L ÉVOLUTIONNISME
chez La Mettrie, chez d'Holhach, chez Volnev. Et l'idée mère de la loi de l'évolution perce déjà dans ces paroles de Goethe sur les formes organiques : « L'être vivant n'est pas unique, mais multiple; même quand il nous apparaît comme individu, il n'en reste pas moins une collection d'êtres vivants, distincts, qui sont égaux idéalement et virtuellement, mais qui peuvent, dans la manifestation phénoménale, devenir égaux ou semblables, inégaux ou dissemblables.... Plus la créature est imparfaite, plus ses parties sont égales ou semblables les unes aux autres, et plus elles ressemblent au tout.... Plus les parties se ressemblent, moins elles sont subordonnées les unes aux aulres. La subordination des parlies indique une créature plus parfaite, etc. *. »
La philosophie de Kant elle-même, loin d'entraver le concept évolutionniste, ne pouvait que favoriser son développemenî, puisqu'elle tendait à expliquer l'opposition de la multiplicité à l'unité comme une conséquence de notre organisation et à admettre que, dans le monde des choses en soi, celte opposition n'existait pas ou se conciliait d'une manière à nous inconnue ^ Faut-il enfin rappeler l'influence exercée sur la philosophie de l'évolution par les beaux travaux de Laplace, de Lamarck, de Darwin? Mais un progrès plus décisif encore signala l'application du principe diff'érentiel aux sociétés humaines. Cette extension finale pouvait seule donner un caractère apparent d'universalité à l'hypothèse mécanique qui avait déjà envahi le domaine de la biologie. La tache fut accomplie par Spencer et, avant lui,
1. Virchow., Vier Reden ûber Lefmi und Kranksein. Berlin, 1862.