Art. cit. init
4e 198 LA MORALE DE SAINT | THOMAS D'AQUN PRE Fe | à l’heureuse vie de l'âme, et l’un comme l'autre. peut Ne être considéré absolument ou en tant que difficile à conquérir, distiction qui n’avait pas lieu de s’introduire à propos des délectations sensibles, qui sont d'ordre inférieur et nous sont communes avec la bête.
S'il s’agit donc de la richesse et qu’on la prenne en soi, en tant qu'objet de désir, de délectation ou de complaisance, son emploi est réglé par la libéralité, ou, si on la considère comme difficile à acquérir, selon qu’elle est objet d'espoir, par la vertu de magnificence.
Le bien de l’honneur, envisagé en soi, prêtera à cette noble ambition qu’'Aristote appelle sthoriuix; envisagé comme ardu, il prête à magnanimité.
Enfin, ceux des biens envisagés qui se rapportent à autrui peuvent concerner soit les rapports utiles, qui forment la trame sérieuse de la vie et prêtent à une finalité rationnelle, soit des relations sans utilité par
elles-mêmes, mais qui procurent plaisir, détente, à la
; façon des amusements en quoi consiste pour une part la vie sociale. Dans le premier cas, la disposition vertueuse qui nous rend agréables aux autres en paroles, en actes, s’appellera l’affabilité. Aristote disait : une amitié sans le cœur (äveu rétous) * ; celle qui crée la confiance des rapports par la droiture de notre attitude réciproque peut s'appeler vérité.
On remarquera que la raison et ses fins sont ici intéressées plus directement que lorsqu'il s’agit seulement de se rendre agréable, de même qu’elles le sont davantage dans les choses sérieuses que dans les badinages de la vie. C’est pourquoi la vérité est vertu à part, et c'est pourquoi les rapports de société sans finalité spéciale donnent lieu à une vertu qu’on pourrait appeler
| urbanité (eutrapelia, sdroamehia).
Il ÿ aurait donc, d’après le comput aristotélicien,