X. — LE DÉCALOGUE, LOI DE JUSTICE
La justice telle qu'on vient de l’étudier, en ellemême comme vertu particulière, puis dans ses annexes, est chose tellement fondamentale pour la vie humaine
qu’elle fait l’objet non seulement principal, mais unique,
du Décalogque.
Voulant régir la vie, le Décalogue s’en tient à ce qui est premier, manifeste, capable d’obteniraussitôt l’assentiment de la raison. Toute loi étant une expression de ce qui est dû, cette loi sera la moins discutable qui aura
pour objet le droit au sens strict, à savoir la justice. Ce .
qu’on se doit à soi-même, indépendamment d’autrui, n’est pas aussi évident. Beaucoup se figurent que le droït d'autrui étant sauf, leur cas les regarde. C’est pour cela qu'aujourd'hui certains font commencer la morale à l’altruisme, biffant d’un trait la morale individuelle. Dans tous les cas, la justice a le primat, à condition de
4. In Ill Sent., Dist. XXX VII, Q. I, art. 4; Cf. Ile IIæ, Q. CLIV, art. 2,
2. Cf. A.-D. Sertillanges : Féminisme et Christianisme. Le Féminisme et le divorce. Paris, Lecoffre.