‹ La philosophie moderne [microform]Chapitre 31 sur 87 · CE QUE PENSENT LES PHYS.CENS CONTE..FORA.NS · texte numérisé non relu

CE QUE PENSENT LES PHYS.CENS CONTE..FORA.NS

Poincaré a montré nettement que si les mathé-

' -.nt «i,r des décrets arbitraires de

matiques reposaient sur des atcit.

* HSîUonrs carde plntùt on physique une aUi- 1. Po.NCAnÉ, d «»"^";^; J*':^; n'adhère lor.nellemcnt a h»

tude critique et .^^P^^^'^f ' ^" .j ' e mecanistc. physique énergétique ou a la phjs.que

LA PHILOSOrniE MODEHNE

LE PROBLÈME DE LA MATIERE

l'esprit, et pouvaient être considérées tout entières comme arbitraires, il n'en saurait être de même de la physique. Celle-ci repose toujours sur l'expérience. Elle part de constatations réelles, de faits bruts, et quelle que soit la superstructure théorique ajoutée par Tesprit dans l'interprétation de ces faits bruts, quelles que soient les simplifications, les interpolations, les h\ [)othèses, il reste toujours dans une proposition physique un fonds expérimental qui s'impose nécessairement à tous les esprits. La physique, par là, est une science du réel, et si elle cherche à exprimer d'une façon « commode » ce réel, c'est quand même et toujours le réel qu'elle exprime. La « rommodilr » n'est que dans les moyens d'ex[)rcssion. Mais ce qui se cache au fond sous ces moyens d'expression que l'esprit peut varier en cherchant toujours les plus convenables, c'est la « nécessité » des lois naturelles. Cette nécessité n'est pas décrétée arbitrairement par l'esprit. Lllo le contraint au contraire, enferme en d'étroites limites ses moyens d'expression. Aux limites près des approximations d'expérience, et des petites dilTérences que les phénomènes physiques, régis par une môme loi. conservent entre eux, parce qu'ils ne sont jamais identiques, mais seulement très semblables, — la loi naturelle nous est imposée du dehors et par les choses : elle exprime un ra[)port réel entre les choses.

Duhem qui, par certains côtés, parailra.l tout prè» des pragmalistes, nous répond de suite qu .1 a voulu réformer la physique, pour construire une physique théorique à l'abri de la retouche, et plus durable que l'airain. 11 a mis à celle œuvre son ambition et toutes ses facultés, ses coquetteries do mathématicien. Certes, comme la plupart des mathématiciens dau.jour.rhui. il admet que e noint de départ et, .jus-pia un certain point, la marche, du raisonnement mathématique sont arbitraires. L'idéal de la mathématique n'osl-il pas a-olre aussi formel que possible? A cette cond- ,i,.„ seule elle sera rigoureusement logique. - Mais s'empresse-t-il .rnjoutor, il y a en physK,ue

„ne condition si„e .,ua , le recevabilité pour

ce formalisme. Il f^uil .pie les conclusions qu il autorise soient absolument conformes à 1 expo-

Duhem nous dira bien encore qu il ne faut pas

.rendre l'expérience du physicien comme un

Ilécalque du réel. Toute expérience de physique

■ onsiste en des mesures, et ces mesures font appel

;. «ne muUilude de conventions el de théories.

MnU quoi ? Ne savions-nous pas déjà que pour

,„ire compte d'un témoignage il faut parler ? le.

engage est le langage mathématique, justemcn

,.arce que sa précision évite les équivoques^ e

i... méprises. Or, pas plus qu'un témoignage n est.

Page 1