CHAPITRE IX
Les Sophistes : Protagoras, Gorgias, ProdikoSy Hippias.
Si tous les Sophistes avaient été des sceptiques et des jongleurs d^idées, des utilitaires avides de gain et d'applaudissements, il serait plus aisé qu'il ne Test de parler d'eux brièvement, car très pauvre serait leur pensée, et très monotone l'histoire de la Sophistique.Mais il n'en est pas ainsi, comme il résulte de la revision, assez récente, de leur procès. Le jour viendra bientôt où l'on hésitera à parler d'eux en bloc, à employer pour désigner leurs doctrines un vocable unique, comme s'ils avaient formé une école. Il n'y a pas de Sophistes comme il y a des Eléates ; ce mot ne devrait désigner, à peu près, que la profession par eux exercée. C'étaient des professeurs d'un savoir en général fort vaste bien qu'assez superficiel, qui enseignaient aux jeunes gens philosophie et rhétorique, archéologie et économique, politique et stratégie avec une égale virtuosité ; ils étaient aussi conférenciers, conseillers des cités et des chefs des cités, par-
fois fort honnêtes, et même estimés jusque dans cette Sparte où les beaux diseurs n'obtenaient pas d'ordinaire grand crédit. Nulle part, à la vérité, on ne jugeait très honorable qu'ils fissent payer leurs leçons, mais on sentait qu'ils étaient nécessaires, et pour compléter l'éducation, fort sommaire, que l'état dispensait alors, et pour accroître la culture générale, dont les seuls promoteurs possibles étaient ces hommes à l'horizon souvent plus étendu que les philosophes et qui parlaient à de plus grands auditoires. Leur liberté d'esprit plaisait jusqu'en ses excès à des générations affinées, passionnées de beau langage, frondeuses à l'égard des traditions, curieuses de points de vue neufs et d'inventions ingénieuses en tout genre, mais spécialement de toute théorie ayant pour objet l'homme et ce qui le concerne. En somme, quand ils apparurent, vers le milieu du v® siècle, les Sophistes trouvèrent une société faite pour eux et où leur place était marquée.
Ils sortaient en général, surtout au début, des écoles de philosophie ; c'est pourquoi la Sophistique honorable, qui ne dura guère plus d'un demi-siècle, fut celle du commencement. Mais il y eut des Sophistes jusqu'à la fin des temps antiques; des hommes de conditions fort diverses et de presque toutes tendances se rattachèrent à eux. Si nous les considérons à travers les œuvres de Platon et d'Aristote, ils apparaissent tels que se les représente aujoura'hui le vulgaire, comme des sceptiques et des disputeurs fallacieux, vains jusque dans leur ajustement et malhonnêtes par principes, prouvant
avec une égale ardeur, une même chaleur communicative, le pour et le contre. C'est à peu près cela qu'ils devinrent en effet, mais non pas d une manière si générale que le nom de Sophiste ne pût, longtemps encore après Sokrate comme avant lui, être appliqué à des sages, à des philosophes authentiques, à des hommes habiles en des domaines divers et aussi dignes d'estime
Eour leur moralité que pour leur savoir. Ils ont, élas ! poussé à l'abus de la subtilité dialectique autant qu'ils en ont favorisé le légitime usace, et démoralisé leurs concitoyens autant qu'ils les ont portés à réfléchir sur les choses morales ; ils ont contribué à la diffusion du scepticisme, du scepticisme religieux en particulier autant que préludé à la création de la logique, de la critique de la connaissance et de l'exégèse de bon aloi ; ils ont travaillé à l'énervement de la langue grecque autant qu'ils ont été bons grammairiens et utiles philologues ; ils ont peut-être plus encouragé les esprits à se contenter de traiter avec brio de toutes choses qu'ils n'ont développé dans l'âme grecque le goût d'une culture universelle; mais, pareils aux penseurs de notre xvni® siècle et de l'-Aw/klàrung allemande,ils ont été ceux sans lesquels bien des progrès ne se seraient pas produits. Le meilleur de leurs idées leur vmt primitivement de leurs amis ou de leurs maîtres philosophes, ou encore de ces penseurs, si nombreux au v^ siècle, que l'histoire n'a point sacrés philosophes parce ou'ils n'ont pas élaboré de systèmes, mais dont la sagacité s'exerça sur tant de points de morale, de politique, d'histoire,
de médecine ou d'autres sciences soit théoriques, soit pratiques. Ils se sont eux-mêmes souvent adonnés à des recherches scientifiques. S'ils se gâtèrent au point que Ton sait, il est juste d'en accuser en partie leurs clients, qui leur demandaient de les débarrasser de scrupules gênants, de les munir de recettes pour réussir en toute occasion à la tribune et ailleurs. On voulait qu'ils fussent des professeurs de succès, et ils se prêtèrent à documenter les arrivistes. N'étaient-ils pas, dès le temps des siciliens Korax et Tisias, des maîtres d'éloquence ? Rapide fut leur déchéance, dont le cours se dissimula assez longtemps sous une vogue croissante, avant que leur nom devint une injure. Quel écart entre Protagoras, entre Gorgias et Hippias eux-mêmes et surtout Prodikos d'une part, et de l'autre Polos, Thrasymaque, Euthydème, Kalliklés, Dionysodoros, etc. ?
On a dit justement que la Sophistique fut le triomphe de la subjectivité, de l'individualisme intellectuel et moral ; mais les premiers moments de la dissolution furent féconds pour la rénovation qui s'imposait. Cette rénovation, c'est vraiment Sokrate qui l'accomplit, et les Sophistes, qu'il méprisait pêle-mêle avec de vrais philosophes, appartiennent encore notablement au passé. Sokrate, l'un des Sophistes quoique leur ennemi, c'est l'avenir ; et tous les dogmatiques antérieurs, malgré les germes féconds qu'ils ont semés mais qui vont dormir un temps plus ou moins long, sont bien le passé. Sans doute, les Sophistes ont puissamment aidé à modifier l'orientation de la philosophie, mais
que de survivances dans leurs plus incontestables nouveautés ! Les ruines qu'ils firent, ruines parfois heureuses, sont plus considérables que leurs inventions, parfois très puériles et regrettables. Il importe de ne pas oublier que les plus célèbres d'entre eux furent contemporains des derniers philosophes de la première époque et ceux de Sokrate, et qu'ils fleurirent au temps où la civilisation d'Athènes — le Prytanée de Sagesse, comme dit Hippias — atteignit son apogée.
I. Protagoras. — La mémoire de l'abdéritain Protagoras, qui naquit en 481 et périt dans un naufrage en fuyant, l'an 441, la ville qui le condamnait pour cause d'impiété, ne connaîtra jamais, en aépit de toutes les réhabilitations, une gloire pareille à celle qui entourait à Athènes l'éloquent et magnifique ami des Périklès et des Euripide. Du législateur de Thurii, de l'inventeur du coussin si bien accueilli par les portefaix d'Athènes, de l'auteur de tant d'ouvrages sur la grammaire, la correction du langage, la technique des métiers, l'organisation des états, la conduite des hommes et Ta justice pénale, sur la vertu, l'être, la vérité, etc., il ne nous reste
{u'esque rien. Mais si l'on ne peut par là même e défendre contre toutes les légendes qui le déprécient, il est assez manifeste, cependant, qu'il fut calomnié ; ce qui n'autorise point, au reste, à forger un Protagorisme irréprochable,
Erofond et cohérent, comme l'ont tenté plusieurs istoriens récents.
Suivant Platon, l'homme individuel était, pour Protagoras, la mesure de toutes choses ; cette opinion, qui s'entend fort bien en un sens non sceptioue, semble pouvoir s'interpréter ainsi, étant aonné l'agnosticisme métapnysique du sophiste : nous ne percevons rien d'autre que l'effet composé d'une insaisissable réalité et de notre nature telle qu'elle est affectée, au moment où nous percevons, par l'âge, l'état de la santé et toutes les circonstances infiniment variables où nous nous trouvons. Voilà qui est clair, et il n'y a point là de scepticisme, puisque toute perception est vraie pour qui admet la fameuse proposition de Protagoras.
Il ne faut pas, sous prétexte que le sensualisme de son contemporam Démokrite insiste plutôt sur la nature de l'homme envisagé comme espèce, ou bien sous prétexte qu'il n'y a rien de pareil à l'interprétation de Platon dans tel livre anonyme qui semble d'inspiration protagoricienne, rompre avec le commentaire traditionnel, récemment perfectionné, de la phrase en question ; elle s'explique sans difficultés dans le sens ici indiqué, et un démocritéen pouvait l'approuver en partie tout aussi bien qu'un disciple de cet Héraklite dont Protagoras était lui-même l'élève. Seul un Eléate s'en pouvait scandaliser, bien qu'en somme pour lui comme pour notre sophiste il n'y eût que le réel de perceptible vraiment. Certes, si la réalité en soi est elle-même changeante, nos perceptions n'ont plus d'attache avec quoi que ce soit de fixe ; mais alors, ce n'est pas vers le sensualisme courant que tendrait l'opinion de Protagoras, ce serait plutôt
vers le Scepticisme; car, du phénoménisme pur, il ne saurait exister à cette époque la moindre trace. Mais Protagoras n'approfondit pas les conséquences de son relativisme; prenons-le donc comme il nous le donne ; il suffit à la gloire de son auteur. On exagérerait son mérite si on . lui attribuait l'idée nette d'une certaine « vérité humaine » dont il est parlé chez les Positivistes modernes, ou chez les Kantiens ; et il est curieux de voir ceux qui le veulent confondre avec les sensualistes ordinaires, le tirer en même temps vers Kant plus que ne font les historiens que nous approuvons. On doit avouer pourtant que Protagoras paraît en fait oublier bien souvent ce que son sensualisme a de spécial, de strictetement individualiste ; mais quoi ! n'est-il pas aussi, très souvent, tout pareil à un rationaliste, à un dogmatique ? Pourquoi vouloir qu'il ait été tout d'une pièce ? Ce n'est pas qu'il ait, lui, fait profession de prouver le pour et le contre sur un même sujet ; il ne s'est pas amusé à faire miroiter des sophismes ; mais il eut assez de sagacité pour apercevoir la complexité des problèmes qui se posent à l'homme, et la force des arguments qui peuvent être dressés pour et contre une même thèse; le lui reprocheronsnous ? Rien ne prouve g[u'il soit allé plus loin ; rien ne prouve, en particulier, qu'il ait pratiqué la rhétorique autrement que comme un art de fortifier le parti le plus faible quand il mérite d'être le plus fort.
Il eut, semble-t-il, à un haut degré, le goût de la mesure ; s'il déclare qu'on ne peut arriver à bien traiter des dieux, c est prudence de sa part
et non point athéisme; s'il est agnostique en métaphysique, c'est qu'il ne rencontre rien d'absolu parmi tout ce qu'il perçoit ; il ne pense rien sur les choses qu'il ne voit pas, pour la même raison qu'il ne nie rien de ce qu'il voit ou même de ce que voient les autres sans qu'il le voie luimême. C'est là sa façon d'être sage. Il est téméraire de le représenter, une réflexion de Goethe aidant, comme une sorte de pragmatiste affirmant ce qu'il est utile d'affirmer et cela seul . N'enseigna-t-il pas la sagesse domestique et civique, la modération et la justice ? Et déclarer que tout plaisir n'est pas un bien, est-ce d'un pur sensualiste ? Faire dépendre le bien de l'opinion est parler, il est vrai, de façon équivoque ; mais il n'y a point d'équivoque à préconiser, comme il fit, le bien qui dure. Là et ailleurs, Protagoras est aussi éloigné que possible du subjectivisme radical. On oublie trop, à son sujet, qu'il existe un dogmatisme très conciliable avec un subjectivisme très avancé déjà, et qu'un philosophe peut être encore beaucoup plus négateur en métaphysique que ne le fut notre philosophe, sans être pour cela sceptique en d'autres domaines. Et l'on peut tenir, comme lui, le langage pour un ensemble de conventions, sans être sceptique ou nihiliste en morale ou même en science. On peut, surtout, être incohérent quand on n'est pas plus un philosophe de race que ce Sophiste. Au reste, quel philosophe est sans contradictions ?
IL Gorgias. — Combien moins sympathique est l'encombrante personnalité du sicilien Gor-
§ias, que Léontini, sa patrie, envoya en 427 emander du secours à Athènes contre Syracuse I Immense fut sa gloire, dont il jouit longtemps, car il devait être centenaire quand il mourut à Larissa, en Thessalie, vers 375, retiré des affaires après fortune faite. Ce contemporain de Protagoras, d'une vigueur d'athlète, prosateur savant et artificiel, qui se mêla de tout, même d'optique, fut essentiellement un professeur d'éloquence amoral. Toute la Grèce courut à ses discours, à ses éloges, à ses oraisons funèbres, et il éblouissait les jeunes gens qui lui demandaient des leçons de sagesse, en ajoutant à un vague Empédoclisme des paradoxes imités plus encore qu'inspirés des Eléates. On doit louer ses efforts pour promouvoir l'union des Hellènes, et l'on ne peut contester qu'il émit des idées ingénieuses sur un certain nombre de sujets ; mais sur quoi se fonder pour réhabiliter l'homme qui fit de la justice et de la rhétorique, comme dit Platon, des empirismes comparables au métier du flatteur et à celui du cuismier, et pour qui la fin de l'éloquence était uniquement le succès de l'orateur? Comment voir un défenseur de la science prudemment attentive à suivre l'expérience et à ne la point dépasser, dans le Sophiste au nom duauel est attachée l'invention de trois arguments aes plus faibles? — Rien n'existe, disait-il, car dire que le non-être n'est pas, c'est le poser réel par là même qu'on en dit quelque chose ; voilà donc le non-être assimilé à l'être, et l'être qui s'abîme, en même temps, dans le non-être ! De plus, si l'être était, il ne pourrait naître de l'être ni du
néant ; il ne pourrait non plus être éternel, car il faudrait qu'il fût infini, et Tinfini ne saurait être ni en soi ni en autre chose. — Il ajoutait que si l'être était, il serait inconnaissable, car si l'être était connu, il le serait par une pensée dont l'objet serait tout entier réel, de sorte que tout ce que l'on pense d'impossible, d'absurde, comme par exemple une course de chars sur la mer, serait réel. — Il allait plus loin encore. Si l'être était connaissable, disait-il, la science n'en pourrait être communiquée, car qu'y a-t-il de commun entre les mots, qui ne sont que des sons, et les choses qu'ils désignent? Et comment une même chose serait-elle pensée par deux individus différents? — Pourtant, il y a plus de vanité et de sottise que de perversité chez Gorgias, qui valait encore mieux, en somme, que ses théories. Trop de complaisance
f)our un art où il excellait et trop de goût pour a gloriole, voilà ses défauts de fond. On ne peut défendre aussi bien la plupart de ses imitateurs.
III. Ppodikos de Keos et Hippias d'Elis sont de jeunes contemporains de Protagoras et de Gorgias. Le premier mérita l'estime de Sokrate ; il conseillait l'effort et Héraklés était son héros. Il était utilitariste, sans doute, et pessimiste, mais ce fut un éloquent prédicateur de vertu ; il enseignait que la mort n'est point à craindre tant que l'on vit, et qu'elle n'est rien pour ceux qu'elle a frappés ; mais tant s'en faut qu'il n'ait fait autre chose que d'imaginer des raisonne-
ments aussi artificiels. Il laissa des travaux sur le langage, sur rorigine des mythes, qu'il expliquait par ranimisme naturel à rhomme et par sa tendance à diviniser les inventeurs.
Jamais les Sophistes n'eussent eu mauvaise réputation s'ils avaient compté beaucoup de Prodikos. — On n'en peut dire tout â fait autant d'Hippias, que le spectacle de la diversité des législations et l'observation de la nature humaine en général con^luisirent à ne voir dans les lois Que des moyens d'opprimer les hommes ; elles lui semblent une violence faite à la nature. Cependant il reconnaît une valeur absolue à certains préceptes ; aussi peut-on croire qu'il se défiait plus des codes qu'il n'était sceptique sur le fond de la morale. L ensemble de ses travaux embrassait toutes les sciences alors connues, les plus jeunes comme les plus anciennes, et il excellait en tout genre de littérature. Bref, il fut l'un des plus brillants parmi les sages du type nouveau.
Tout ce qu'il y avait de dissolvant dans la doctrine des Sophistes porta vite ses fruits. Platon ne paraît pas avoir exagéré les défauts de Polos, l'assistant de Gorgias, ni le cynisme de Kalliklès qui est le Nietzche de l'antiquité. Les Thrasimaque, les Euthydème, les Dionysodoros, les Kritias et tant d'autres mettent à la mode le scepticisme, plus que cela, la négation audacieuse ou ironique de toute vérité morale, de toute croyance religieuse. Tout ce qu'ils ramassent de science, tout ce qu'ils ont d'esprit ou d'éloquence, ils l'emploient à faire la critique de ce qui était vénéré, l'apologie de la nature.
122 LA PHILOSOPmE GRECQUE AVANT SOCRATE
de ramoralisme et du succès. L'érudition, l'ingéniosité d'un très grand nombre assure leur crédit, et on leur pardonne de n'avoir aucun préjugé parce qu'ils amusent et même instruisent. A côté d'eux travaillent des médecins, des historiens, des polygraphes. Les Sophistes collaborent avec les uns et les autres pour esquisser les premiers linéaments de savoirs tout nouveaux et dont la liste est encore, à peu près, celle des sciences que nous cultivons; les philosophes sont de moins en moins seuls à régir la cité des esprits ; ils y gardent la première place, mais ils ont de plus en plus de rivaux.
On composerait, malgré tout, un recueil assez considérable avec les pensées de valeur ajoutées par les Sophistes à celles des philosophes proprement dits. C'est Alkidamas qui proclamait 3ue nul homme ne naît esclave. Antiphon parla e l'éducation dans des termes dignes de Platon et d'Aristote. Hippias avait affirmé l'égalité des hommes. Si l'on rassemblait sous le nom de philosophie tout ce qu'il v a d'idées générales chez les Sophistes, les philosophes, les écrivains littéraires et les législateurs de la période qui finit à Sokrate, on ne trouverait peut-être pas une conception moderne qui n'ait été au moins
§ ressentie alors ; et si, en même temps, l'on se écidait à considérer l'œuvre des savants de ce temps comme beaucoup plus scientifique, souvent, qu'elle n'est philosophique, on aurait enfin, de la période antésocratique de l'évolution intellectuelle des Grecs, une idée à peu près exacte. Nous possédons aujourd'hui assez dedocuments pour savoir rectifier les erreurs les plus gros-
siéres de Thistoire traditionnelle de la philosophie ancienne ; et cependant les plus inacceptables des vieilles interprétations continuent à déshonorer nombre de manuels destinés à la jeunesse ; nous serions satisfaits si, dans les limites que nous imposaient notre sujet et le format de ce petit livre, nous avions pu contribuer à affaiblir dans le grand public quelquesuns des préjugés (jue déjà n'ont plus, nous l'espérons, les historiens qui les semblent conserver. Il ne faut pas écrire, à l'usage des autres, tout autrement qu'on ne pense pour son propre compte. N'y a-t-il de vulgarisables que les points de vue inexacts ?