‹ La philosophie moderne [microform]Chapitre 43 sur 87 · I.A niILOSOPniE MODERNE · texte numérisé non relu

I.A niILOSOPniE MODERNE

étaient, sinon fondées en droit, an moins applicables en fait à la réalité matérielle. Celle-ci se prête, en quelrpic sorte, à être exprimée par les relations malhémaliqne«^. mécnnitiucs et phvsicochimiques. Le géométrisme et le mécanisme restent donc pour la matière une bonne formule d'études. Se ferait-on même prier pour dire : In meilleure formule dVtudcs? Peut-être quelq,.,, piagmatistes extrémistes ou quelques nominalistcs de second ordre, avec l'outrance des disciples, n'y souscriraient pas. Mais ceux <iui, dans la philosophie nouvelle, forcent l'admiration n'ont pas hésité à le proclamer.

Bergson et James, par exemple, admettent très bien que les relations, objet des sciences mati .matiques et physiques, constituent, en fin de 'dompte, ce que nous appelons la matière et les propriétés qui la défînisseul.

-Mais lors(iue Bergson passe au règne biob

tout change. Un ,tbimo ^o creuse entre la .1,^,1,. 10 et la vie ; il se creuse en môme temps eiiln; I,, vérité et la science. C'est ici .pie la science, asservie à sa discipline géomélri.pie ou mécani.pio , -t complètement insuffisante. La science ne peut atteindre que ce qui, comme la matière im-rU; s'est cristallin,- dans la mort en descen.l.-.nl jusqu'au bout la pente du devenir. La matière est le déchet de la création. Mais la vie remonte au

i.E PRfini.ÈjiE nr r,\ vie

contraire la pente du devenir par une évolution créatrice, dans toute la force du terme

Si le géométrisme ou le mécanisme peuvent atteindre le résidu éterncllcmonl inerte qui échappe au temps, comment pourrait-il prévoir ce qui change conslammont et se crée à cha.p.e instant par des commencements alisolus et imprévisibles" ' •minenl y aurail-,1 une science de ces commencements absolus et imprévisibles, de cette réalité ".ouvanle et souple p„is,p,e science, au sens où ^ ' " endent les savanis. c'est prévision, lois inlloxiblos. Inès, rigides.

Orles, la science des savants ne sera pas inu-

''^.■. Mie atteindra snpoHlei.llement, et pour les

besoins de la pratique, ceruu'ns aspects partiels

" 'a vie, roux par où la vie touche de j.lus près à

an,a„..re: car la vie utilise pour ses créations

<le. matériaux inertes qu'elle entraîne dans sa

^,..re ascendante. .Mai.-,. -..t, à,, „e se vérinerasu,- "■""■''"' I"«fe'matique:iln'y a, dans une telle »-.ence, que des artifices q„i réussissent ; il n'v a 1'»^ de connaissances réelles. Il n'y a pas "de • nté, au sens ordinaire du mot. Les sciences bio- '■^^'-Ties nous permettent de parler de la vie d'une ■" systématique - trop systématique, d'ail- ••'"•s, pour un devenir aussi souple -. Elles nous "-'■rcnt quelques recettes pratiques qui agissent - 'lue nous sachions au fond pourquoi. Etc'est

LA PHILOSOPHIE WOPEHNE

tout. A la mcHaphysiqucàrinluition, de nous faire connaître ce qu'est véritablement la vie.

Cette position est d'ailleurs plus nouvelle dans la forme que dans le fond et par les mots que par les choses.

Ou a toujours séparé, e.i offct, d'une façon ,,1.ou moins netle la matière organisée de la mai ■• , inorganiquect, par suite, considéré que la vie était un principe dilTéront de la matière. Même dans la philosophie grecque primitive, si l'on rapprochait étroitement la matière de la vie (hylozoïsme)ce n'était pas pour dériver les phénomènes de la vic de ceux de la matière mais bien plutôt pour expliquer, conlormémcnt à l'esprit mythologique, les phénomènes de la matière au moyen de principes vivants. Aussi, à mesure que la matière était considérée comme inerte, la vie semblait-elle s'éloigner de la matière et former un domaine distinct. Et lorsqu'à la Renaissance riuerlie de la mai.ère devint un des fondements des .sciences physico-chimiques, les explications de la vic furent-elles en général, sauf chez les penseurs les plus profonds et les plus clairs comme bescartes cherchées tout à fait en dehors des Ir.is de là matière.

C'est à cette tendance que nous devons les théories animistes, vitalistes, organicistes, fînalistes. des phénomènes biologiques.

LE PROBLE.ME DE L.V VIE

Vanhmsme, soutenu en partie autrefois par Platon ei Aristote, considère que tous les phénomènes de la vie sont dus à une force intelligente, donc à l'âme. Malgré les médecins grecs qui avaient cherché dans les données de Tobservalion la raison de la santé ou de la maladie (théorie des humeurs), malgré Descartes qai sépare absolument l'âme pensante des faits organiques et matériels, Leibnitz, et surtout Stahl, soutiennent que les opérations vitales internes, bien qu'elles n'aient rien de commun avec les opérations conscientes et intelligentes, n'en sont pas moins des effets de l'âme.

Barthez et l'école de Montpellier, tout en persistant à croire que les phénomènes de la vie ne peuvent Atre dus qu'à une cause spéciale, les rapporte à une force vitale, différente à la fois des forces matérielles et de l'âme: d'où le nom de rUalisme donné à celte théorie.

Ces e.\plications revenaient exactement, comme les explications de la physique scolastique, à doubler le phénomène à expliquer d'un nouvel inconnu. Aussi, dès le commencement du xix' siècle, Fécole de Paris avec Cabanis, Broussais, Pinel, Bichat, etc.. inaugure une méthode plus scientiiiqiie. Ils considèrcMit la vie comme une résultante et non comme un principe, et ils en cherchent les causes et les éléments. Seulement ils ne les

I \ niii.osoriirr vonEnxE

cl.ercl,onl pas avec une n.élhode rigoureusemrnt e.xpér.n>enlale, et ils rroienl les trouver, d'après une v„P de l'esprii. ,|.,„s i^, propriétés des or- Sane=, considérés o.n.ine les éléments in.lé,,,-,,dants,lM corps vivant. C|,a,,ne organe est an,,,,,, par une force parli,-nli,'.re ,,„i, on se composa,,, avec tontes les fo.ces scn.l.lal.lcs, mainlient la v.c totale o,y,.,»,„.„„. : ,, |a vie e.st rcnsen,ble des lorccs (1.1, résistent à la mort » {/liclmi\.

Soit pour expliquer la romposiliun et'la coonli- "alum de tonl.s- .-es ,„,ee8 élémenlai,-es enl.o elles et les faire conconrir à Tentrelien de ror-,msme soit pour jusliller la nécessité de surajo,',er, che. les vivants, anv lois et aux éléments ,!,■ '" •"••'"ère une âme „„ une fo.ce vitale pa.li- '"'"■"^, m. supposait ,|ue le vivant se développe 'ij^us une dùeclion déterminée, vers un but un.. />>"Vn lui est propre. Ainsi toutes ces théories étaient- elles déjà /,m,/,.v/,.,v.

Klles entendaient, suiioul Tariimisme et le vitaisme, la finalité en un sens pa,.|iculier nui es| tout à fait discrédilé aujourd'lmi. peut-être à tort car ,1 est plu> l„;,„,„c en som,ne, comme Ta remarqué lierg.son. ,,ue le sens nouveau que l„i ont donné la plupart des llnalisles modernes en croyant la mieux accom.no.lcr aux e.vigenees scieuiniques.

Cette acception ancienne de la finalité est dé.-!-

LE l'llOm.L.ME DE LA VIE

gnëe sous le nom de notion de /hialitt' externe car elle place les fins poursuivies par les cires vivante en dehors dNiix-mêmes. Tout être vivant e.-l couslitué pour vivre dans un milieu donné, et pour y vivre d'une manière délerniinée, comme s'il avait toujours en quelque sorte une mission j»nrticulière et nécessaire à y remplir.

Certes, cette linalilé externe a été ([uchiucfois interprétée d'une façon très grossière par le vul- ^^aire. Mais pour les pliilosophes et \v^ «avants, il ne s'est jamais agi de dire que les choses et les (Hres étaient faits les uns pour les autres: la pluie pour faire pousser les plantes, la lune pour éclairer la nuit, l'agneau pour être mangé parle loup, etc. K;i linalilé externe, telle qu'ils la conçoivent, consiste en une adaptation de tous les êtres à urt plan général de l'univers, à une concordance har- ;iioni(pie universelle : la création est considérée

" '" "fi organisme gi-anteF([ue, dont loules

iv- j.arlies, c'est-à-dire toutes les créatures, sont i'i.^si étroitement liées entre elles «luc les cellules

ou les atomes le sont dan« rljacune de ces crca-

' •■' -^ : ce qui explique la conformation et la ma- ■ tre d'être de chacune d'elles.

Page 1