Cf. Saint Thomas d'Aquin, t. II, p
LA LOI MORALE. | UT de ses œuvres. Elle a besoin pour cela de principes stables, qui assurent la permanence et la rectitude relative de ce qu’elle règle (principia, manere 0portet). !
De là vient que dans la nature, le changeant se ramène toujours à l’immuable. De là vient aussi que toute connaissance particulière dérive d’une certitude primordiale à l'égard de laquelle l'erreur n’est plus possible : à savoir celle des principes universels à la lumière desquels on examine tout le reste.
Or, à l'égard de la pratique, il en va de même. Pour que la rectitude y soit possible, même à l’état relatif, il faut qu’il y ait au départ une rectitude ferme, immuable, une connaissance indéfectible à la lumière de laquelle soient examinées les œuvres; qui ne soit objet d'aucune démonstration; qui tende toujours au bien ; qui résiste toujours au mal; qui ne périsse pas plus que l’inteilect agent d’où elle procède, tenant à l’âme selon qu’elle est intellectuelle, c’est-à-dire selon sa nature.
Ce pivot intellectuel de l’action est, en tant que pouvoir, l’intellect lui-même ; en tant que disposition innée au Jugement droit, saint Thomas l’appelle la syndérèse, (cuvripnsts, conservation, examen); en tant que contenu, c'est la /o2 naturelle, principalement quant à ses toutes premières déterminations ?.