Ia II&, Q. LV, art. 1, cum Comment. Cajet
Érrer FF HAE NE
CAPTEE
À y bien réfléchir, on se rend compte que si la vertu des pouvoirs inférieurs consistait ainsi en une recti-
tude qui leur fût entièrement propre, quitte à requérir un emploi rationnel, la bête dressée serait dite vertueuse. Qui en conviendra? Et si l’on ne veut pas en convenir, comme il faudra dès lors distinguer entre la vertu de l'appétit inférieur et la vertu proprement morale, celle-ci sera rejetée entièrement dans le domaine de la raison pure ; le dressage psychologique sera soumis comme du dehors à une utilisation rationnelle ; on en reviendra par un détour à l’opinion des socratiques : la vertu sera une science‘.
Or, rien n’est plus contraire aux visées thomistes. Pour l’Aquinate, la vertu morale est une chose mixte,
ainsi que l’homme. Ainsi que l’homme, elle a son âme
et son corps. Elle réside, comme en son sujet, dans
l'appétit; mais non dans l'appétit considéré en luimême — car sous ce rapport, ou iln’en a pas besoin, ou
il n’en est pas capable — mais dans l’appétit en tant que lié à la raison par cette réciprocité de pouvoirs qui fait tout le mystère de la vie intime *.
Ce sentiment profond de l'unité humaine est autrement scientifique que le découpage rationnaliste auquel Duns Scot donne sa subtilité pour complice.
En vue de noter la nature mixte, ou, si l'on veut, le caractère intrinsèquement rationnel des vertus morales, saint Thomas explique leur genèse par ce mot expressif : adgenerantur*. On ne peut mieux faire entendre que