ORDRE DES CHAPITRES
C'est dans cette vue que Tauteur prend son point de départ dans une certaine conception nouvelle de la philosophie, qui la confond presque avec l'art. Il reconnaît qu'il y a des raisons de rapprocher la philosophie et l'art, et il les déve loppe ; mais il fait pressentir d'abord les dangers de celte conception.
Tel est l'objet du chapitre I^r^ intitulé :
D*ane conception nouvelle de la philosophie , et des raisons de rapprocher la philosophie et l'art. 1-47.
Sommaire du ehapitre !«>'. — Que c'est une grande nouveauté de se demander, comme on le fait aujourd'hui, si le philosophe ne serait pas, à tout prendre, un artiste, 1-2. — Que, tout en reconnaissant aux grands penseurs une sorte de tempérament poétique, on redoutait plutôt pour eux et ils redoutaient eux-mêmes une puissante imagination, 2-4.
Comment, au dix-septième siècle, les philosophes de profession ne voyaient guère par où l'art pouvait intéresser la philosophie, et qu'ils ne songeaient pas à l'intérêt que pouvait prendre aux choses de la pensée un artiste, quoique le temps ne fût pas loin où les artistes n'étaient point étrangers à la philosophie et étaient eux-mêmes des penseurs, 4-7. — Ce qu'était lart pour les grands artistes, notamment dans l'Italie du seizième siècle, 7-10. — Importance croissante donnée aujourd'hui en philosophie à la théorie de l'art, 10.
Comment les philosophes ont paru renoncer à l'ambition et à la prétention de savoir^ 10-15.
L'origine de ïart cherchée dans le jeu, 15-17. — Comment le philosophe semble un poète^ un artiste, qui joue et se joue dans ses conceptions, et que la remarque de Pascal sur Platon et Aristote se justifie, si l'on considère avec quelque attention d'abord Platon et Aristote, puis Descartes, puis Leibniz, même Malebranche et Spinoza, 18-31.
De l'illusion ou de la demi-illusion commune au philosophe et à l'artiste, et de la beauté morale commune à la haute philosophie et au grand art, 31-35.
Conclusion du chapitre, 35-37.
L'auteur insiste sur le danger de cette conception de la philosophie dans le chapitre II, intitulé :
De certaines façons frivoles de philosopher, qu'on croit justifier par le rapprochement entre la philosophie et l'art.
Ou, pour employer une formule brève.
Du dilettantisme en philosophie 39-52.
Sommaire du chapitre II. — Comment la philosophie, considérée comme un art, va se rabaissant par degrés, 39-40.
Le philosophe amateur, 40-42.
Le philosophe n*ayant guère d'autre souci que de faire preuve de talent, d'habileté à détruire ou à construire^ et dédaigneux de prouver ses assertions, 42-47.
Le philosophe égaré par le désir 6.' étonner y 47-51.
Charlatanisme, ou du moins dilettantisme. Conclusion du chapitre, 51-52.
C'est le moment de montrer que la philosophie est chose sérieuse, et comment.
D'où le chapitre III, intitulé ;
Du sérieux de la philosophie, et que c'est, à bien des égards, le sérieux de la science 53-63
Sommaire du chapitre III. — Que le philosophe veut connaître et, s'il se peut, comprendre, 53-57. — Que le philosophe procède avec méthode et est pourvu de preuves, 57-60. — Que le philosophe veut savoir, et que, de même que le savant, c'est au vrai qu'il vise dans ses démarches, 60-63.
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Suit-il de là que la philosophie soit une science? C'est la question traitée dans le chapitre IV, intitulé :
Des caractères de ce qui est science, et qu'entre science et philosophie il n'y a pas incompatibilité.
Ou, plus brièvement ;
La science et la philosophie 65-92.
Sommaire du chapitre lY. — Comment à ce grand mot « la Science », il faut d'abord substituer les sciences mathématiques
et physiques, et quels sont les caractères de ce qui est, dans cet ordre de connaissances, scientifiquement établi, 66-68. — Comment la démonstration et la vérification étant des procédés d'un usage universel, elles ont leur place en philosophie, 68-75.
Comment, dans les sciences mathématiques et physiques, il y a des tâtonnements et des disputes, 75-77. — Qu'en philosophie il y a des points fixes, mais que les parties mouvantes y sont plus remarquées que les points fermes, et pourquoi ; de ce qu'il faut entendre par affirmation positive ^ et qu'il y a de telles affirmations ailleurs que dans les sciences mathématiques et physiques, 77-80.
De l'équivalence prétendue entre science et déterminisme scientifique^ et d'une philosophie dite scientifique, 80-83. — Qu'il n'est pas prouvé que science et déterminisme scientifique ne fassent qu'un, ou, en d'autres termes, que l'explication dite scientifique épuise et satisfasse toute la curiosité, 83-86. — Que, d'autre part, en fait, il y a des assertions liées les unes aux autres autrement qu'en vertu de la loi dite de eausalité scientifique^ 86-89. — Que, d'ailleurs, le déterminisme scientifique lui-même, dans ses limites propres, ne se suffit pas complètement à lui-même, 89-91.
Conclusion du chapitre : La conception de la science qui tend à prévaloir actuellement n'est point l'idée même de la science : cette conception, qui est trop étroite, est exclusive de la philosophie ; mais, entre la science sans restriction et la philosophie, il n'y a aucune incompatibilité, 91-92.
C'est le lieu d'examiner ce que c'est que précision. Cette étude remplit le chapitre V, intitulé : Diverses sortes de précision 93-119.
Sommaire du chapitre V. — Ce que c'est que précision du trait, du tir, etc., et ce que c'est que précision dans l'ordre intellectuel, 93-97.
Que la précision rigoureuse a lieu dans le domaine des abstractions pures, 97. — Des caractères des mots désignant des choses réelles, et comment ils sont pleins et riches, com-
ment ils ont de la couleur et de Télan, qu'on les peut dire vivants, et que, néanmoins, ils ne manquent pas de précision, 97-100. — De l'a peu près^ et de ce qu'il y a lieu de faire pour l'éviter, 100-101. — De la précision qu'on peut nommer poétique, et d'un exemple de cette précision emprunté à Racine, 102. — D'une précision qui est scientifique, sans être mathématique, souple et vive, sans être poétique, et de l'exemple qu'en fournit la psychologie, 103-105. — Que la précision mathématique n'est que restrictive, et que l'autre est expressive et suggestive, 103-106.
Qu'il y a deux sortes d'analyses .• celle qui décompose le tout donné en ses éléments, et celle qui, au sein du tout donné, découvre ce qui en est l'àme, un principe, 106-109.
Que les mots peuvent avoir de l'ombre et du mystère, et que la parole, quand elle enveloppe pour ainsi dire l'infini, a encore sa précision, 109-110. — Une fresque de Michel-Ange, quelques vers de Virgile, une Pensée de Pascal, une Méditation de Lamartine; Dante et Milton; le lyrisme, Pindare, les Psaumes, V Apocalypse, et ce qu'en dit Bossuet, 110-113. — Différence entre le vague et l'obscurité, et la raison de ce que l'on peut nommer le mystère des mots, 113-115.
Remarques finales sur la précision littérale des formules et des définitions, et sur la liberté qu'elle laisse néanmoins de penser au delà de la formule même, liberté d'autant plus grande que l'objet du savoir est lui-même vivant d'une vie plus complexe, plus délicate et plus haute, 115-119.
Eclairé sur la nature de la précision et sur les exigences de Tesprit scientifique en fait de précision, on est en mesure maintenant de reconnaître que la philosophie est science, mais on voit en même temps, de plus en plus, qu'elle n'est pas une science comme une autre.
C'est ce qu'il s'agit d'établir dans le chapitre VI, intitulé ;
Que la philosophie n'est pas une science comme une autre, et pourquoi.
Ou, un peu plus brièvement;
De quelques traits distinctifs de l'œuvi'e philosophique 121-139.
Sommaire du chapitre TI. — Coup d*œil sur la diversité des manières de philosopher, 121-123.
De la marque personnelle de l'œuvre philosophique et du caractère liUéraire et partant humain de la philosophie, 123-
Du caractère doctrinal de la philosophie, et en quel sens Tœuvre du philosophe est un essaie en quel sens elle a une autorité magistrale, 127-131. — Du rôle de la définition dans une doctrine, et comment il faut p^fi^^r pour recevoir et pour conserver la doctrine, 131-134.
Comment l'œuvre du philosophe est spéculation, 134-139.
Conclusion : La philosophie est science, mais elle n'est pas une science comme les autres, 139.
Pour mieux entendre ce qu'est l'œuvre du philosophe, il faut ne plus considérer la philosophie en gros et tout court, mais examiner les diverses parties ou les divers aspects qu'on y peut distinguer.
C'est l'objet du chapitre VII, intitulé :
Des divers aspects de la philosophie, et des raisons de distinguer plusieurs sortes de philosophie, 141-149*
Sommaire du chapitre VU. — Que le philosophe peut, dans ses recherches, avoir pour objet ou un point de départ, ou des conclusions finales, ou l'entre-deux, et qu'il peut y avoir deux manières d'être hardi ou prudent en philosophant, 141- 144. — De la philosophie transcendante, et de la philosophie commencée ou commençante, 144-145. — De la philosophie dite élémentaire, 145-146. — De la philosophie populaire et de ses diverses formes, 146-147. — De la haute philosophie et de ses diverses formes, 147-148.
Pourquoi tout cela est-ce toujours philosopher? 149.
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Quels sont donc les caractères essentiels de ce qui est philosophique?
C'est à les exposer qu'est consacré le chapitre VIII, intitulé:
Des caraotères essentiels de ^e qui est philosophique.
Ou encore :
Des caractères essentiels de la pensée philosophique 151-163.
Sommaire dn chapitre Vm. — Des sciences dites philosophiques, et de ce qui leur mérite cette appellation, 151-153. — Que la logique, par exemple, est une science philosophique, parce qu'elle a une portée universeUCy étant, d'une part, critique fondamentale et partant universelle, et étant, d'autre part, spéculation métaphysique^ c'est-à-dire telle que la question du principe et du sens de l'univers y est directement engagée, 153-155. — Que ce qui a un intérêt universel a, par cela même, un intérêt humain^ 155-156. — Que toute science où cet intérêt universel et humain naît d'emblée du sein même des choses étudiées, et de telle manière que sans cela l'étude est incomplète et défectueuse, que toute science de cette sorte est philosophique, 156-157. — Comment et pourquoi la psychologie est une science philosophique, 157- 161. — Que pour philosopher, il faut proprement penser^ 161-
Conclusion du chapitre : Tout ce qui implique une critique à fond et un essai d'explication dernière est philosophique; et cela a lieu partout où, pour connaître, il faut proprement penser, car penser proprement, c'est précisément aller avec sa pensée au fond des choses et à ce qui est, 163.
Ici commence ce qui constitue d'abord un apprentissage ou une propédeu tique universelle, et ensuite les prolégomènes de la philosophie.
Cette étude remplit le chapitre IX, intitulé :
De ce qu'on peut appeler philosophie préparatoire ou préliminaire, et comment cette sorte de philosophie est science.
Ou, plus brièvement ;
De la préparation à la philosophie ... « 163-202.
Sommaire du ehapitre IX. — Résumé de ce qui précède, 165-
Que se préparer à philosopher, c'est déjà philosopher, et comment cette préparation est Texamen de conscience intellectuel de rhomme qui se résout et se dispose à penser, et l'acte de virilité par lequel un esprit prend possession de lui-même; comment c'est aussi, à partir de là, toute la série d'études préliminaires entreprises en vue d'expliquer les choses par leurs fondamentales et dernières raisons; or, une telle préparation est-elle science? 166-167.
I. Qu'il faut procéder d'abord à une revue des idées qu'on a dans l'esprit, à une enquête destinée à en apprécier la valeur, 167-168.
1. Que, dès lors, il faut commencer par étudier ce qui est une condition fondamentale de la pensée, et que la logique est très véritablement une propédeulique universelle, 168-170.
2. Qu'il faut ensuite étudier les sciences proprement dites, et dans quel esprit : soit les sciences mathématiques et les sciences physiques, chimiques, biologiques, soit les sciences historiques et, plus généralement, les sciences morales; et qu'il faut constituer une philosophie des sciences, d'abord des sciences de la nature, puis des sciences de l'homme, 170-174. — Cette philosophie des sciences est une critique, 174-176. — Elle est une synthèse, ou science des sciences, 176-177.
3. Qu'il faut faire aussi la critique des idées dominantes et dirigeantes, 177.
A. Qu'il y a d'abord les maximes régnantes; de ce qu'il faut entendre par être de son temps; de deux ou trois idées maîtresses dans le temps présent : des idées d'évolution et de devenir; de Vobjeciif et du subjectif; de V inconnaissable ; du naturalisme contemporain, 177-187.
B. Qu'il y a des notions communes, qui sont, ou les pre-
mières idées que Ton se fait des choses, simplement, naïvement, ou des règles d'un usage général, 187-188.
a. Qu'il faut faire la critique de ces premières idées, et qu'il y a lieu de distinguer plusieurs sortes et plusieurs degrés de sens commun, 188-191. — Des idées vraiment fondamentales, 191-193.
p. Qu'il faut faire la critique des règles d'un usage général, ou principes, et comment on peut mettre en relief ce qui est constitutif de la pensée humaine, puis ce qui est règle primordiale de toute pensée, 193-197.
II. Qu'il faut recueillir les leçons que dous donnent les faits et les choses, et qu'il faut aller à l'école de la vie, 197- 198. — De l'utilité des voyages; de l'avantage inappréciable d'une culture générale par la littérature et les arts; de la nécessité de vivre de la vie morale et religieuse. De la nécessité de considérer, non pas toujours en savant, mais en homme, les grands faits naturels, les faits sociaux, les faits moraux et religieux. De la philosophie des choses ou philosophie de la vie, qui doit s'ajouter à la philosophie des sciences, 197-201.
Conclusion du chapitre : Cette philosophie qui se prépare, cette philosophie considérée en ses prolégomènes est science, 201-202.
Il est temps de considérer la philosophie proprement dite ou philosophie tout court.
L'auteur en décrit les procédés et en trace l'esquisse dans le chapitre X, intitulé :
De la philosophie première, ou métaphysique, et en quoi elle est science 203-230.
Sommaire du chapitre X. — Des caractères de ce qui est métaphysique; que la métaphysique va à ce qui est, à l'essence, à l'être; qu'elle est science, non comme le reste, mais autant et finalement plus et mieux que le reste, 203-203.
Que l'exploration métaphysique est double, ayant pour objet ou les idées, ou les élres, 205.