Ila II, Q. CXIX, art. 1, cum resp. ad
2. — On a remarqué que la prodigalité lourne souvent à l'abus des voluptés, ou en tout cas voisine avec elles. De ce qu'on ne compte pas quand il s’agit des. autres choses, ilarrive qu’on ne compte pas au sujet des plaisirs, qui attirent plas que tout le reste l’homme charnel. De ce qu'on n’a pas les plaisirs du bien, il arrive qu’on en cherche d’autres et qu’on s’y enfonce‘.
3. — Du reste, considérées en soi, la prodigalité et Pavarice ne sont pas d’une gravité égale. La libéralité, qui tient le juste milieu entre elles, incline au don; la prodigalité en est-donc moins éloignée que l’avarice. Ensuite, le prodigue est utile à beaucoup de gens; l’'avare n’est utile ni à autrui ni à lui-même. Enfin, la prodigalité est plus guérissable. Se trouvant moins éloignée de la vertu, elle y revient avec moins de peine. L'âge l’y aide, puisqu'on a dit qu’il pousse plutôt dans le sens de l’avarice. La ruine, qui est son résultat naturel, peut aussi l’incliner au repentir*.