CRITIQUE DE L^ CRITIQUE ACTUELLE DE LA PHYSIQUE
Cette interprétation de la science physique ne peut pas, malgré que la très grande majon é des physiciens l'aient traitée par le mépris et le silence, être dédaignée par la critique philosophique. Si les savants ont le droit de dire : les chiens aboient, la caravane passe, la critique philosophique, nécessairement soucieuse de la portée
.ciencc, dans la conception P'^g'^î^^»^;^ seulement de leur
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le décrire, ou \'=»"''"''7T'",'°f ';;"'" n„us en rend le (1 une façon précise et claire, tout ce q»' """ ..aitre, intcllectuellemeut et industriellement.
LA l'IIlLOSOl'IIIE MODERNE
LE PROBLÈME DE L\ M.VTILRE
sociale et éducative des doctrines, est obligée de s'arrêter.
Que la mathématique puisse être considérée comme le décret arbitraire de l'esprit, cela n'a pas lies grande importance, car la mathématique n'intéresse pas le profane: elle est trop loin des choses, trop abstraite. Le vulgaire se préoccupe peu de l'étendue, quand elle est vide; il ne se soucie que de ce qui la peut remplir. Il lui oppose la matière comme le réel au néant.
Aussi un réaliste convaincu peut très bien accepter la théorie de II. Poincaré sur les notions mathématiques. Il ne s'agit là que de formes vides. On les remplira ensuite.
C'est précisément à la physique qu'on demande de les remplir.
La science physique possède même une place privilégiée [)armi les sciences du réel. Elle se trouve être leur point de départ naturel. La chimie ne cherche qu'à s'absorber dans la physique, la biologie veut être une promotion des sciences physico-chimiques. Quant aux autres sciences, aux sciences qui font à l'esprit sa part, on n'y a qu'une ambition : leur appliquer les méthodes de la physique. Celle-ci est en quelque sorte le modèle que cherchent à imiter, le type que voudraient réaliser, ton Les les sciences du réel, étant d'elles toutes de beaucoup la moins imparfaite.
Aussi lorsqu'on vient nous dire : cette science, que vous considériez comme la prise la plus sûre que notre intelligence puisse avoir sur les choses, n'est qu'un artifice de la pratique, et ne nous apporte ni certitude réelle, ni savoir, — a-t-on le devoir impérieux d'examiner sur quoi peut s appuver cette affirmation.
Si on l'accepte, nous serons à un tournant décisif de l'histoire de la pensée humaine. L'espr-t moderne aurait fait jusqu'ici fausse route. Les ^)romoteurs des idées nouvelles s'en sont bien rendu compte, car c'est en vérité pour raiguiller sur une autre roule, sur l'ancienne route, qu'ils ont voulu provoquer dans le public un bouleversement des idées considérées jusque-là comme les
plus positives.
Positives ! elles le seraient bien peu d'ailleurs, si nous écoutons toujours le même son de cloche. Ce serait en analysant exaclemenl ce que disent et pensent les savants contemporains que les novaleurs prétendraient être amenés à ce changement de front? Leur scepticisme au sujet des enseignements de la physique, leur affirmation que la physique n'est pas vraie, au sens ordinaire de ce mot, .'appuieraient sur ce que disent tous les physiciens, pourvu qu'on sache les bien entendre.
Est-ce bien d'abord à tous les physiciens que l'on s'est adressé pour construire cette philosophie
de la physique? 11 ne semble guère. La plupart des partisans de la philosophie nouvelle se sont adressés exclusivement aux savants, partisans de la physique énergétique et adversaires résolus de la physique mécanisto. Or, les partisans exclusifs de la physique énergétique sont, en somme, parmi les physiciens, une petite minorité. Le gros de l'armée des physiciens reste mécaniste ; ils transforment sans doute le mécanisme pour l'harmoniser avec les découvertes nouvelles, car ce ne sont plus des scolastiques. Mais ils cherchent toujours à représenter et à expliquer les phéiiomènes physiques à l'aide de mouvements qui peuvent être sensibles.
H ne faut pas oublier d'autre part que si l'énergétique a fourni des théories, des expositions élégantes, presque toutes les; grandes découvertes modernes sont ducs à des physiciens mécanistes et sont liées à un effort pour se représenter la constitulion nialérielle des phénomènes. H y a là un argument qui vaut d'être médité.
L'énergétique a voulu, pour donner à la physique théorique une solidité géométrique, en faire simplement l'exposé le plus concis, le plus économique des résultats expérimentaux, nais la théorie de la physique peut-elle se réduire à n'être qu'un instrument d'exposition économique ? Peut-elle bannir absolument l'hypothèse dans une science
LE pnonLÈME DE LA MATIÈRE
nu'a toujours fécondée l'hypothèse? Ne doit-elle
'; s sSter constamment vers la découverte du
;rri'aidedethéories.qui,commelestheor.cs
Técanistes, sont toujours des anticipations^ de l'expérience, des efforts pour figurer le réel .
Ne scmble-t-il pas alors que s'adresser uniqu - ,n;nt aux physiciens purs énergétistes pour la.re la
•tophie de la physique, c'est réduire d etran,. t la base sur laquelle doit s'édifiera Sophie? La nouvelle philosophie, au fond, na de mandé conlirmalion de ses idées qu'à ceux qui pou- Xt lui être favorables et ceux là ne so^^^^^^^^^^^ faible minorité. Procédé commode, ma., piocedé. Lui sont-ils d'ailleurs aussi favorables qu elle
le prétend? ^^^^^ j^^
On peut plus qu en aouicr. \
savant mis en cause par le pragmatisme ou par ce "appelé le nominalisme ont fait des reserve.
glves, Poincaré. entre autres. Adressons-nous a eux.