‹ La philosophie et le temps présentChapitre 25 sur 46 · DB QUELQUES TRAITS DISTINCTIPS · texte numérisé non relu

DB QUELQUES TRAITS DISTINCTIPS

dent, et spéculation étant opposé à pratique^ « tout ce qui s'attache à la seule contemplation de la vérité » est dit spéculatif*.

Plus tard une signification nouvelle se produit : les calculs, les projets, les entreprises de finances, de banque, de commerce, d'industrie, sont nommées 6/7^ct//a/ton5.Condillac, dans son ouvrage sur le Commerce et le Gouvernement, en 1776, parle des « spéculations de la finance* ». C'est la signification qui a prévalu presque, car aujourd'hui c'est la plus répandue, celle qui s'oflfre tout d'abord à l'esprit de quiconque n'est ni savant ni philosophe. Même au sens d'étude et de recherche, le mot éveille souvent chez ceux qui réfléchissent peu une idée équivoque et suspecte : il fait penser à quelque chose de grand et de haut, mais de vain et de stérile ; il semble retenir du langage de la finance quelque analogie avec un calcul et un risque. Sans doute, Bossuet parlait déjà « des spéculatifs et des curieux qui, ayant rêvé dans leur cabinet sur des choses imperceptibles, sur des mystères éloignés des sens, font leurs idoles

speculacions et consideracions dignes et nobles. » Lanoue, aa XVI*, parle des « hautes et profondes spéculations » de saint Paul.

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