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I. —CHANGEMENTS PHONÉTIQUES

Dans l'histoire du langage, les évolutions phonétiques doivent être envisagées en premier lieu, car

1. L'histoire des idées et les méthodes (3^ et 4« parties) nous donneront l'occasion de serrer de plus près la nature et les caractères des phénomènes phonétiques (et analogiques). Nous nf donnons dans ce chaoitre que les principes généraux.

tous les autres changements leur sont plus ou moins subordonnés.

Quelles conditions président aux transformations de la prononciation? La science est arrivée à les fixer avec une grande précision, bien qu'on ne soit pas d'accord sur le principe originaire — causa

\ remota — du phénomène : cause anatomi(^ue, voire \ j ethnique, suivant les uns, — sociale selon les

M autres ^.

Toujours est-il que la cause immédiate principale est hors de doute : elle est physiologique, elle résulte de l'adaptation croissante des sons aux dispositions et aux habitudes organiques qui changent

, hautement avec les générations; elle se manifeste

i par les actions et réactions réciproques des sons voisins dans les mots, qui tendent à combiner toujours plus étroitement leurs points d'articulation. C'est ce principe qu'on avait entrevu jadis lorsqu'on parlait de la u loi du moindre effort ». Mais cette formule, empruntée à la mécanique, pouvait, comme je l'ai montré ailleurs 2, prêter à amphibologie : car elle était fausse si l'on faisait « effort » synonyme de u travail fourni ». Le groupe latin ca exigeait moins de travail musculaire que le groupe tcha (ou iche) qui en dériva dans la France du Nord et qui correspond à la prononciation du Moyen Age « tchanter » (lat. cantnre) : si l'évolution phonétique s'est produite dans ce sens, c'est que, néanmoins, les organes de nos ancêtres étaient mieux adaptés à la

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