‹ La philosophie du siècle [microform]; criticisme--positivisme--évolutionismeChapitre 10 sur 69 · Clay, LWlternative. Paris, AIcai>, 1886, p. 2i · texte numérisé non relu

Clay, LWlternative. Paris, AIcai>, 1886, p. 2i

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LE POSITIVISME

dépasser la borne. Il eût pu se maintenir sur la penle sans tomber dans la métaphysique même '. »

L'accusation de métaphysique inconsciente portée ici contre le positivisme nous semble juste.

Néanmoins M. Clay nous panu't l'aggraver inutilement quand il suppose que le positivisme aurait pu se maintenir sur ce que l'auteur appelle « une penle inclinée vers la métaphysique ». M. Clay ne voit pas que l'action déduclive et la réaction induclive durent naître sous l'influence de la loi de corrélation entre la science et la philosophie, car les déductions et les inductions, les axiomes et les connaissances non garanties par les principes logiques sont également des données scienliliques. Il ne voit pas non plus que la réaction inductive ou empirique devait nécessairement devenir aussi métaphysique que l'action déductive ou rationaliste. Ce double mouvement n'est qu'ime évolution partielle, enveloppée dans une évolution générale qui a produit l'ancienne philosophie avec ses variétés déductives et iuductives et qui produira, à l'heure propice, le type d'une nouvelle philosophie.

La philosophie positive est un phénomène de réaction contre la métaphysique. Mais, précisément pour cela, elle reste encore une métaphysique, destinée par conséquent à disparaître dès qu'elle aura rempli son but. Comte résume les avantages essentiels de sa doctrine en disant que « l'anthropomorphisme est un expédient si naturel que, même dans l'état le plus avancé de son évolution, l'homme n'a pu y renoncer qu'en se reslrei-

gnant à la détermination des lois des phénomènes, abstraction faite de leurs causes » \ Cependant, si enraciné que soit dans notre esprit l'anthropomorphisme, il ne peut prétendre à une durée éternelle. Un jour viendra où cette maladie du bas âge de l'humanité «ne la menacera plus, et où le grand remède empirique du positivisme, la résolution de borner la spéculation à la simple recherclie de la connaissance sans garantie, ne trouvera que des occasions de moius en moins fréquentes de s'appliquer.

On ne discute plus aujourd'hui ce point de l'histoire de la philosophie : la fdiation étroite qui relie le positivisme aux penseurs matérialistes et sensualistes du xvui° siècle, dont Auguste Comte eut le grand mérite de renouer la tradition au moment même, dit l'un de ses récents biographes, « où la réaction et la peur venaient de s'unir pour mettre au monde, en France et un peu partout ailleurs, l'avorton de l'éclectisme ». Cette reprise d'une évolution épuisée en apparence, niais ne subissant qu'un arrêt temporaire, constitue le grand titre de gloire d'Auguste Comte. On ne pourrait justifier les prétentions du positivisme à une autre originalité qui en eût fait, dans l'ordre des produits socioidéologiques, une création absolument nouvelle et semblable, par exemple, à la reconstitution de l'astronomie et de la chimie sur les ruines de l'astrologie et de l'alchimie. Mais de telles prétentions, toujours très sincères chez Comte et ses disciples, les amenèrent à traiter de haut les synthèses matérialistes et sensualistes

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