I. — LA CRAINTE
1. Comment la crainte appartient à l’ordre moral. — 2. La crainte peccamineuse. — 3. Quelle crainte est opposée à la force.
En conséquence, on fera de la crainte désordonnée un vice. On en fera un autre du manque de crainte (intimiditas) là où la raison l’approuverait. On en fera un troisième de l’audace excessive, qui déborde sur le courage vertueux.
4. — La crainte est d’abord une passion; elle se caractérise par la fuite du nuisible, et à ce degré de généralité, elle n’est ni bonne ni mauvaise morale-
A. Ia Ile, Loc. cit, art. 10, cum resp. ad arg. 2. S. Aug. Lib., LXXXIIL, Quwæst. Q. XXXVI, ante med.
parmi les choses
: de ci eut ses D ne Mais 1 raison e ‘intervenant dicte à l’homme ce qu ‘il doit aimer ou craindre. Elle lui apprend que parmi les choses à fuir,
il en est de plus redoutables les unes que les autres; à poursuivre, de plus souhaitables.
D'où il suit que certaines choses sont à poursuivre plus que d’autres ne sont à fuir, la fuite ne se justifiant que par l'opposition de son objet à un bien de valeur plus
grande.
2. — Quand donc on fuit ce que la raison veut voir supporter, pour ne pas se désister d’un bien qu’elle préfère, cette crainte-là est désordonnée, et elle est une
faute.
Il n’en est pas de même si l’on fuit ce qu’il est raisonnable de fuir. Un serviteur qui craint son maître, redoutant de manquer à ce qu’il lui doit; un enfant qui craint son père par respect de son autorité; un homme qui redoute une inondation imminente ou un sisme menaçant sont simplement dans l’ordre’.
Ces derniers accidents ont beau être rayés par les stoïciens de la liste des maux, de même que les biens « qui ne dépendent pas de nous » sont rayés de la liste
des biens, ils n’en demeurent pas moins ce qu'ils sont.
Toute la question est de ne pas les ériger en absolu et de les soumettre à une appréciation rationnelle ?
3. — Il ne suit pas de là que toute crainte désordonnée soit opposée à la vertu de force. :
La crainte procède en effet de l’amour : on ne redoute que l’opposé de ce qu’on aime.
Or l’amour bien réglé n'appartient pas à une vertu particulière ; il seretrouve dans toutes, puisque Augustin a pu définir la vertu en général Ordo amoris. Pas