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au sérieux son devoir et son droit de penser.de son mieux, de charch0r le vrai et de renoncer, on . est iaxô ;de pédanterie ou d'orgueil pour oser déclarer ceci vrai ou cela faux, on se résigne aisément. On estime avec Fichte* que l'insolence et l'arrogance consistent bien plutôt à dire : Voici mon avis, il ne vaut pas mieux qu'un autre, je le donne parce qu'il est mien. Donnez-le à cause du rapport qu'il a au vrai, ou bien ce n'est pas la peine de parler ou d'écrire.
C'est manquer de respect à autrui et à la raison en autrui et en soi, que d'étaler aux gens ce que l'on pense personnellement, sajis viser au vrai et sans avoir la modeste mais ferme confiance qu'on s'en approche, que sur certains points on y touche.
Ce livre, donc, contient des jugements sur le temps présent, jugements sévères à l'occasion. Méconnaître son temps, c'est un malheur; en médire sottement et le calom-
1. Introduction à la vie bienheureuse^ onzième et dernière leçon.
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nier, c'est une faiblesse et une faute ; lâcher de le juger, cfest un devoir, pouf* quiconque prétend penser. « Être de son temps, comme dit quelque part M. Secretan', fut toujours la grande affaire pour le grand nombre; mais, lorsqu'il s'agit de l'avenir, il importe peut-être davantage d'appartenir au petit nombre qui juge son temps. »
. Il s'agit ici de l'avenir. Il s'agit de préparer, dans les dernières années de ce siècle fmissant, un renouveau qui fasse honneur il l'humanité. Chacun, si petit, si humble xpi'il soit, y doit travailler. Chacun, par ce qu'il dit et fait, hâte ou retarde en quelque .chose la décadence ou un regain de santé et de vigueur. Cela est, qu'on le sache ou non, qu'expressément on }e veuille ou non.
Il faut, le sachant et le voulant, contribuer à rétablir, à accroître la grandeur des esprits et des âmes, dans notre France et par elle dans le monde.
i. La civilisation et la croyance. Préface, page 8.
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Ce livre est né au milieu des jeunes gens. Qu'il soit permis à l'auteur de le leur adresser particulièrement. Il sait que beaucoup sont épris de philosophie. Il sait aussi que cette généreuse jeunesse, au moment d'entrer dans la voie, entend bien des appels divers* Elle rencontre des esprits qui la détournent des spéculations métaphysiques comme impuissantes, disentils, à donner jamais le savoir; et d'autres qui prétendent l'y convier par cela même; les uns veulent la confiner dans une philosophie dite scientifique^ les autres la conduire dans le pays des rêves, et il en est qui lui proposent surtout comme refuge suprême la foi^ une foi sans objet, sans relation précise avec la religion positive ni avec la raison même. A qui entendre? Que ces jeunes gens tentés de philosopher ne s'engagent point avec une idée encore indécise de ce qu'est la philosophie, de ce qu'ils en attendent, de ce qu'ils ont à faire pour elle. Indécise serait leur œuvre. Nous avons