énigme; prouvons-le en étudiant attentivement les faits.
Engendré dans la douleur, l'enfant qui naît souffre, dès le premier jour; son vagissement initial est un gémissement : il ne voit pas et il n'entend pas. La vue et l'ouïe ne s'affirment que lente-* ment, après des contacts successifs avec le monde extérieur.
L'enfant naîtra souvent avec un mal héréditaire, legs de ses ascendants,, transmis à un ou plusieurs degrés de génération.
Chez certains, un instinct mauvais apparaît dès le début : on voit des enfants, dans un accès de colère que nulle souffrance n'a provoquée, mordre le sein qui les allaite.
Nous naissons ignorants, et dès que nous pouvons comprendre, il faut apprendre. Or, pour apprendre, la loi du travail s'impose, et il y a, chez les disciples de Saint-Simon, naïveté à le dire attrayant. Matériel ou intellectuel, le labeur est une peine au début. A force de discipline, l'homme se fait à cette
loi : — bientôt il trouve intéressants le travail commencé et le travail productif. Il est dans la situation du laboureur pour lequel le premier coup de charrue est toujours dur, et qui poursuit ensuite sans peine le sillon encore inachevé.
Il y a plus : le travail lui-même ne deviendra fécond que dans la mesure où il aura fait souffrir. L'enfant qui apprend très vite retient peu ou rarement» ce qu'il apprend; il ne garde en réalité que ce qu'il s'assimile avec effort,
L'homme est bien le souverain du globe terrestre, mais que de fatigues pour conquérir et maintenir cette souveraineté ! On a dit de la nature qu'elle était un artiste d'une fécondité prodigieuse, mais d'un goût douteux. Allons un peu plus loin dans l'étude de cette mystérieuse fécondité ; et nous verrons que, sans le dur travail de l'homme, le globe entier serait bientôt encombré de plantes parasites qui nous rendraient la vie impossible.
L'homme qui cultive la terre l'arrose toujours de ses sueurs, quelquefois de son sang ; le mineur, qui lui demande ses richesses souterraines, affronte d'autres périls.
Pour dompter la terre, l'homme assujettira à son service des animaux qu'il faut domestiquer, et c'est avec ces auxiliaires patiemment éduqués qu'il combattra les autres animaux, féroces ou nuisibles, menaçant ses œuvres quotidiennes.
A l'homme il faut l'effort pénible et continu pour
assurer sa nourriture, se procurer le vêtement, édifier le foyer qui l'abrite.
Dans cette lutte, l'homme rencontre les tempêtes qui abattent les forêts, les ronces qui ensanglantent ses mains. S'il s'arrête, il est bientôt un vaincu, et cette terre, qu'il nomme sa mère nourricière, redevient pour lui une marâtre.
Il semble que le sol et tous les êtres vivants aient aussi subi le choc de la foudre mystérieuse^ qui a frappé leur souverain. N'est-ce point la mort qui féconde la terre et donne l'espace aux nouveaux venus? N'est-ce pas la lutte qui fait les espèces et l'ordre du monde inférieur? Que deviendrait la terre, si les carnassiers n'y mangeaient les herbivores?
La souffrance n'est pas le lot exclusif de ceux qui travaillent le sol et lui demandent ses richesses. Elle est l'apanage des autres labeurs, qui, eux aussi, ne sont féconds qu'après avoir été pénibles. Les joies de l'intelligence qui découvre et qui produit sont grandes, mais, pour les avoir, il faut le travail intellectuel, prolongé, qui engendre des maladies professionnelles. Nul n'est exempt de ce dur tribut, pas plus le penseur, l'artiste, le gouverneur de peuples, que le laboureur ou l'artisan.
Les fatigues du cerveau sont parfois excessives : le penseur a besoin de plus de- sommeil que le laboureur ; il lui faut souvent une alimentation plus substantielle. En dehors de tout excès, il se fatigue, lui aussi, et plus vite que l'homme des champs.
Les grands hommes sont les premiers à subir cette loi de la souffrance. Ceux qui mènent et agitent le monde sont des arthritiques comme César et Napoléon ; ceux qui le charment sont des poitrinaires comme le Tasse. Chez les uns et les autres la lame use toujours le fourreau.
En thèse générale, les hommes de génie meurent jeunes. Comme pour prouver l'infirmité humaine, ils semblent mourir de cette flamme lumineuse et chaude qui va éclairer les autres. Nouveaux Prométhées, ils ont dérobé le feu du ciel, et c'est ce feu qui les consume.
En outre, pour marquer le caractère passager de cette gloire qui leur coûte si cher, les grands hommes laissent rarement après eux une postérité.
Ils rêvent souvent de l'infini, ils sentent le besoin mystérieux de tout embrasser. Or, pour réussir, pour que leur travail soit fécond, il faut qu'ils sacrifient leur rêve intégral, et qu'ils se cantonnent dans un sillon circonscrit, Le savant, qui recherche les mystères des sciences physiques, sera rarement un métaphysicien ; le philosophe, qui vit dans l'absolu, ne sera le plus souvent qu'un médiocre politique.
Le vrai génie ne voit que rarement l'achèvement de son œuvre : il a eu l'enfantement, c'est-àdire la souffrance. Si la gloire arrive, elle s'avance tardive, pour honorer non sa personne, mais sa mémoire.
L'inventeur souffre pour découvrir, mais, presque
toujours, d'autres que lui bénéficieront de sa découverte.
Sortons de la sphère intellectuelle ; ne parlons plus de l'inventeur qui découvre et du génie qui mène le monde ; étudions l'homme au point de vue purement moral et voyons- le passer de l'enfance à la jeunesse, de la jeunesse à la maturité. Dans ces phases successives, il ne s'élève que par le travail et une forte discipline, il se perd vite s'il est oisif, se soustrayant à l'effort, c'est-à-dire à la peine.
Pour cette œuvre souvent douloureuse de l'éducation, la science seule est impuissante ; les molles tendresses le sont également. Il faut une fermeté qui coûte et à celui qui élève, et à celui qui est élevé. Aussi la langue romaine se servait- elle presque du même mot pour désigner la force et la vertu, elle disait vis et çirtus.
L'homme est enfin élevé, il va aimer, il va se donner et demander qu'on se donne à lui. Eh bien! dans l'amour, cette grande passion de la vie humaine, vous retrouverez encore cette loi latente du sacrifice, à laquelle nulle créature ne saurait se soustraire, sans tomber.
L'amour revêt- il sa forme la plus élevée, est- il désintéressé, détaché en quelque sorte des sens? Il vous commande le sacrifice, c'est-à-dire la souffrance : s'immoler pour l'être aimé devient presqu'une joie.
L'amour, au contraire, cesse- 1- il d'être chaste
pour devenir purement sensuel? Celui qui l'éprouve s'abandonnera souvent au plus monstrueux égoïsme. Pour une satisfaction passagère, il sacrifiera tout à la possession de l'être qu'il aime, ou qu'il croit aimer. Il brisera souvent, de ses propres mains, son caprice ou son idole d'un jour.
Fait étrange qui semble encore révéler la déchéance, l'acte qui doit donner la vie à un autre revêt une sorte de caractère désordonné : il y a fatigue, après son accomplissement. Le poète et le physiologiste n'ont-ils pas dit de l'homme, comme de l'animal : tristis est post coitum?
Il y a plus : dans cet ordre des relations sexuelles l'abus est bien près de l'usage. Si on ne se plie pas à une certaine discipline, qui, au moment de la jeunesse, coûte toujours à la nature humaine, si on n'observe pas, même dans le mariage, une chasteté relative, on rencontre vite la satiété. Alors, pour réveiller des sens qui s'épuisent, l'homme qui ne se dompte pas aboutit trop souvent à des vices innommés, à des vices contre nature. Dans cette voie lamentable il n'est jamais assouvi : de l'amour, il descend à la volupté ; il tombe promptement de la volupté à la débauche, de la débauche à la cruauté et à la bestialité.
Alors l'homme n'est plus que l'ombre de l'homme. Sa volonté disparaît comme sa sensibilité, comme son intelligence. Il porte en lui le poids d'un inexorable ennui ; il a le dégoût de la vie, jusqu'au jour de la décomposition finale.
L'animal, ce serviteur soumis, que l'homme domestique pour son usage, ne connaît pas ces vices contre nature : on verra alors le maître tomber plus bas que le serviteur, et le vieux proverbe des nations se réalisera : corruptio optimi pessima.
Plus l'être était élevé, plus la chute sera profonde. Voyez la femme, ce modèle de pudeur et de grâce : le jour où elle se dépravera, elle touchera souvent le fond de l'abîme avant l'homme.
Nous pourrions ajouter que cette mystérieuse déchéance de l'homme semble avoir aussi sa répercussion sur la nature inférieure où nous trouvons encore la maladie, la violence et la mort.
Cette lèpre de la déchéance s'étendra logiquement de l'homme à la nation. Quand les peuples n'ont plus les durs labeurs, quand ils cessent d'être à la peine, on peut dire qu'ils sont mûrs pour l'invasion ; ils décroissent et disparaissent. Lorsque Rome ne connaît encore que les fatigues de la guerre ou le rude labeur des champs, elle conquiert le monde ; lorsque sa plèbe, oisive et molle, ne demande plus que la distribution gratuite des blés de Sicile et les spectacles du cirque, panem et circenses, le sceptre lui échappe fatalement ; elle n'a que l'amour de la chair et le goût du sang : il lui faut ces jeux féroces où tombent par milliers les gladiateurs captifs et les chrétiens livrés aux bêtes.
Les Césars eux-mêmes ne commandent plus les légions pour faire face aux envahisseurs. Aétius
est le dernier des généraux romains qui battra les barbares dans les champs catalauniques ; aux nouveaux venus de la Germanie on ne ménagera ni les avances ni les honneurs pour obtenir leur vigoureux appui. L'impératrice Eudoxie a la claire vue de la situation, elle est plus perspicace, plus grande et plus fière que les Romains de la décadence, quand elle donne à Stilicon, arrivé des forêts lointaines, sa couronne et sa main : lui, au moins, sera l'homme fort, qui défendra l' Empire.
Dans notre vieille France, le xvne siècle est encore le grand siècle ; mais, au xvnr9, quand les philosophes proclament, avec le concours à peine déguisé des hautes classes, la perfection originelle de l'homme, la licence, comme le scepticisme, s'étend à tous les degrés élevés de la société française ; les mœurs voluptueuses engendreront les mœurs féroces.
Jean- Jacques Rousseau a posé le faux principe : l'homme est né bon, ce sont les lisières sociales qui le corrompent ; Bernardin de Saint- Pierre insinue la même chose, dans son charmant roman de Paul et de Virginie ; Florian écrit ses Pastorales ; l'avocat d'Arras, qui sera bientôt Robespierre, demande, dans un mémoire célèbre, l'abolition de la peine de mort : « pourquoi frapper de la peine capitale, dit- il, l'homme, qui est bon par nature?» Quelques années se passent, et, après ces sentimentalités, on a les noyades de Nantes, et l'échafaud de la Terreur.
En étudiant les milieux sociaux, en voyant les brusques soubresauts qu'ils subissent, comment croire à la perfection originelle de l'homme? comment expliquer tant de courants contraires? Aux périodes de calme succèdent des périodes de fièvre. A certaines dates, on a la soif du repos, au point d'appeler et de bénir le despotisme ; à certaines autres, on a soif de la liberté, au point d'aboutir à l'anarchie.
Luther, qui venait de se révolter contre Rome et qui se voyait dépassé par ses adeptes de la veille, dit un jour une parole inoubliable. En voyant les anabaptistes saccager et brûler Munster, il s'adressa, avec une amère tristesse, au doux Mélanchthon, son confident et son ami : «L'humanité, — dit- il, — sera donc touj ours semblable à un paysan ivre ; quand on la relève d'un côté, elle retombe de l'autre. » Le mélancolique aveu du renégat traduisait une vérité profonde.
Ainsi, chez l'homme et chez les nations, une voix implacable proclame la déchéance. Mais, comme il coûte à l'orgueil humain de s'incliner devant un semblable arrêt, plus d'une école philosophique surgira pour en constester la valeur.
Au commencement du xixe siècle, lorsque la doctrine de Jean- Jacques Rousseau sur la bonté native de l'homme, sur sa perfection originelle, était encore en pleine faveur, les rationalistes, dont Victor Cousin était le chef incontesté, disaient : « La li-
berté humaine est puissante et entière ; notre libre arbitre traverse une épreuve qui doit le grandir et le fortifier ; il ne porte pas de blessure, il n'a point d'inclinaison proprement dite, il choisit, et cette option indépendante fait son mérite et sa grandeur». Telle était la conclusion de l'école éclectique ; son maître avait ainsi formulé le principe : « Tous les systèmes philosophiques se réduisent à quatre : l'idéalisme et le sensualisme, le scepticisme et le mysticisme; chacun d'eux a sa raison d'être, et on doit les admettre tous, dans une juste pondération ; c'est cette vérité moyenne que l'homme admettra avec son libre arbitre, et sa volonté traversera librement l'épreuve. »
L'école eut de brillants disciples, mais sa durée fut éphémère, et elle a aujourd'hui disparu.
Si elle eût été dans le vrai, comment expliquer, chez tant d'êtres, l'instinct et le goût du mal? Comment expliquer l'effort pénible, l'effort si souvent douloureux, que nécessite l'accomplissement du bien? Comment comprendre nos défaillances, nos infirmités, sur cette route toujours ardue de la vie? Non, s'il fallait ne voir dans nos combats, dans nos luttes, dans nos douleurs, qu'une facile épreuve, et non une déchéance de notre nature, le monde tout entier ne serait qu'une insondable énigme.
Dans la seconde moitié de ce même xixe siècle, une autre école remplace l'éclectisme, elle s'appelle l'école évolutionniste. Sans s'expliquer nettement
sur l'origine et la nature de l'homme, elle nous le signale comme s' élevant graduellement, au sein de la création, et passant par des phases successives en vertu d'une loi fatale, dont il n'est pas le maître. Alors, à tous les degrés de l'échelle, les forts mangent les faibles, et, à mesure que ces derniers disparaissent, la sélection s'opère au profit de l'humanité.
Si on tire les conséquences de cette dernière doctrine, la liberté humaine n'est plus qu'un vain mot, l'homme n'a que des penchants plus ou moins ataviques, qu'il n'est pas en son pouvoir de régler ; la volonté n'est plus. Le sens précis du bien et du mal n'est qu'une simple fiction-; ceux qu'on nommait hier des coupables, ne sont, en réalité, que des malades qu'il faut soigner ; et, dans un délai dont on ne donne pas le terme, on devra remplacer par des hôpitaux les tribunaux et les prisons.
La doctrine éclectique exagérait la puissance du libre arbitre; la doctrine de l'évolution la nie, et, plus encore que la première, elle est en contradiction absolue avec tous les faits révélés par l'étude attentive de l'homme.
Rien ne prévaut donc contre cette thèse de la déchéance originelle. Le germe morbide est transmis par le premier homme et la première femme à toutes les générations qui leur succèdent ; tous les êtres humains en sont affaiblis et cependant l'homme garde toujours ses facultés premières : il reste libre, il reste sociable, capable de rédemp-
tion; l'obstacle est encore sur sa route, mais il peut l'écarter, marcher et progresser, avec un effort pénible, qui est d'autant plus méritoire.
Sans doute, dans ces luttes contre la déchéance ou pour la rédemption, on trouve des mystères dont la raison n'a pas le dernier mot, mais comment s'en étonner? L'ombre et la clarté sont dans l'univers, elles sont aussi dans l'homme et dans toutes les sphères qu'aborde son intelligence. En ce monde, nous n'aurons jamais Yultima ratio des choses. Ainsi les Hébreux, dans le désert, marchaient guidés par une colonne mystérieuse, tantôt sombre, tantôt lumineuse, mais qui ne les abandonnait j amais.