DÉFINITION PROVISOIRE DU WOT : PHILOSOPHIE
Si l'on voulait rappeler toutes les définitions qui ont été données de la philosophie, ce livre n'y suffirait pas. Mais, sous toutes ces acceptions, se cache forcément un fond commun. Il serait utile de chercher à le déi^^ager et à le préciser.
LE CENTRE DES DISCUSSIONS PHILOSOPHIQUES li
Quand on songe à une étude philosophique on songe toujours en même temps à une élude très générale. La philosophie peut donc, dans une première approximation, se définir la recherche des généralités.
Ces généralités ne se découvrent pas du premier coup. Le plus souvent elles paraissent même fort opposées aux apparences immédiates. Aussi faire œuvre de philosophe a-t-il été toujours considéré comme synonyme d'approfondir.
L'histoire paraît superficiellement une suite incohérente d'actes individuels. Qui a la prétention de la traiter en philosophe, a aussi la prétention de dépasser la connaissance que le vul gaire peut avoir des faits historiques, et de démonter pièce par pièce les ressorts cachés des actes individuels. Il creuse les apparences, pour arriver au.\ lois profondes dont elles ne sont que les symboles ou les effets particuliers. C'est en ce sens que Platon proclamait que la philosophie était la science de l'invisible, et Aristole, la recherche des premiers principes et des dernières causes.
Puisque les connaissances que poursuit la philosophie dépassent les apparences immédiates, elles ne peuvent nous être révélées d'une façon spontanée. Elles nécessitent, par définition même, un travail refléchi. Aussi la réflexion a-t-clle tou-
jours été la méthode philosophique, si bien que cette méthode, elle aussi, peut être considérée» et, en fait, a souvent été considérée, comme susceptible de définir la recherche philosophique.
Pourquoi ce travail de généralisation, d'approfondissement et de réflexion ? C'est que dans l'humanité s'est développé un instinct que Ton voit poindre déjà, mais à un degré incomparablement inférieur, dans les espèces animales les plus intelligentes : l'instinct de curiosité. L'homme ne se comporte pas en face de la nature comme un simple spectateur. 11 veut expliquer. Il ne lui suffit pas de voir ; il veut comprendre pourquoi ce qu'ii voit est tel qu'il le voit. Le but dernier du travail philosophique est donc une explication des choses.
Généraliser, approfondir, réfléchir, expliquer, voilà certes des conditions nécessaires au travail philosophique. Mais il faut avouer qu'elles sont bien vagues. Si elles répondent à la première règle classique de toute bonne définition : « convenir à tout le défini », elles ne s'accordent guère avec la seconde : « convenir au seul défini ». Toute recherche scientifique ne consisle-l-elle pas aussi à réfléchir, à généraliser, u expliquer et à approfondir ? La science et la philosophie seraient donc identiques ? Ou bien la définition à laquelle nous sommes parvenus est-elle trop large ?
Pendant longtemps — jusqu'à la fin du xviii"