‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 270 sur 440 · In Epist. ad Rom., cap. n, lect. 3; cap. xiv, lect · texte numérisé non relu

In Epist. ad Rom., cap. n, lect. 3; cap. xiv, lect

5. In V Ethic, lect. 11; Opusc. XX, cap. n; In Epist. ad Rom., cap. xin, lect. 1.

c ose excellente‘.

Celui qui tire à soi les bienfaits du gouvernement, - légiférant pour son profit, pour son plaisir, pour son. caprice, celui-là n’est pas un chef, c’est un tyran. l.

agit comme si toutes choses appartenaient aux princes ; 1

or si elles leur appartiennent en effet, c'est comme on dit : [l m’appartient de bien disposer de ceci; ce n’est

pas pour en user, eux et leurs amis, selon leur arbi-

traire *.

La part qui leur revient dans le bénéfice commun, ce

sera surtout l’honneur, la recherche du lucre étant indigne d’un prince, auquel va au contraire, tout natu-

rellement, ce qu’il y a de meilleur parmi fes hommes.

Mais ni l'honneur ni quoi que ce soit ne doit être voulu aux dépens du bien commun, auquel le prince doit au

besoin sacrifier sa vie même. Si le reste lui manque, il

aura pour soi l'honneur qui vient de Dieu et la vie éternelle*, dont les biens lui sont promis, toutes choses

égales d’ailleurs, plus qu’à un quelconque de ses sujets *.

Au fond, ce n’est pas un homme qui peut prétendre à gouverner une collectivité, c’est la loi, c’est-à-dire la raison. Cette seule remarque suffit pour caractériser lé rôle du prince”.

4. — En conséquence de cette attitude, le prince devra établir une administration sage et en distribuer harmonieusement les rôles. Il devra légiférer de manière à procurer autant que possible la bonne vie de ses sujets. Il devra enfin les défendre contre les ennemis du

Page 1