Ia Ilæ, Q. LVI, art. 4, âd
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170 LA MORALE DE SAINT THOMAS D'AQUIN | leur nature, en tant qu’elle est proprement morale, implique relation à la règle; que leur bonté est bonté . d’instrument conjoint, en tant que conjoint. Pour qui
a compris la théorie du composé humain et son application au libre arbitre, cette doctrine doit sembler suffisamment claire‘.
2. — Il est bien entendu qu’en parlant des « pouvoirs inférieurs » comme sujets de vertus morales, on entend les pouvoirs appétitifs; car les pouvoirs appréhensifs, les sens, n’ont pas besoin, pour remplir leur devoir, de dispositions surajoutées à la puissance même. L’œil bien constitué voit, sans exiger qu’on l’y dispose. En tout cas, si l'habitude intervient ici, on ne peut correctement la nommer vertu, au sens moral du terme. La vertu a pour rôle d’assurer le gouvernement de la raison : elle doit donc se trouver dans les pouvoirs que
la raison gouverne, là où s’accomplit son œuvre régu-
latrice ; elle n’a que faire dans des pouvoirs dont le jeu est antérieur à l'élaboration de l’idée, à titre de préparation et de prémotion objective ?.
Saint Thomas rappelle toujours que la course au bien est centrifuge ; que la course au vrai est centripète. Le vrai entre en nous par les sens, et, le vrai de l’action une fois conçu, nous y tendons par le moyen de l'appétit rationnel premièrement ; par le moyen de l'appétit inférieur conjointement : d’où la nécessité de préparer ce double appétit à l’obéissance, dans la mesure où cette obéissance ne lui est pas naturelle. Mais à cela, une
préparation des sens n’a rien à faire.