‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 141 sur 440 · V. — LES VERTUS CARDINALES · texte numérisé non relu

V. — LES VERTUS CARDINALES

4. Raison d’être de cette classification. — 2. Deux conceptions des vertus cardinales. ;

4. — Entre toutes ces vertus, la tradition opère un triage qui en fait émerger trois : la fempérance, la justice, la force, lesquelles, jointes à la prudence, vertu morale aussi en raison de sa matière, forment le groupe des vertus dites cardinales : métaphore verbale issue du mot cardo, gond, comme pour dire : Sur ces vertus, comme la porte sur ses gonds, roule toute la vie morale.

On peut remarquer que ce choix n’est pas arbitraire. Il répond aux notions les plus générales qu’éveille l’idée de vertu, attendu que la vertu étant un bien de la raison, on peut considérer ce bien ou dans la raison même — et c’est la prudence; ou dans ce qu’elle règle — et alors, s’il s’agit de l’extérieur, il y a lieu à justice ; s’il s’agit de l’intérieur de l'âme, on requerra la cempérance, pour réfréner ce qui excède la raison ; la /orce pour promouvoir ce qu’elle suggère. À la rigueur, cela peut suffire.

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