Ibid
182 LA doute DE SAINT THOMAS D'AQUIN .
l'égard de l’âme pensante et voulante le rôle d’ Los bien que ces objets intérieurs contribuent à intégrer les pouvoirs de l'âme à l'égard du reste: Objets conjoints ; objets faisant partie du sujet hylémorphe : c’est l’appellation qui leur conviendrait.
Il n’en demeure pas moins vrai que les pouvoirs proprement pensants et voulants sont, de soi, hors de la matière.
Or, serait-il raisonnable de n’accorder de dispositions à nos pouvoirs que selon leurs objets intérieurs, fussent-ils conjoints, fussent-ils sujet à leur manière ? Ce qui est sujet sans être objet a plus de raisons d'être disposé à son acte que ce qui est à la fois sujet et objet. Donc, tout en accordant que les habitudes spirituelles sont partiellement de l’ordre sensible, on doit dire qu’elles sont principalement chose de l’âme. Il appartient à l'intelligence, qui est, en puissance, tout, d’être déterminée à quelque chose; il appartient au vouloir, susceptible, lui aussi, d’orientations diverses, d’être incliné habituellement vers le meilleur *.
7. — Observons toutefois que ces façons de parler : dispositions de l'intelligence, dispositions du vouloir, doivent être comprises, chez saint Thomas, en harmonie avec sa philosophie générale. Les pouvoirs de J’âme ne sont pas des entités séparées, mais des accidents ou attributs réels. Il ne convient donc pas de leur prêter des qualités qui leur appartiendraient en propre(perse). [n’y a pas d'accident de l’accident (accidents non est accidens). Mais comme entre les accidents il y a un certain ordre; comme tel d’entre eux appartient à la substance en tant qu'elle est déjà affectée d’un autre — ainsi la couleur appartient au corps en tant qu’il a une surface — pour cette raison, on s'exprime comme si l’accident qui conditionne l’inhérence de l’autre accident était le sujet