‹ La philosophie moderne [microform]Chapitre 10 sur 87 · LE TON NOUVEAU DE LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

LE TON NOUVEAU DE LA PHILOSOPHIE

Une réaction très forte s'est dessinée de nos jours contre celte tendance déplorable à un divorce absolu entre la science et la philosophie. Sauf chez les fossiles, la philosophie actuelle, môme celle que la science est loin, très loin de satisfaire, commence toujours par prendre une connaissance scrupuleuse des résultats, des méthodes, des hypothèses de la science. Celle préoccupation est très sensible dans les ouvrages d^IIamelin, deBoutroux ou de Bergson, par exemple, et parmi ceux qui s'occupent plus particulièrement de philosophie morale, chez Séailles. Fouillée, Rauh, etc., pour ne parler que de la France. La première lâche de la philosophie, acceptée aujourd'hui jiar tous ceux que l'opinion désigne comme les maîtres de la pensée contemporaine, c'est de « penser la science ».

LA PIIII.OSOI-IIIE MODEnxE

Ains,, hcourtodovialion dont on vient de parler nia gré le p,'.ril momentané qn-eIlo ft, ,o„rir à k Pl.'losophic. a en ap,ê. l„„, une consé,,uence heureuse: 01 e a d,„„„-. à la philosophie nnc conscience ent.ere de la néeessil,'. de ses rapports avec la sncnee. La dir.vlion suivie jus,,u-à cette déviation d une faeon insiinrtive, puisque inconsciente, a été repnse, en connaissance de cause, comn.e la seule poss.ble. Cest la marque essentielle de la philosopha séneuse du Jour, que son elFort pour atteindre une connaissance approfondie de la science

Ma's si la philosophie s'est aujo.n-d'hui rapprochée à nouveau - et plus intin-ement qie jamais, ^e la science, elle a continué nécessairement à snhir rin,lu.,n,.e de Tàge préeéde.it. Il s est produit, comme il arrive dordinaiie, dans celle diaîectiq,ie historique des systùn.es, une

orted intégration des dciix points de vue opposés. Apres avoir he.i-té violemment la science contre action, après avoir, au nom du primat de la pra- .que, méprisé d'une fa,o„ ouve.-te ou imjdicilo i o.:oitpioprement seientinquc, les deux problèmes de la science et de r,-,eli„n ont été, en même lomps que la philosophie revenait vers la .science rappioches et réuiiis par les efforts des philosophes. '

Et ceci est quelque chose de nouveau, je crois dans 1 histoire de la jd.ilosophie. C'est par là que

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le probl'jme philosophique prend sa physionomie originale, sa caraclérislique actuelle. C'est aussi par rapport à ce point de vue que peut se définir, à mon avis, le problème fondamental autour duquel s'agite la dialectique philosophique, au temps présent.

Jusqu'ici le problème de la connaissance et celui de l'activité étaient considérés, en général, séparément. L'opinion vulgaire oi)|)osait même le plus souvent la théorie et la pratique. Les principes invoqués dans ces deux ordres, en tout cas, ou étaient absolument dilTérents, ou n'avaient entre eux que des rapi)orts éloignés et assez superficiels. 11 semble par contre qu'aujourd'hui le jiroblème de la science et le problème de l'action ne tendent plus à en faire qu'un, et à être résclus, sinon par la môme solution, du moins par la même méthode. Par action, d'ailleurs, il ne faut pas entendre, au sens étroit, le problème moraL mais l'activité pratique en général, l'activité utilitaire comme l'activité désintéressée, en un mot, toute la catégorie de r « agir ».

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