E. — LA PUSILLANIMITÉ
1. La pusillanimité et la grandeur d’âme. — 2. Malice de la pusillanimité. — 3. La pusillanimité et l’orgueil.
4. — La pusillanimité est directement contraire à la grandeur d'âme, vu qu’elle se retire des grandes choses que le magnanime recherche. Elle peut tenir à l'ignorance où le sujet est de sa propre valeur; à la paresse d’en juger ou d’en tirer les conséquences, à la crainte de déchoir là où il est armé pour vaincre.
2. — Une telle disposition est peccamineuse, quand elle est volontaire, parce que s’il est dans l’ordre de la nature, disait-on, de ne pas excéder son pouvoir, il l'est aussi de l’employer sclôn sa juste mesure. Tous les êtres, animés ou inanimés, en donnent l’exemple.
De mème donc que la présomption a été jugée un vice opposé à la grandeur d’âme par excès : ainsi la pusillanimité lui est opposée par défaut; et elle est donc, elle aussi, un vice.
L'Évangile l’a visée en parlant du serviteur qui enterre l'argent de son maître, au lieu de le faire pro-
duire, et il la juge en concluant que le maître punira cette crainte servile *. 6