‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 256 sur 440 · Ibid., art. 3, ad Au, 9n et 3n · texte numérisé non relu

Ibid., art. 3, ad Au, 9n et 3n

du mal ! Puisqu’ il s’ agit ‘de charité, : il faut viser au bien du délinquant, et mesurer selon cette vue l'inter-

vention qu'on se propose. Si l’on n’y parvient pas entièrement, l'intervention peut rester vertueuse, quoique “ ;

imparfaite ; mais si le bien de la charité est détruit,

détruite aussi est la vertu. Mieux valait ni Fe

mal.

On peut omettre charitablement même une intervention charitable. C’est ce qui a lieu si l’on peut craindre

que le délinquant, repris, n’en devienne pire ; ou si,

en favorisant l’un, on s’expose à nuire à l’autre; ou encore si l'on ne fait que différer un avertissement utile, attendant une meilleure opportunité. Si au contraire c’est la peur ou l'intérêt qui fait négliger une

correction jugée efficace, on manque à l'amour dû au

prochain, et cela gravement, si le cas est grave ?

Page 1