Ibid., ad
‘458 LA MORALE DE SAINT THOMAS D'AQUINpatriarches sous forme d'inspiration intérieure, et ils la -communiquèrent à leur milieu par l'exemple. Le
Une telle théorie met très heureusement en relief le côté théologique ou métaphysique de la question. Par contre, elle paraîtrait à un moderne s'inspirer de vues historiques discutables. Mais peut-être ne faut-il pas : prendre en rigueur ce mot inspiration qui chez saint Thomas semble comporter parfois un certain large.
La conduite des patriarches peut trouver son explication suffisante dans le milieu où ils vivaient, dans les conditions de ce milieu et dans l'interprétation qu'en donnait leur haute conscience morale. La nécessité d’une intervention effective de Dieu sous la forme d’un fait historique intérieur ou extérieur n'apparaît donc
pas. De très éminents théologiens ne l'ont pas aperçue ‘.
9. — En résumé, la permanence de la loi naturelle tient à l’unité de la nature humaine ; sa variabilité relative tient à la variabilité — relative aussi — de cette même nature, variabilité que saint Thomas reconnaît plus largement que beaucoup de ses admirateurs.
Selon la tendance d’un milieu plus féru de #hèses que d’hypothèses, il insiste surtout sur la fixité ; mais son effort vers le juste milieu de la raison le garde ici d’exagérations presque universelles. « Les natures des « choses mobiles sont immobiles », déclare-t-il?. De son consentement, on pourrait renverser l’adage, et dire : Ces choses-là sont mobiles dont les natures sont immobiles.
Mais il reste que selon la remarque profonde d’Aristote *, la loi de nature est aux choses humaines ce que
4. Cf. J. Perrone, S. J. De Matrimonio, t. IIT, p. 34. On notera que selon la plupart des théologiens, les païens avaient ici le même droit que les Juifs, ce qui semble difficilement conciliable, historiquement, avec la thèse de l'inspiration explicite.
2. « Rationes rerum mobilium sunt immutabiles. » In V Ethic, ect. 12.