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(le cDiii'hiT Idiiles les conscionciîs devant celui doiil on iVrail, ose (lire un jour MoiUaleinberl, -< l'idole du Vylic.in ». (lest rt'peiulniit ce qui .irrivi'ia sous \o ponlificat de Pie IX. Ce pape ose arconiplii" trois <,M-auds actes, et l'univers catholique s'iiicliuc. Le S S('pt('ud)re IHrii, comme pour atïninciru i';iit son droit, (pii n'est pas encore reconnu, il décrète, à lui seul, un nouveau dogme: l'immaculée Conception de la Vierge, et il a soin de noter (pi'il n'a pas eu besoin du concours des évoques : ils étaient là, mais ils n'ont ni délibéré, ni jugé : adsttintibus, non jndicantibus. Le 8 décembre ISfii il pid)lie et le 21 décembre il envoie aux prélats du monde entier l'encyclique Quanta cura, condamnation de toutes les grandes « erreurs » de notre tem|)s, pliilosopbiques, politiques et sociales. Un résumé ou st/làibus les énumère en (piatre-vingts articles, dont voici le dernier: c'est une erreur, digne d'anatlième, de soutenir que « le pontife romain peut et doit se réconcilier et entrer en comj)osilion avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne » {Ro?nanus pontifex potpsl ac débet runi prof/ressu, rum liberalismo etcum rcrenti civilitate se.se re( onciUare et componere). Pie IX sél)are ainsi nettement de la société civile la société religieuse avec ses principes et ses dogmes. Enfln, le 18 juillet 1870, après les longues discussions d'un concile réuni comme pour protester contre les coups portés au pouvoir temporel, le pape promidgue un nouveau dogme qui lui confère, lorsqu'il parle du haut de sa chaire |)onlillcale, rx cathedra, comme docteur et comme pasteur, sur des questions de foi ou de inieuis, une aulorib' infaillible. Lo Correspondant, revue du calholicisme libéral en Fiance, annonce d'ailleurs, le 24 juillet 187»), que « fpiatnî-vingt-huitévéques, parmi lesquels, di!-il, figurent les noms les plus illustres et qui nous sont les plus cliers, n'ont pas cru pouvoir s'associer à celte décision, et se sont abstenus même d'assister à la pronudgation publique >>.
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Un successeur de Lacordaire pour la prédication, le P. Hyacintlie, dominicain comme lui, fait plus encore: dès 1869, par un schisme éclatant, il rompt avec lÉgiise romaine, malgré les adjurations de Montalemberl. Celui-ci meurt en mars 1870, à temps pour ne pas voir les désastres de la patrie ni la décision du concile. Si l'on demande ce qu'il aurait fait au lendemain du 18 juillet, devant l'infaillibilité du pape : il avait promis de se soumettre, il se serait soumis. Et Lacordaire aussi se serait soumis, s'il eût été là, comme il avait fait déjà en 1832, lorsqu'il s'était séparé de Lamennais, et plus tard en 1850, lorsque, dénoncé à propos d'une phrase malsonnante sur la puissance coercitive qui appartient à l'autorité ecclésiastique, il avait reconnu, à Rome, que l'Église catholique peut « non seulement corriger par des conseils et des exhortations ses enfants rebelles, mais encore leur imposer dans le for extérieur des peines salutaires » ; une troisième soumission ne lui eût pas coûté davantage. D'ailleurs ce serait bien mal connaître Tàme d'un catholique que d'avoir là-dessus le moindre doute. Jadis, à pro])os du mouvement de la terre, Galilée avait bien pu dire, en dépit du tribunal ecclésiastique qui venait de le condamner: « Et pourtant la terre tourne. » Par ses calculs et ses observations, Galilée en était certain, d'une certitude scientifique, et qui tôt ou tard, il le savait bien, s'imposerait à tous les esprits. Mais qui donc parmi les catholiques, au sortir de la séance où fut proclamée l'infaillibilité du pape, aurait osé dire en son cœur : « Et pourtant Pie IX n'est pas infaillible? » Pourquoi donc ne le serait-il pas, si l'Éghse, c'est-à-dire si Dieu le veut? Et le môme catholique libéral, retrouvant ailleurs toute sa foi, soutiendra que les conciles sont infaillibles, sans doute parce qu'il juge raisonnable que la vérité se manifeste à quelques centaines de docteurs graves plutôt qu'à un seul homme ! Mais c'est là un vieux
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i*i>slo (II' r.-ilion.'ilismc, si!iu;tilii"'i'('inriil (ir'pl.icf- clicz iiii croyant: (|iriiM|)(»rli' ce qui par.iîl plus i'aisoniial)lc, piiis(|iie cp n't'sl pas la raison jiiiiiiaiiit' qui d/'cido dans un concili'? (Vt'sl (pirlcpio cjioso (le siqu'-iifur a la l'aison, ol (|iii la surpasse cl la doiniiK' ; ce n'osl j)as lo raisoniH'inciil drs lioMunes, c'est l'P^spril de hiiii. Or IimiucI est le plll^ \r.iisiMidilable, (pio ct't Kspril de Dieu se i'«''vùle snrnaluielleintMil à (juelqui's centaines d'ijomuies, ou bien à un seul, (pii est déjà l'f'du df Dieu? Soit (pie tout un concile décide, soit seuleiuenl le pape, la décision est inspirée du Sainl- Kspi-it; elle est donc surnaturelle, elle est miraculeuse. Siedil bien ;i des boninies de poseï- leurs conditions h Dieu, lorsqu'il o|)ère un miracle, de lui dire : >'ous admettons (jue vous vous révéliez à neuf cents Pères assemblés en concile, mais non |ias à leur cher, le |)a|)e, qui est b^ père comuinn de Ions les lidèles .' Kn coùle-t-il da\anlafj;e à Dieu de r<'\(''ler ses décrets à un seul homme pbilAt (|u'à plusieurs, et le mii-aele est-il dune plus ;i;raii(l d une fa(;on que de l'autre .' V.u tout cas. un honune. surloul uii iKunnie de foi. un fidèle, un chiétien, n'a pas à venir ainsi marchander à Dieu ses miracles. Ou'iin incroyant doute de linfaillibililé du pape, cela se conçoit : il doutait déjà de l'infaillibilité des conciles. Mais mi ••a(|i(tli(iiie. (pu croxail en ceux-ci, pourquoi ne croirait-il pas, et plus lermenienl encore, au vicaire de .b'-susr.brisl sur la terre, au représentant de Dieu pai'mi les bouunes ?
."». fiONCLisioN. — I,es événements, on le voit, ou! léalisé a demi les prophéties de Honald et de Joseph de Maislre. Ils révaii'ul la double su|)ré(ualie du i)ape, au temporel connue au spirituel, et leur idéal était le pouvoir absolu dans la politique aussi bien ipie dans la reli};ion. (Vi'lail tiop demaiidi-r a la fois, et. des drti\ choses, une seulenieni de\;iiL
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avoir son plein ofTet. La prérogative qu'ils réclamaient pour les rois dans la société civile, le ])ape seul a réussi à l'obtenir dans IKglise : là son autorilé est infaillible. Sur les questions de foi el uiéiuc aussi de mœurs, sa parole est écoutée comme la voix de Dieu ; une foiMUule de lui peut devenii- un dogme. « Je ci'ois, disait dès la lin de 1809 M. Foisset, un catbolique libéral, mais qui prévoyait le triomphe prochain de l'absolutisme h Rome, et qui prenait les devants pour mettre en sûreté sa conscience, je crois que Dieu ne permettra ja:i!ais que le pape enseigne l'erreur, lorsqu'il parle ex cathedra Pétri. » Là-dessus Joseph de Maistre a donc enfin gain de cause. Mais, d'autre part, l'Église se dégage prudemment, dans la politique, de toute soUdarité avec les monarchies absolues ; elle avait eu d'ailleurs autrefois à s'en plaindre encore plus qu'à s'en louer, surtout lorsqu'elle rencontrait devant elle un Louis XIV ou un Napoléon. Elle comprend enfin que la liberté dans les États lui est peut-être favorable, et qu'elle trouvera les peuples plus accommodants que les rois. Elle ne répudie désormais aucune forme de gouvernement, elle s'efTorce de n'être plus hostile à la démocratie, qui a pour elle l'avenir, et elle devient indifférente à la fortune des monarchies d'autrefois. Bien plus, le régime du suffrage universel lui paraît un instrument qui peut aussi lui servir ; déjà elle est intervenue dans les élections en pays d'empire, en Allemagne même, encore plus nettement qu'en France, et cela non par des conseils et des avis seulement, mais par des instructions qui n'allaient à rien moins qu'à faire de leur vote un cas de conscience pour les électeurs ; les conditions nouvelles de la vie politique produisent, même au point de vue rehgieux, de nouveaux devoirs et de nouveaux péchés, que certains évéques ont grand soin de mentionner dans leurs catéchismes: le devoir électoral et le péché électoral. L"Église, en cessant de faire cause comnmne avec
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les iiiiniarcliies absolues, ne s'est point pour cela desinléressée de la politi(|tie; mais, après avoir assuré l'unité de son gouvernement intérieur, et décuplé par la sa force d'action, eljt' i"e|ircii(l son ceuvi-e dans les alTaires du siècle avec une larti(iue nouvidle. Absolutisme chrétien, libéralisme catludiijue, socialisme chrétien, ont été successivement en laveur auprès d'elle. Pourvu ([ue la doctrine religieuse (IrMK'iMt^ loiijoins la même, elle pciil l'aire alliance, en elTcl, Mionii-nliiin'iiifiit avec Irllo ou telle docliine politique, lionald et Joseph de Maistre, et (pudcpie lemps aussi Lamennais, ont cru de 1 intérêt de l'Kglise quelle prît |)arti i)our labsolulisme dans la société civile. Mais bientôt Lamennais, Lacordairc et Monlalembci-t jiigèi-ent pn-lérable qu'elle se déclai'àt pour le libéralisme. Puis Lamennais encoie, non sans la compron)etti'(» en c(; temps-là, en aurait fait volontiers ralliée du socialisme ; lui-même d'ailleins ne s'en rendait pas compte, n'é'tant socialiste (pie de tendance, et non pas de doctrine. Mais à lioiiir la religion elle-même se tient soigneusement en dehors de toutes les philosophies politi(]ues et sociales, de peur d'être entraînée dans leurs variations,
l'Ile y iN'Ussit par sa fameuse disliiKMiou de la llirsr (^t (h^S • /n/iKjthèscs. L'une est la vérité religieuse, établie par Dieu lui-même dans une région supérieure à tout changement. Les autres sont les théories des hommes sur legouvernement des sociétés humaines: changeantes de lein- nature, elles ne peuvent |)n'lendre (pi'à une viirilé rel.ilive, (|ui n'esl jamais absoliMoent silre d'elle-même. L'Kglise les admet sous cette condition, elle s'en sert au mieux de ses intérêts, mais sans leur reconnaître le caractère de vérité absolue qui n'appartient qu'à ses propres thèses. Klle ne i^'ut souffrir, par conséquent, qu'on oppose à celles-ci des hyj)othèses humaines, élevées au rang de thèses, non moins inébranlables que les autres. Ce
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fut le crime do la Révolution française, crime qui était un sacrilège ; elle proclamait des droits antérieurs et supérieurs à tout, des droits comme Dieu seul pouvait en établir, et elle les proclamait au nom de la raison. En conséquence, elle jugeait sur cet idéal nouveau tout le passé des peuples, y compris leur passé religieux, et le condamnait ; à son tour, elle dogmatisait, s'arrogeant presque les attributions de l'Église, traitant celle-ci d'égale à égale, ou, pis que cela, de supérieure à inférieure. Cette prétention à l'absolu, voilà ce que l'Église, sous peine de se renier elle-même, ne peut tolérer ailleurs qu'en elle seulement. Après avoir eu longtemps la haute main jadis sur les livres qui traitaient de l'interprétation de la nature, et les avoir accommodés à ses dogmes et à ses mystères, elle finit par abandonner le monde pbysique aux disputes des savants : c'était reconnaître enfin l'indépendance de la science moderne. Elle paraît faire un peu de même aujourd'hui à l'égard du monde moral et social, l'abandonnant aussi aux disputes des philosophes et des politiques, pourvu que le domaine des vérités religieuses soit réservé et respecté. Que nul ne touche à ses thèses, et elle permet tout ce qu'on voudra comme hypothèses. Mais cette dernière appellation, bien qu'assez dédaigneuse, peut être acceptée par la philosophie, ainsi que le partage qu'elle suppose. Les philosophes abandonnent volontiers aux théologiens leurs vérités surnaturelles, leurs thèses, comme ils les appellent orgueilleusement, ainsi que leurs prétentions à l'absolu. Ce sont choses dont la science ne s'occupe pas, n'ayant ni outil ni instrument pour vérifier le titre etle caractère surnaturel qu'on réclame en leur faveur. Elle s'est fait une règle de ne plus s'aventurer dans la région surnaturelle des mystères, à une condition cependant, c'est qu'on n'en sorte pas non plus pour inquiéter et gêner ses propres recherches. Celles-ci se font sans doute dans le monde des choses périssables, où l'on ne
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ptMil pivlcndn* f|ir;"i des pnrccllt's di' MM'iU'*, ol non pns à la V(''i'il<'* totale ; on le sait bien, mais (luiniporlc! Va pour des liy|)olh("»si's, si la science sociale surLonlcsl incapable de trouver niJiMiv. Tlirscs et hypothèses, c'est la distinclion de l'absidn t'I du rclalif ; t'I l'absolu, di' l'aveti de bi'aiicdiij). nt' |)t'iil «Mre désormais qu'un objt.'t de croyance, s'il n'est même toul à lait inconnaissable : c'est aussi d'ailleurs à la croyance ou a la foi ([ue sont proposées les thrses du calholicistne, et non pas à riut<'lli«rence des fidèles. Oiiant aii\ choses relatives, elles constihiriil le moud»' où se meut l'humanité, son propre monde à elh", (ju elle s'appli(jue à connaître et à régler. Les hypothèses pour cela succèdent aux hypothèses, toujours mieux appropriées aux besoins des temps. Les sociétés humaines chanj^i'Ut. mais |)arce quelles sont i'W marche vers im avfuii' meilleur, et (jui sera de plus eu plus leur œuvi'e ; clh's sont en progrès. L'Kglise, au contraire, met sa gloire à ne pas changei'; elh; |)i"t''len(l dt'mciirer innnobile dans la possession dfMhili\'.' d'uiir \''iilf'' (jircllc croit al)soluc,^parce ipi.' c'csl la révélation de him. Kllf est, disait en ÏHi'i.i .Monlalemberl au congres de M.dines, larche sainl(^ (jui Hotte sui' le ilelugr" toujours moulant de la dtMuocratie, et ne craint rien de ses flots. IMalun avait cru a|)ercevoir aussi ù l'horizon (•oiiiiiir lin \ aisseau de ce genre; mais modestement il se tenait ferme a la philoso|)liie (|u'il appelait en souriant un simple ladeau. L liundde radeau (jui Hotte sur l'abîme avance cependant, et c'est peut-être lui (|ui porte la foitune de l'humanité.