Ci-dessous, p
devant tous les phénomènes de la nature, n'a pas à enseigner et à conseiller, mais à observer et à rendre raison des faits. « Nous apporterons à ces études, autant que possible, — déclarait Gaston Paris* — la disposition d'esprit que demandent les sciences naturelles, cherchant non à juger ni à prouver^ maisà connaître et à comprendre, rassemblant soigneusement les faits, les groupant d'après leur analogie et leur importance, et laissant se dégager de leur rapprochement seul la vérité qu'ils démontrent ou l'hypothèse qu'ils suggèrent. Nous ne chercherons rien au delà. » ^
Une autre caractéristique de l'orientation scientifique, qui s'accuse davantage avec le dernier tiers du xix* siècle, c'est la spécialisation toujours croissante des recherches linguistiques. Curtius se cantonne dans le grec, Corssen dans le latin. Un champ d'observation de plus en plus vaste s'ouvrant à la curiosité des savants, il devient désormais impossible d'embrasser l'ensemble des connaissances linguistiques. Aux langues indo-européennes classiques viennent se joindre l'arménien,, l'ancien persan, le vieux slave, le celtique; l'étude des langues modernes se développe et va bientôt se compliquer de l'étude des patois. La famille sémitique est étudiée à son tour et synthétisée par Benfey, puis les familles fînno-ougrienne. chinoise, bantoue ; tous les idiomes des populations primitives des deux mondes apportent leur contingent précieux d'observations et de faits.