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Tunité dite réelle des choses, l'identité extra ou supralogique des phénomènes.
Dans les pages suivantes, des idées seront énoncées qui pourront paraître fausses à certains esprits; et des appréciations seront formulées qui « préviendront défavorablement le lecteur », comme dit Lamarck dans sa Philosophie zoologique^ « par le seul ascendant qu'ont toujours les idées généralement admises sur celles qui tendent à les faire rejeter ».
Deux thèses, en particulier, nous semblent encourir cette fâcheuse présomption.
La première refuse d'accueiUir, parmi les doctrines constituant l'originalité philosophique du dix-neuvième siècle, les constructions spéculatives qui n'ont pas pris corps dans les trois systèmes contemporains et seuls florissants du criticisme, du positivisme et de révolutionnisme.
Et la seconde consiste à concevoir ces systèmes eux-mêmes comme les variétés d'une espèce unique, comme les manifestations strictement parallèles d'un fonds commun de croyances et d'hypothèses générales.
Or il parait certain que, si nous parvenons à démontrer ces deux thèses, nous mécontentons les philosophes de toutes les écoles; que si, au contraire, nos preuves sont jugées insuffisantes, nous nous exposons au reproche de superficialité.
Mais une pareille alternative, du reste fréquente en
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philosophie, ne saurait détourner du but la conscience du chercheur.
L'identité fondamentale de la pensée du siècle s'affirme avec force dans Tordre des problèmes psychologiques. La convergence de plus en plus nécessaire et rapide des grandes idées directrices se manifeste par les théories régnantes de la connaissance, par le relativisme devenu prépondérant, par le triomphe de Tagnosticisme.
Elle se révèle, en outre, dans les conceptions similaires que les systèmes les plus variés se forment non seulement de la philosophie, de ses caractères essen* tiels, de sa méthode et des fins qu'elle doit poursuivre, mais encore de la marche générale de son développement ou des lois scientifiques qui gouvernent son évolution.
Tous ces points seront successivement discutés par nous.
Quant à Tordre dans lequel nous traiterons ces questions complexes et délicates, il semble clairement indiqué par la nature de notre sujet.
Ainsi, une première division de ce travail sera consacrée à la caractéristique sommaire du criticisme, du positivisme et de Tévolutionnisme, et à la revue succincte de leurs affinités les plus frappantes.
Une seconde partie renfermera la critique comparée des conceptions maîtresses sur la philosophie, sa nature
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et sa fia, imaginées par les trois grandes doctrines du XIX® siècle.
Nous rechercherons ensuite les conditions essentielles qui garantissent ou qui faussent l'emploi des méthodes philosophiques les plus usitées.
Nous procéderons plus tard au groupement des idées générales que les mêmes écoles professent sur la nature et le but de la science psychologique ainsi que sur les liens qui la rattachent à la philosophie propre* ment dite.
Dans nos derniers chapitres, enfin, nous examinerons le problème si important de révolution de la philosophie. Nous montrerons comment il fut posé par les systèmes modernes, et comment ils tentèrent de le résoudre.
Paris, avril 1891.
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