Ibid., p
LA SÉRI£ INTELLECT (JBLLE 219
réaction philosophique, favorable à la métaphysique, et opposée à la théologie. Eu accomplissant la destruction du polythéisme, la métaphysique s'empare, dès cette époque, de Tétude du monde extérieur ^ » L'erreur — avons-nous besoin de le dire? — est contenue dans la dernière phrase, et la vérité dans celle qui précède.
Citons enfin, à Tiqppui des idées que nous défendons ici contre Comte lui-même et la majorité des philosophes de notre temps, cette remarque décisive du fondateur du positivisme : « Toutes les grandes modifications de Tesprit religieux ont été déterminées par le développement de l'esprit scientifique. Si l'homme n'avait pas été plus capable de comparer, d'abstraire, de généraliser et de prévoir que ne le sont les singes et les carnassiers, il aurait indéfiniment persisté dans le fétichisme plus ou moins grossier où les retient leur imparfaite organisation ; mais son intelligence est propre à apprécier la similitude des phénomènes, et à reconnaître leur succession*... Le passage du fétichisme au polythéisme constitue le premier résultat général de l'esprit d'observation et d'induction, qui s'est développé d'abord chez les hommes supérieurs, et à leur sjiite dans la multitude \ »
Nous croyons avoir réuni ici avec impartialité tous les passages un peu saillants dans lesquels Comte se réfute lui-même et laisse entrevoir la possibilité d'une conception plus large et plus vraie de la marche générale du développement philosophique.
Ces contradictions, on le voit, ne sont pas nom-