‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 122 sur 440 · Ia Ile, Q. LV, art · texte numérisé non relu

Ia Ile, Q. LV, art

ici, n'intervient que. pour cette raison que le OU intervient, que la passion intervient, et dans la même mesure

Cette restriction ne court plus quand il s’agit de l’intellect appliqué à l’action pratique.

L’intellect pratique est le sujet de la prudence. « En effet, la prudence consistant en une droite notion de l’agir (recta ratio agibilium), il est requis à la prudence que l’homme soit en disposition convenable à l'égard des principes de cette notion droite, qui sont les fins. Or, à l'égard de ces fins, l’homme se dispose par la rectitude du vouloir, comme il est disposé aux principes de la spéculation par la lumière naturelle de l'intellect agent. C'est pourquoi, de mème que le sujet de la science, qui est rectitude spéculative, est l’intellect spéculatif dans sa relation à l’intellect agent, ainsi le sujet de la prudence est l’intellect pratique dans sa relation à une volonté droite. »*

Le cas est donc le même, à ce point de vue, de l’intellect et des pouvoirs appétitifs inférieurs. La vertu n’y a son siège que secondairement et par dérivation, en dépendance de lappétit rationnel, qui use, sagement ou non, de tout le reste.

La différence, c’est que l'appétit inférieur est par luimême étranger à la règle morale; l’intellect, au con- traire, la fournit. Bien plus, il contribue à intégrer l’acte de choix, dans lequel cette règle s'applique ou se fausse, et par là, il entre lui aussi dans l’ordre moral.

Si nous avons pu dire : Ce n’est pas notre âme toute seule, qui veut; mais aussi, à leur façon, nos pouvoirs sensibles: à plus forte raison pouvons-nous dire: Ce

4. Ce rôle de la volonté dans la croyance a été exposé ailleurs. Cf. Saint Thomas d'Aquin, p. 237 et sq. Saint Thomas d'Aquin théologien cite le plus souvent comme exemple la foi religieuse ; mais cet exemple n'est pas exclusif.

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