Clay, L'Alternative, p
!. Cours, résumé par Rig, H, p. l'y.].
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LA PHILOSOPHIE Dr SIÈCLE
LE POSITIVISME
de leurs prédécesseurs. Celte illusion, d'ailleurs naturelle, induisit le positivisme à exagérer la portée de la loi empirique des trois états. Los positivistes ne comprirent jamais la liaison directe de renseud)lc du mouvement philosophique avec révolution scientifique. Leur aveuglement h cet égard fut excessif, et ils laissèrent échapper la fortune qui s'offrait aux fondateurs de la nouvelle science sociale, Toccasion unique d'en appliquer les méthodes à l'investigation dos principaux faits de l'histoire de la philosophie.
Le positivisme, avons-nous dit, rentre dans la grande famille des conceptions métaphysiques qui ne sont ellesmêmes, comme Comte l'a si hion vu, qu'une modification nécessaire des concepts théologiques. Le positivisme n'est pas la philosophie des sciences, non seulement parce que la série de ces dernières otfre des lacunes importantes, — ohstacle matériel et extérieur, — mais encore et surtout parce que les philosophes modernes, positivistes aussi bien que crilicistes et évolutionnistos, se font une idée fausse de la philosophie scientifique qu'ils prétendent avoir pour mission de fonder. ïls ne la distinguent pas nettement des sciences particulières et lui prêtent volontiers les méthodes de celles-ci.
C'est à l'injudicieuse application de la méthode hypothétique, employée concurremment avec les procédés directs du raisonnement vulgaire, que nous devons les grandes constructions métaphysiques et Ihéologiques. La philosophie positive qui admet l'hypothèse de l'inconnaissable, qui érige le relativisme de la connaissance en dogme fondamental de notre conception du
monde, qui prône les méthodes directes du bon sens, qui aboutit à un monisme sociologique ou moral, se satisfait donc encore, comme le crilicisme et l'évolutionnisme avec lesquels tous ces points lui sont communs, d'une nouvelle transformation des anciens modes de généraliser.
Par ses origines, le positivisme remonte, d^ailleurs, à la plus haute antiquité. Prolagoras commençant le livre pour lequel il fut chassé d'Athènes par ces simples mots : « Quant aux dieux, j'ignore s'ils sont ou ne sont pas », nous donne déjà une des formules les plus populaires du positivisme moderne. Auguste Comte avouait volontiers iui-méme notre ignorance sur l'origine de l'évolution des théories positives qui rallient d'abord les phénomènes astronomiques, ensuite ceux de la physique terrestre, etc. \ Mais, durant toute sa préhistoire et jusqu'au xvir siècle de notre ère à peu près, le positivisme demeura une aspiration vague, une tendance plutôt négative de l'esprit généralisateur qui sentait instinctivement le besoin de dépasser l'étape métaphysique, comme il avait déjà dépassé l'étape thrologique. De ce besoin naquirent, d'abord, le mouvement encyclopédique, encore très superficiel, du xvin^' siècle et, immédiatement après, les tendances philosophiques actuelles, plus profondes et plus systématiques.
La philosophie moderne cherche à secouer le joug de la loi de différenciation qui régit jusqu'à présent la métaphysique; elle ne veut plus être matérialiste, ni idéaliste, ni sensualiste. Mais, précisément par suite de